ALERTE à Norrent-Fontes

Un appel à soutien est lancé, devant la menace imminente d’expulsion du campement de Norrent – Fontes.

Un arrêté municipal a été affiché samedi matin par le maire et des gendarmes et
un recours a été déposé au Tribunal Administratif de Lille le jour même, mais les 79 personnes qui vivent là risquent d’être chassées dès lundi matin, sans qu’aucune solution adaptée leur soit proposée. Le bidonville est sous menace imminente de destruction.

Besoin de mobilisation :
Venez au campement soutenir les exilé-e-s !

Vous pouvez aussi eppeler et demander des comptes par téléphone, par fax ou par mail

Mairie de Norrent-Fontes (9h-12h / 14h-17h)
Téléphone: 03.21.02.04.23
Fax: 03.21.02.02.54
Mail: contact@norrent-fontes.fr
Bertrand Cocq, maire: 06.46.91.92.16.

Préfecture du Pas de Calais, Arras (9h-16h30)
préfet: Fabien Sudry
Téléphone: 03.21.21.20.00.
Fax: 03.21.55.30.30.

Sous Préfecture de Béthune (9h-12h / 13h30-16h)
Téléphone: 03 21 61 50 50
fax: 03 21 61 79 79
secrétariat du sous-préfet (Nicolas Honoré): 03.21.61.79.60.

Pour rappel:
Il y a des exilé-e-s de passage autour de l’aire de repos depuis la fin des années 90 (ils et elles tentent de monter dans les camions qui vont en Grande-Bretagne)
Le campement de Norrent-Fontes existe à cet endroit précis depuis 2008 d’après les autorités et fait l’objet d’un suivi de la prefecture et des services de polices.

Après une destruction préfectorale irrégulière en 2012, le campement a été reconstruit avec l’aide de Médecins du Monde, de feu la région Nord pas de Calais et bien sûr des femmes et des hommes habitant le campement ou les environs.

Le bidonville est très précaire mais il est relativement paisible. Depuis 1 an l’aire de repos est surveillée nuit et jour, si les passages par cet endroit sont moins nombreux, c’est l’un des rares lieux de vie où les exilés ne se font pas gazer, frapper, humilier.
(Calais, Paris, Bruxelles,…)

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Vers une accélération du « tri » des personnes

Le soleil est revenu. Il sèche les affaires détrempées, celles qui n’ont pas été jetées dans la benne municipale mercredi 31 Aout, lors de l’opération policière sous le pont Mollien.
Le soir même, certains exilés étaient déjà revenus du lieu où ils avaient été emmenés, une destination inconnue d’eux même à 2h de Calais. Ils rapportent : « pas dans une ville, mais un lieu au milieu de nulle part ».

Il s’agit en fait d’un CAES : un Centre d’Accueil et d’Etude des Situations administratives, en périphérie de Bailleul ou de Belval. Ce nouveau dispositif d’état constitue une 1ère étape dans le « tri » des exilés avec examen accéléré de leur situation administrative. Un séjour à la durée limitée avant un transfert vers un CAO 
ou un PRAHDA.  L’état n’est pas clair sur les motifs qui conditionne le placement dans l’un ou l’autre de ces centres.
Des mobilisations existaient déjà autour des CAO (voir ici).
De nombreuses inquiétudes se forment autour des PRAHDA, ces centres semi-ouverts destinés aux Dublinés qui pourraient y être assignés à résidence avec l’obligation de pointages, facilitant ainsi leur renvois vers d’autres pays Européens ou vers le pays d’origine.
Voir l’article de Passeurs d’hospitalités : des CAO au PRAHDA
Voir l’article de La Cimade DUBLIN : vers un durcissement.

Dans la continuité du président Macron, le Préfet du Pas de Calais a annoncé vendredi 25 Août qu’il n’y aurait plus d’exilés à la rue cet hiver. En Septembre, l’état semble prêt à nous offrir quelques surprises.

On peut donc s’attendre à une accélération des rafles et des procédures de « tri ».

Aux exilés raflés, on avait pourtant donné le choix entre le CAES et le centre de rétention. Avant hier soir, ils étaient au moins une petite dizaine à avoir quitté le dispositif, pour revenir dormir dans les rues sans même un sac de couchage, confisqué par la police.
Ça n’est donc pas la perspective de déposer une demande d’asile en France qui motive nos voyageurs, mais certainement le fait de pouvoir prendre une douche à #Calais. #Douchespourtous #appeldair

souslepont

#humanitéfermeté

(Via la cabane juridique, publié ce matin)

Ce matin dès 8h00 a eu lieu une opération « humanitaire/policière » #humanitéfermeté au quai de la gendarmerie à Calais. Neuf fourgons de C.R.S., des officiers de la PAF et des agents de l’Office Français d’Immigration et Intégration, étaient présents pour opérer l’expulsion de la quarantaine d’exilés dormant sous le pont. Ces derniers ont pu choisir entre un hébergement temporaire loin de Calais (22 personnes) ou une interpellation (au moins 9 personnes dont des mineurs isolés).
Alors qu’elle observait l’opération sur le quai opposé, une bénévole a été interpellée, placée en garde à vue pour rébellion, puis libérée cet après midi. 

Pour rappel, les expulsions continuent à Calais, les affaires des exilé-e-s et leurs couchages sont confisqués, dégradés ou détruits. Ce soir, il pleut encore.
Les observateurs-ices sont toujours les bienvenu-e-s.

 


 

Continuellement la mairie de Calais s’oppose à la présence des indésirables en centre ville, refuse ouvertement la décision du Conseil d’Etat, et annonce tout faire pour voir cesser les distributions de nourriture du centre ville. L’interdiction a pourtant été levée par le Tribunal Administratif de Lille.

Le dispositif de mise à l’abris fonctionne de façon opaque.
Aucune information concernant les départs des bus n’est donnée, pas même aux personnes exilées : ni les heures et lieux de départs, ni les destinations ne sont connues.

Les personnes expulsées ont donc le choix entre monter dans un bus vers une destination inconnue ou un placement en rétention. Tenant à distance les témoins, quelques soutiens présents sur place. Ceci constitue plutôt une mesure d’éloignement qu’une invitation à la remise en question d’un projet migratoire…
Ajoutons à cela que les demandes d’asile ne peuvent plus se faire à Calais.

10 mois après l’évacuation de la Jungle, la politique visant à décourager et invisibiliser les personnes continue de prévaloir sur une politique intelligente d’accueil, respectueuse des droits fondamentaux et des projets des personnes exilé-e-s.

Les associations annoncent aujourd’hui plus de 700 exilé-e-s présents autour de Calais.

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Photo : campement du Quai de la Gironde, été 2014

Un mort jeudi soir

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La violence frontalière ne prend pas de vacances.

Fisha, 22 ans, venu d’Érythrée, est mort jeudi dernier 3 août vers 23h40, écrasé sur l’autoroute par plusieurs véhicules après avoir sauté de la camionnette dans laquelle il était. C’est le septième mort connu à la frontière britannique en 2017.
« Ce n’est pas un compte, c’est à chaque fois une personne qui est morte. »

http://www.lavoixdunord.fr/200432/article/2017-08-04/un-migrant-meurt-percute-sur-l-a16

Un rassemblement de solidarité a eu lieu aujourd’hui à 18h30 à Calais, comme après chaque décès.

A cause de la politique frontalière sont morts également cette année :
Omar, un mineur soudanais de 17 ans, a été écrasé le 22 juillet par le bus auquel il s’était accroché à Bruxelles.

Un conducteur polonais, est mort après avoir percuté un barrage sur l’autoroute, le 20 juin.

Kim Le, exilé venu du Vietnam, s’est suicidé à l’hôpital, le mercredi 31 mai

Le mardi 2 mai, un exilé est mort gare du Nord à Paris, brûlé par l’arc électrique formé par les caténaires sur le toit de l’Eurostar où il avait réussi à monter.

Un exilé afghan est mort suite à une tentative de passage le 11 mars.

Johnsina, 20 ans, venu d’Éthiopie, est mort samedi  21 janvier vers 8h du matin, écrasé sur l’autoroute par plusieurs camions.

 

«Nous, Calaisiens, ne nous reconnaissons pas dans ce discours de rejet»

Depuis l’expulsion, à l’automne 2016, du plus grand bidonville d’Europe, Calais a vu revenir des centaines de personnes souhaitant, pour la plupart, aller en Angleterre. Ces enfants, ces femmes et ces hommes se trouvent dans une situation d’extrême précarité. Quotidiennement traqué.e.s par les forces de l’ordre, ils n’ont pas accès à leurs droits.
Le Défenseur des Droits en a attesté, le 14 juin dernier, et a dénoncé par communiqué « des atteintes aux droits fondamentaux » des personnes migrantes « d’une exceptionnelle et inédite gravité » sur le littoral Nord Pas-de-Calais.

Le 16 juin, des personnes exilées et des associations, épuisées de leurs appels sans réponse auprès de l’Etat, ont saisi le tribunal administratif lui demandant d’ordonner à l’État de mettre en place des dispositifs permettant l’accès aux droits fondamentaux des exilé.e.s. Une audience, à laquelle a assisté la Maire de Calais, s’est tenue au TA de Lille le 21 juin.

Le 26 juin, le tribunal a ordonné la mise en place de dispositifs tels que l’accès à des points d’eau, douches et latrines, à des maraudes pour les mineur.e.s, et une suppression des entraves à l’action des associations (harcèlement policier, verbalisation des bénévoles).

La Maire de Calais, soutenue par la majorité du conseil municipal, a réagi le jour-même en annonçant qu’elle refusait d’appliquer la décision de justice, et déclaré que, pour elle, les exigences formulées étaient inacceptables. Un appel a été déposé au Conseil d’Etat, par la Mairie de Calais et la Préfecture, le 6 Juillet 2017.

Des citoyen.ne.s calaisien.ne.s ont décidé de réagir…

« Nous sommes Calaisiens, Calaisiennes. Nous sommes indigné.e.s par les déclarations de Mme Bouchart, qui prétend parler au nom de tou.te.s les habitant.e.s de Calais, alors que son discours n’est empreint que d’un mépris de l’humain. Nous ne nous reconnaissons pas dans ce discours de division et de rejet.

Mercredi 21 Juin, certain.ne.s d’entre nous étions aussi présent.e.s à cette audience au Tribunal administratif, pour témoigner du traumatisme récurrent que subissent des personnes en exil dans notre ville.

Nous n’acceptons pas de voir ces gens, qui ont fui la guerre ou la misère, dans cette situation indigne de précarité et de maltraitance. Nous avons un cœur et une conscience. Nous refusons qu’ils.elles dorment dans la rue, dans les bois. Nous voulons que cesse cette chasse à l’Homme. Nous voulons qu’ils.elles puissent être informé.e.s de leurs droits, puissent être pris.e.s en charge pour ceux.celles qui le souhaitent, puissent passer légalement la Manche, puisque c’est leur projet, ou puissent demander l’asile. Nous voulons que l’article 13 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, et que les droits fondamentaux soient respectés.

Nous pensons aux riverain.e.s qui doivent eux.elles aussi subir la violence de cette politique de non-accueil mise en œuvre depuis 20 ans, politique qui oblige des milliers de personnes à supporter l’insupportable et les Calaisien.ne.s à en être témoins.

Invoquant le traumatisme vécu par les Calaisien.ne.s et l’économie en difficulté, Natacha Bouchart pointe les dommages qu’elle a elle-même engendrés en choisissant une politique non-hospitalière.

La réelle cause de l’économie en déclin et de l’impact négatif qui affecte Calais, c’est la désinformation : Calais n’est pas en guerre malgré ce que la municipalité, le gouvernement et certains médias essaient de vous faire croire.

La Justice a décidé que l’Etat et la ville devaient mettre en place un minimum pour les exilé.e.s présent.e.s dans le Calaisis : des points d’eau, l’accès à des douches, à des toilettes. Elle a demandé aux autorités de ne pas entraver le travail des associations. Or, Mme Bouchart dit qu’elle ne respectera pas cette décision, qu’elle juge « inacceptable » ! Quel exemple donné aux citoyen-ne-s de Calais et d’ailleurs !

Ce qui est inacceptable, c’est la manière dont Mme Bouchart, la municipalité entière et le gouvernement gèrent ou plutôt ne gèrent pas cette situation.

Ce qui est inacceptable, c’est la violence que créent cette frontière, les barrières et les barbelés, cette omniprésence policière.

Nous pensons aussi aux trop nombreux.ses mort.e.s, aux accidents et à tous les autres incidents sur la rocade autoroutière provoqués par la fermeture de la frontière.

Mme Bouchart le sait, Calais représente un point stratégique par sa situation géographique. Calais sera toujours un point de passage, personne ne peut déplacer cette ville. Alors les gens avec ou sans papiers qui souhaitent se rendre en Angleterre arriveront toujours à Calais, c’est un non-sens de l’ignorer.

Nous demandons que le droit à la liberté de circulation pour tou.te.s, garanti par l’article 13 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, soit enfin appliqué.

Nous voulons que le gouvernement et la municipalité trouvent des solutions pour que Calais ne soit plus une impasse, pour enlever ces grillages qui défigurent la ville, pour arrêter de dépenser en vain des centaines de millions d’euros en forces de police, barrières, caméras, projecteurs, drones, hélicoptères, vigiles, grillages, pour les consacrer à l’accueil et à des dépenses utiles à la ville de Calais et à ses citoyen.ne.s. »

Signataires habitant.e.s de Calais et CAC :

Mathilde Annebicque, Lucy Bastien, Jérôme Baude, Adelaide Belleau, Hayate Bibaoui, Betty Bossart, Jason Brebion, Isabelle Brillard, Juliette Cappe, Martine Castellan-Dujovnic, Barbara Chevalier, Jacqueline Chretien, Benjamin Danon, Anne Dekeister, Virginie Delrue, Philippe Demeestère, Monique Denoeux, Mileva Devos, Martine Devries, Medhi Dimpre, Julia Druelle, Louise Druelle, Nathalie Dudek, Sylvie Dufossé, Julie Dupont, Jean-Pierre Duwat, Lou Einhorn, Marga Esco, Emy Fiolet, Jean-Luc Fiolet, Patricia Fiolet, Laetitia Fontaine, Perrine Fusil, Julie Garrigue, Georges Gilles, François-Marie Guennoc, Mylène Herbez, Céline Hermel, Perrine Hudson, Marie-Pierre Huygues, Jean-Philippe Istace, Sylvie Jacqmin, Séverine Joly, Maya Konforti, Nell Labit, Alexandra Lambec, Mandy Lambec, Teddy Lambec, Jean-Philippe Lannoy, Cathie Lay-Gilbert, Jean-Robert Lay, Véronique Leclercq, Grégory Lefebvre, Jeyson Legrix, Carine Lemaire, Magalie Lemaitre, Aline Le Rouzic- Leclerc, Laurent Maameri, Matthieu Marsan, Aude Martin, Patricia Martin , Dominique Mégard, Claudine Moine, Caroline Ndaye, Sandra Nedjar, Valérie Noel, Emeric Obry, Francis Peduzzi, Renaud Perrin, Jason Ponthieu, Aurélie Pruvost, Thierry Rat, Bellinda Régnier, Dominique Richard-Multeau , Marie-Claire Richard-Multeau, Céline Roger, Nadine Rubanbleu, Dominique Ruelle, Sylvain de Saturne, Marie-Caroline Serret, Marie-France Szymkowiak, Renaud Till, Julien Tribalat, Sébastien Tribalat, Lucile Trenel, Blandine Vasseur, Pauline Vasseur, Marie-France Vertu, Gilles Wallet, Pascale Wallet, Christine Willot, Fabienne Yon


Ils ne sont pas Calaisien.ne.s, mais partagent notre indignation :

Abderrahman, M. Adam, M. Aleadine, Charles Alunni philosophe, Anne-Claude Ambroise-Rendu professeure d’Histoire, Jean-Pierre Améris cinéaste, Richard Andry directeur de la photographie, président de l’AFC, Jean-Christophe Angaut maître de conférences de philosophie ENS, Mathilde Annebicque, Etienne Balibar philosophe, professeur émérite (philosophie), Chrystel Barbieux, Luc Battiston cinéaste, Jacques Belin, Houria Bentouhami maîtresse de conférence en philosophie, Emmanuelle Bercot comédienne cinéaste, Elisabeth Bernard (Act and Help), Magali Bessone professeure de philosophie, Manuel Bienvenu développeur SIG, Abdallah Bihorel, Brigitte Bonnefoy-Clerc, Isabelle Bonura, Catherine Boskowitz metteure en scène, Dominique Bourgeois, Alain Bourgois, Sylvain Bourmeau journaliste, enseignant, Jean-Pierre Boutoille, Miriam Bovi chercheuse en sociologie et philosophie politique, Geneviève Brisac écrivaine, Isabelle Broué cinéaste, Michel Broué mathématicien, Robin Campillo réalisateur, Laurent Cantet cinéaste, Caroline Casadesus artiste lyrique, Martine Castellan-Dujovnic, Caroline Champetier directrice de la photographie, Stéphane Chatelain, Claudine Chevalier, Laurent Chevallier cinéaste, Christine Citti comédienne, Collectif Lille Nouvelle Jungle, Jean-Louis Comolli cinéaste, Catherine Coquio professeure de littérature, Catherine Corsini cinéaste, Lionel Crusoé, Gonzague Cuvelier, Nadia Daam journaliste, Émilie Deleuze cinéaste, Pauline Desablens, Anne Devarieux maître de conférence HDR philosophie, Guillaume Dezecache, Ariane Doublet cinéaste, Anne-Marie Dransart (Eux C’est Nous), Miguel Drollet, Patricia Duchesne enseignante, Morgane Dujmovic, Edika dessinateur, Annie Ernaux écrivaine, Emmaüs Dunkerque, Abbas Fahdel cinéaste, Jules Falquet MCF HDR en sociologie, CEDREF-LCSP, Frédéric Farrucci cinéaste, Éric Fassin sociologue, Philippe Faucon cinéaste, Pascale Ferran cinéaste, Sidonie Flahaut, Marina Foïs comédienne, Dan Franck écrivain, Costa-Gavras cinéaste, Denis Gheerbrant cinéaste, Françoise Ghestin, Stéphanie Girerd scénariste, réalisatrice, Claudia Girola enseignante-chercheure-anthropologue, Fabienne Godet cinéaste, Anne Gorouben, Marie Goupy philosophe, Maître de conférence,  Ninon Grangé MC-HDR en philosophie, Anouk Grimberg comédienne, Robert Guédiguian cinéaste, Henri Guette, Manon Hagnéré, Ourdia Hamadache, Adèle Haenel comédienne, Cyrille Hanappe (Actes et Cités), M. Hashem, M. Hassan, Groupe IAM artistes, M. Idriss, Agnès Jaoui comédienne, cinéaste, Céline Jouin maître de conférence en philosophie, Nicolas Klotz cinéaste, Jan Kounen cinéaste, La Cabane Juridique, Serge Lalou producteur, Chantal Lamarre, Jimmy Lambec, Françoise Lambelin, Romain Lay, Françoise Lefait, Alain Lefebvre, Nolwenn Lemesle cinéaste, Louis-Do de Lencquesaing comédien cinéaste, Anne-Sophie Ligniert, Jacques Ligniert, Michelle Ligniert, Alexandra Limousin, Camille Louis philosophe, Seloua Luste Boulbina philosophe, Regina Mantanika philosophe, Yann Manzi, Gwenael Margollet, François Marthouret comédien, Jean-Louis Martinelli metteur en scène, Paul Marques Duarte cinéaste, Corinne Masiero comédienne, Patricia Mazuy cinéaste, Claudine Menu, Denis Merklen sociologue, professeur des universités, Agnès Merlet cinéaste, Christophe Mileschi professeur des universités, Guillaume Mille, Estelle Miramont doctorante contractuelle en sociologie, M. Mohammed, Dominik Moll cinéaste, Gérard Mordillat cinéaste, Sarah Moon photographe, Yolande Moreau comédienne, François Morel comédien chanteur, M. Mustafa, Alfredo Naccari, Georges Navet professeur émérite, Olivier Neveu universitaire ENS, Julie Obrecht, Corine Pagny, Rithy Panh cinéaste, Arnaud des Pallières cinéaste, Marc Paquien metteur en scène, Nathalie Paul, Elisabeth Perceval cinéaste, Antonin Peretjatko cinéaste, Elise Pestre maître de conférence, Nicolas Philibert cinéaste, Julien Pitinome, Laurent Piton, Alain Policar, Centre de recherche politique de Sciences-Po (Cevipof), Mathieu Potte-Bonneville philosophe, Franck Prevost, Martin Provost cinéaste, Anne Querrien co-directrice de la revue Multitudes, Valérie Ranwez, Michèle Ray Gavras productrice, Olivia Régnier, Eric Reinhardt écrivain, Matthieu Renault enseignant chercheur en philosophie (RUSF), Brigitte Rouan comédienne cinéaste, Dominique Ruelle, Christophe Ruggia cinéaste, président de l’ADRC, Eric Salomé, Michèle Santoussi professeure, M. Sattar, Céline Sciamma cinéaste, Julien Selleron cinéaste, Claire Simon cinéaste, Dany Simon, Patrick Sobelman producteur, Véronique Soufflet, Marion Stalens cinéaste, Virginie Stidier, Benjamin Stora, historien, Nan Suel, Frédérico Tarragoni maître de conférence en sociologie, Etienne Tassin professeur de philosophie, Bertrand Tavernier cinéaste, Gaelle Téqui Cormley (Act for Ref), Pascal Tessaud cinéaste, Philippe Torreton comédien, Patrick Vauday professeur des universités, Nathalie Verdier journaliste, Pauline Vermeren philosophe, Karin Viard comédienne, Thomas Vincent cinéaste, Dominique Wiel

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La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités 40

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LA QUINZAINE DES PASSEURS D’HOSPITALITÉS

Du 5 janvier au 21 juin 2017

– also in English on https://passeursdhospitalitesenglish.wordpress.com/

Vous pouvez télécharger La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités 05/01 – 21/06/2017 ici.

Nous assistons visiblement à la mise en place d’une politique d’hyperprécarisation, dans le cadre de laquelle aucun abri, tente, cabane, n’est toléré, et l’activité associative, accusée de créer des « points de fixation », est entravée. C’est le cas depuis plusieurs années à Zeebruges, port belge d’où partent des ferries pour le Royaume-uni, ça a été le cas pendant les mois qui ont suivi la destruction du campement de Steenvoorde, dans le Nord, à proximité d’une aire d’autoroute, en juillet 2016. C’est le cas à Calais depuis la destruction du bidonville du 24 octobre au 2 novembre 2016, dans le Dunkerquois depuis l’incendie du camp de réfugié-e-s de Grande-Synthe dans la nuit du 10 au 11 avril 2017, à Paris autour de la porte de la Chapelle depuis l’expulsion du 9 mai 2017.

Lorsque malgré la précarité et le harcèlement le nombre de personnes devient trop important ou leur visibilité trop grande pour les autorités, celles-ci procèdent à leur expulsion et à leur dispersion dans les CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation) ou les CHUM (Centres d’Hébergements d’Urgence – Migrants).

Cette politique participe de la création d’un corridor du non-accueil allant de la frontière italo-française à la frontière franco-britannique en passant par la région parisienne, caractérisé par une systématisation des violences et des violations des droits de la part de la police et des autorités.

Tel est pour les exilé-e-s le portrait d’une frontière à l’autre de la France d’aujourd’hui.

Des nouvelles de Calais sur le blog Passeurs d’hospitalités (page 2), des Balkans sur Exilés dans les Balkans (page 26), de la Méditerranée centrale sur Lampedusa – une île (page 28).

Calais : aspects du délit de solidarité

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Avec des périodes plus ou moins tendues, des priorités qui peuvent varier, la répression de la solidarité s’est installée de manière permanente dans le paysage calaisien.

En 1999, avant l’ouverture du Centre de Sangatte, face à l’augmentation du nombre d’exilé-e-s et au durcissement de la politique britannique, les autorités françaises hésitent sur la conduite à tenir. Des lieux de mise à l’abri provisoires son ouverts puis fermés, dans l’intervalle la police chasse les exilé-e-s et la préfecture met la pression sur les associations. Ainsi au mois de juillet le sous-préfet menace les associations de poursuites pénales si elles continuent de distribuer de la nourriture et d’apporter une aide aux exilé-e-s qui campent dans le parc Saint-Pierre, en centre-ville. Mais c’est à partir de la fermeture du Centre de Sangatte fin 2002 que les poursuites pénales sont utilisées comme moyen de répression et d’intimidation.

Ces poursuites répondent à plusieurs objectifs.

Elles participent à un déplacement du regard et de la problématique. La situation ne serait pas due à des questions de frontière et de liberté de circulation. Les exilé-e-s viendraient à Calais parce qu’il aurait à côté un centre d’hébergement, à Sangatte. C’est ainsi qu’est justifiée la fermeture du centre et la destruction du hangar qui l’abritait. Dans la même logique, l’action solidaire est désignée comme la cause de la présence des exilé-e-s. Cette rhétorique revient en force depuis la destruction du bidonville avec les « points de fixation » qu’il faut faire disparaître pour faire disparaître les exilé-e-s, cet élément de langage désignant l’action des associations, douches, distributions de repas. La pénalisation de l’action des bénévoles et militant-e-s, coupables désigné-e-s de la situation qu’il faut faire cesser, participe de cette logique.

Il s’agit aussi de réduire l’action associative lorsqu’elle fait obstacle à l’action des pouvoirs publics. Notamment lorsqu’il s’agit de témoigner, filmer, documenter, mais aussi ouvrir des squats, s’opposer à des expulsions, construire des abri. Entre le camp No Border de juin 2009 et les débuts du bidonville de Calais en avril 2015, ce sont essentiellement de militant-e-s de ce mouvement qui sont la cible des poursuites, des intimidations et souvent des violences physiques, sans que cela suscite de réaction du reste du tissu associatif. Les poursuites utilisent principalement le registre de l’outrage à agent, rébellion, violence sur agents, ou dégradation s’agissant de l’ouverture de squat. L’état d’urgence apporte de nouveaux outils, permettant jusqu’à l’interdiction des manifestations et rassemblements sur la voie publique.

Les poursuites pénales participent aussi d’une stratégie visant à contraindre et contrôler l’action associative, notamment autour du bidonville de Calais. Elles complètent d’autres actions s’appuyant sur une présence policière de plus en plus importante aux accès, comme la verbalisation des véhicules, l’obligation de laissez-passer pour accéder au bidonville par le chemin des Dunes, l’interdiction d’amener des matériaux servant à la construction de cabanes après l’incendie du 25 août 2016 sauf autorisation de la sous-préfecture. En parallèle s’ajoute au comité de pilotage du centre Jules Ferry, auquel participent des associations choisies par l’état, la mise en place d’une coordination de l’action des associations dans le bidonville gérée par l’ONG ACTED, missionnée par l’État pour ce faire.

Notons au passage que les dix-huit mois d’existence du bidonville de Calais ont été une période répressive particulièrement dense, avec trente cas recensés de poursuites pénales ou d’enfermement en rétention en vue d’expulsion du territoire. À l’exception du cas très médiatisé du britannique Rob Lawrie, cela n’a pas suscité de réaction particulière des principales associations, impliquées dans une relation complexe avec l’État faite de cogestion de la situation, de négociation contrainte et de conflictualité.

Une compréhension plus complète de la situation se heurte à un défaut de vision, lié à une représentation racialisée de la situation. Dans les représentations usuelles, le passeur est étranger, masculin, on lui accole généralement les épithètes « sans scrupules » et « au business très lucratif » – alors qu’en réalité le passage comme la contrebande sont aussi enracinés dans la société frontalière. Et de même l’aidant-e solidaire est européen-ne, ce qui est une vison tout aussi partiale, et nous donne une vision imparfaite de l’action solidaire des exilé-e-s et de sa répression.

Ainsi, il y a quelques années, le campement de Norrent-Fontes, près d’un parking d’autoroute en amont de Calais, fonctionnait sans passeurs, et les exilé-e-s s’organisaient collectivement pour le passage. Mais lorsqu’un groupe monte dans un camion il faut que quelqu’un reste pour fermer la porte du camion derrière le groupe, et cette personne devient aux yeux de la police le passer ou la passeuse, la personne qui a facilité le passage des autres. On n’a de même qu’une vision très incomplète des situations où joue la solidarité de groupe ou d’amitié, rémunérée ou non, et où cette solidarité peut tomber sous le coup de la loi. On peut aussi noter que parmi les trente personnes poursuivies ou enfermées en rétention pendant la période du bidonville, six sont des exilé-e-s.

On notera enfin que l’aggravation de la répression ces derniers mois élargit celle-ci à d’autres catégories, dans une sorte de politique de la terre brûlée visant à isoler et priver de ressources les exilé-e-s. Les journaliste en tant que témoins qui peuvent être indésirables (voir ici et ), ou certains acteurs économiques comme un chauffeur de taxi ou des gérants d’hôtels.

 

Ion Andreescu : Sous-bois.

 

La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités – La destruction du bidonville de Calais

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LA QUINZAINE DES PASSEURS D’HOSPITALITÉS

La destruction du bidonville de Calais

 

Vous pouvez télécharger La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités – La destruction du bidonville de Calais ici.

 

La destruction de l’équivalent d’une ville de dix mille habitant-e-s, l’expulsion de ses habitant-e-s, leur dispersion sur l’ensemble du territoire, la médiatisation de cette opération comme une action humanitaire. La mise en place logistique, policière et médiatique. « Nous » sommes en capacité de faire « ça » aujourd’hui en France. À l’heure de l’état d’urgence permanent. Le fait appelle la réflexion.

Cette newsletter du blog Passeurs d’hospitalités reprend les billets publiés alors, qui témoignent du tournant qui a conduit à la décision détruire (page 2), de la mise en place de l’opération (page 3), de son déroulement (page 10), et brièvement de la situation qu’elle laisse (page 13).

Le tournant.

Rien ne semblait joué à la rentrée 2016, l’État semblait vouloir continuer les destructions partielles du bidonville, à commencer par les commerces et restaurants, un lieu d’accueil pour les mineur-e-s devait ouvrir à l’automne, l’embryon de scolarisation des enfants reprendre en septembre. Il semble bien que c’est l’emballement médiatique de la rentrée, lancé par Le Figaro, et la montée des pressions pour obtenir la destruction totale du bidonville qui aient emporté la décision.

La préparation.

C’est à nouveau Le Figaro qui lance la nouvelle du plan gouvernemental de création de centres d’hébergement pour les expulsé-e-s de Calais. Pour construire son image médiatique, le gouvernement s’assure le consentement d’une partie des acteurs associatifs, puis au fur et à mesure que celui-ci s’érode joue la division, jusque dans les conditions d’accès au site de l’opération. L’état d’urgence est utilisé pour empêcher les manifestations de protestation. Il réussit ainsi à rendre les voix critiques mal audibles. Au fil du temps du temps le dispositif policier se précise, pèse dès avant le début de l’opération sur le Calaisis et les approches du littoral depuis Paris, et les violations des droits qu’elle entraînera deviennent certaines.

La destruction du bidonville et la dispersion des exilé-e-s.

Tandis que quelques sept cents journalistes suivent pour la plupart les parcours guidés mis en place par les autorités, montrent quelques images d’incendie sans chercher à en comprendre le sens, et partent docilement lorsqu’on leur signifie que la messe est dite, l’envers du décor témoigne d’une violence sourde, de l’utilisation de l’état d’urgence à des fins répressives, d’un mépris profond des personnes et de multiples violations de leurs droits.

Au lendemain de la destruction

La situation que nous connaissons aujourd’hui à Calais était prévisible, si ce n’est annoncée, dès avant sa destruction. Elle a commencé à se mettre en place avant et pendant celle-ci, elle est constituée lorsqu’elle s’achève.

Expulsions Dublin, Brest – mobilisations et actions solidaires

Mise a jour 20 juin : l’expulsion de Mohamed, journaliste venant de Somalie, n’a pas eu lieu. Mohamed est entré à l’aéroport entouré d’un cordon de personnes solidaires qui ont alerté l’équipage et les passagers. La police était présente, l’avion a finalement décollé sans lui.

Petit retour de la semaine à Brest sur les mobilisations face aux expulsions …
– Samedi le 10 juin à 11h, Place de la Liberté, avait lieu un rassemblement à Brest, initié par Mouvement Zéro personne à la rue, contre les expulsions et contre les procédures et renvois Dublin.
– Lundi le 12 juin il y avait un autre appel à rassemblement contre Dublin et les expulsions, « à partir de 12h, en continu jour et nuit jusqu’à la déprogrammation des expulsions » de 5 personnes vers le Soudan via l’Italie, 1 vers la Somalie via le Danemark et 1 vers l’Ethiopie via l’Allemagne, programmées pour les mardi 13 et mercredi 14 juin à partir de Brest à 6h15. Le matin la mairie de Brest a refusé de recevoir les personnes concernées venues demander la protection du maire. Les 7 expulsions ont été évitées, pour différentes raisons et grâce à des actes et actions solidaires!
– Un rassemblement a eu lieu le samedi 17 juin à partir de 12h suite à une nouvelle vague de 12 billets d’avion pour expulser sous Dublin.
– Et ce lundi 19 juin, un rassemblement à partir de 17h en soutien à Mohamed, journaliste venant de Somalie dont l’expulsion a été évitée mardi dernier à cause de problèmes de santé. Mohamed s’est vu remettre un second billet d’avion pour demain mardi 6h15 vers le Danemark, qui renvoie systématiquement les persones vers leurs pays d’origine, dont la Somalie. Mohamed est « poursuivi et menacé en Somalie, tant par le gouvernement que par les opposants du fait de ses activités journalistiques.
Il a d’abord demander l’asile dans ce pays en 2014 mais a été débouté par deux fois.
Menacé par les autorités danoises,il a rejoint la France.
Un article relayé par Reporter Sans Frontières (qui a été saisi) montre la dangerosité de la Somalie pour les journalistes. https://rsf.org/fr/somalie  » – Mouvement Zéro personne à la rue Brest sur Facebook

Une pétition est également en ligne.

Des syndicats de journalistes demandent également à la France d’empêcher cette expulsion. (voir ici)

Calais : délit de solidarité, trente personnes poursuivies en un an et demi

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Les poursuites à l’encontre des aidants solidaires à la frontière franco-italienne ont acquis une forte visibilité. Ceci s’explique notamment par une dynamique collective forte, une action publiquement assumée et une coordination du soutien. Ces éléments ont manqué à la frontière franco-britannique. Pourtant au moins trente personnes ont été soit poursuivies, soit enfermées en rétention et expulsées du territoire, pour leur engagement solidaire, pendant la seule durée du bidonville de Calais, soit en avril 2015 et novembre 2016. Ceci sans compter les « simples » placement en garde-à-vue, les multiples contraventions visant les véhicules des bénévoles et d’autres formes d’entrave et d’intimidation.

Le cas de Rob Lawrie fait figure d’exception, puis les poursuites à l’entre de ce bénévole britannique qui avait tenté de faire passer une petite fille afghane pour qu’elle échappe au bidonville et rejoigne sa famille au Royaume-uni avait connu une forte médiatisation (voir ici, ici, ici et ).

Le 8 novembre 2015, PEGIDA France organise une manifestation anti-migrants à l’invitation du groupe d’extrême-droite Sauvons Calais. Une contre-manifestation accompagne le cortège. Deux contre-manifestants sont arrêtés et relâchés sans poursuites. Ce n’est que bien plus tard qu’une contre-manifestante a été poursuivie parce qu’un policier l’accusé de l’avoir attaqué. Elle a été relaxée en première instance.

Début novembre 2015, la situation est tendue entre police et exilé-e-s aux alentours du bidonville et de la rocade autoroutière menant au port. Dans un contexte de manifestations d’extrême-droite, il faut un coupable, et le ministre de l’intérieur désigne « l’ultragauche ». Après des bénévoles britanniques arrêtés dans le bidonville et libérés sans charge, un bénévole français est arrêté devant un local associatif en centre-ville et poursuivi comme l’instigateur des « émeutes ». Il est condamné en première instance à un mois avec sursis pour refus du prélèvement ADN (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ).

Le 23 janvier 2016 a lieu la plus importante manifestation de soutien aux exilé-e-s que Calais ait jamais connu. À l’issue de la manifestation, un groupe d’exilé-e-s court vers le port, y pénètre, et certains réussissent à monter à bord d’un ferry à quai. Six personnes, quatre exilés et deux soutiens sont arrêtés et poursuivis. Trois autres, de nationalité italienne, sont enfermées en rétention pour être expulsées vers l’Italie (voir ici, ici, ici, ici et ).

Le 29 février 2016 commence la destruction de la partie sud du bidonville de Calais. Un couple d’exilé-e qui refusaient de descendre du toit de leur cabane est poursuivi pour rébellion, deux bénévoles d’avoir mis le feu à des cabanes alors qu’ils aidaient les personnes à déménager leurs affaires (voir ici, ici et ).

Le 27 mars 2016 un squat est ouvert au centre de Calais dans les locaux abandonnés d’un ancien Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale. La police intervient et huit personnes sont arrêtées et poursuivies. La procédure est déclarée nulle en première instance (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

Le 27 juillet 2016 un rassemblement est organisé en hommage aux exilé-e-s mort-e-s à la frontière, suite au décès d’un exilé éthiopien. Le rassemblement est interdit par la préfecture au nom de l’état d’urgence. Alors que les personnes qui étaient venues participer à l’hommage se dispersent suite aux sommations de la police, l’une d’elle est arrêtée. Elle est poursuivie pour rébellion, participation à un attroupement interdit sous l’état d’urgence et port d’armes (elle avait un opinel au fond de son sac. Le tribunal a rejeté les deux premiers chefs d’inculpation et l’a condamnée à 400 € d’amende avec sursis pour le troisième (voir ici, ici et ).

Le 1er octobre 2016, une manifestation organisée par la Coordination Internationale des Sans-Papiers et Migrants est interdite au nom de l’état d’urgence. Les cars venant de Paris sont bloqués sur un parking près de Saint-Omer, un rassemblement qui s’était formé à la sortie du bidonville est dispersé par les lacrymogènes, le canon à eau et les charges de CRS. Un membre d’une samba militante est arrêté et poursuivi (voir ici, ici et ).

Deux personnes sont poursuivies pour avoir aider certains des exilés iraniens qui avaient fait une grève de la faim pendant la destruction de la partie sud du bidonville, lors d’un long périple qu’ils effectueront ensuite pour gagner le Royaume-uni, l’un à Boulogne/Mer, l’autre près de Calais (voir http://www.la-croix.com/France/France-Beatrice-Huret-devenue-passeuse-presumee-amour-migrant-2017-06-10-1300853916).

Deux personnes sont poursuivies dans le cadre d’une enquête sur la gestion du Kids Café, un lieu qui accueillait les mineur-e-s dans le bidonville de Calais (voir ici, ici et ).

Cette liste n’est pas forcément exhaustive. Elle devra être complétée par un état des lieux depuis novembre 2016 et la destruction du bidonville de Calais.

 

Gheorghe Tattarescu : Paysage à l’arbre cassé.