Du côté du CRA de Coquelles : l’acharnement

Dans le centre de rétention de Coquelles, un enfermement sans précaution ni but, mais pas de confinement

La Cabane Juridique, Calais, le 19 mars 2020 – Actualisé le 21 mars 2020

Malgré l’annonce du Président de la République le 16 mars 2020 exhortant chacun à réduire ses déplacements au plus strict minimum pour limiter la propagation du coronavirus, aucune mesure ne semble avoir été prise dans le centre de rétention administrative de Coquelles, alors que les conditions de promiscuité favorisent largement sa dissémination.

Le 17 mars 2020, 65 personnes étaient enfermées dans le centre de rétention, pour 51 places actuelles (le centre étant en travaux depuis le 24 février, réduisant sa capacité de 28 places). Entre respect des normes et volonté de détenir un maximum de personnes, un choix a été fait, puisque des matelas sont installés dans une des salles communes pour pallier le manque de lit. Aucune mesure de précaution ne semble avoir été prise pour éviter la propagation du virus à l’intérieur du centre. Pas d’équipement de protection distribué : ni gants, ni masque, ni mise à disposition de gel hydroalcoolique ou savon supplémentaire, que ce soit pour les retenus, les policiers de la Police aux Frontières ou le personnel médical et de nettoyage intervenant dans le centre de rétention. L’organisation des repas reste inchangée : les retenus sont appelés à heures fixes dans le réfectoire et s’attablent par groupe de quatre sans aucune précaution sanitaire imposée ni simplement proposée.

Si la suppression du droit aux visites a été annoncée aux retenus, aucune communication supplémentaire n’a été effectuée. Depuis lundi 16 mars, 2 personnes retenues dans le centre ont été emmenées à l’hôpital suite à la détection de symptômes similaires à ceux du coronavirus. Suite à leur départ, toujours aucune communication. Toutefois, l’une d’elles est rentrée au centre de rétention. Visiblement déclarée saine, on l’a pour autant installée avec ses trois co-retenus sur des matelas dans une salle commune pour « aseptiser »la chambre par « principe de précaution ». Quel principe de précaution s’applique quand une personne présentant des symptômes est de retour dans un espace confiné tel qu’un centre de rétention ? « Nous ne savons rien, nous voulons être libérés, nous nous sentirions mieux protégés dehors »nous rapporte une personne retenue. Le climat est tendu au sein du centre de rétention, oscillant entre la peur et l’incompréhension.

Le 17 mars 2020, une dizaine de personnes ont entamé une grève de la faim dans le centre pour dénoncer le manque d’information et de mesures face à la pandémie. L’une d’elles a perdu connaissance après 48 heures, alors que d’autres ont été contraints de s’alimenter : « on ne nous donne plus nos médicaments si nous ne mangeons pas ».Voici au moins une mesure appliquée : soumettre l’accès aux médicaments à la condition de la cessation d’une grève de la faim dérangeante, afin d’occulter la situation actuelle.

Entre le 14 et le 20 mars, alors que nombreux pays avaient déjà fermé leurs frontières avec l’Europe et la France, et malgré cette absence de perspective d’éloignement, 18 personnes supplémentaires ont été placées dans le centre de rétention de Coquelles. Ce sont 18 personnes de plus dans un centre où les conditions semblent réunies pour la propagation du coronavirus.

Et pourtant, le 16 mars 2020, la cour d’appel de Paris avait dégagé un chemin vers la libération des retenu.es en adoptant une décision de remise en liberté fondée sur un double constat : d’abord, qu’en l’état de fermeture des frontières européennes, les perspectives d’éloignement hors du territoire français étaient « fortement compromises », et d’autre part, que la situation sanitaire au sein du centre de rétention entraînait « des risques de contamination accrus dans un contexte de pandémie mondiale due au coronavirus ».Ce chemin s’est toutefois avéré cahoteux. A Coquelles, si le centre de rétention se vide enfin petit à petit suivant cette jurisprudence, la préfecture du Pas-de-Calais a décidé de faire appel de décisions de libération prises par le juge des libertés et de la détention en première instance. Et pire, cet appel a obtenu gain de cause, puisque, en guise de réponse, la cour de Douai a qualifié le centre de rétention « d’espace de confinement »adapté à la crise sanitaire actuelle. Cette décision ordonnait alors le maintien en rétention de personnes déjà libérées et pour la plupart, sans document d’identité… Suivant ces remises en libertés, il était tentant de penser à la fermeture prochaine du centre de rétention de Coquelles. Mais encore une fois, cet espoir se gâche le 20 mars 2020 avec le placement de deux nouveaux arrivants, démontrant le peu d’intérêt de la Préfecture pour la protection des personnes qu’elle a décidé de retenir, ainsi qu’aux garanties pourtant spécifiquement prévues par la loi.

Enfin, la peur de la propagation du virus n’a pas empêché la France de transférer 2 personnes de nationalité algérienne et une personne de nationalité congolaise (RDC) vers leur pays d’origine en début de semaine. Les liaisons entre la France et l’Algérie avaient bien été coupées, mais la France n’a visiblement pas peur d’affréter des avions pour expulser. Notre Président, Emmanuel Macron, annonçait pourtant lundi soir que « tous les voyages entre les pays non-européens et l’Union Européenne seraient suspendus pendant 30 jours ».Les frontières de l’UE, épicentre de la pandémie mondiale, ont bien été fermées à l’entrée, ce qui ne semble malheureusement pas éviter le renvoi de potentiels porteurs du virus dans ces pays de retour.

L’association en charge de l’accompagnement juridique des personnes entrant dans le centre de rétention de Coquelles a dû se retirer physiquement du centre par précaution sanitaire. Les salariées de l’association tentent d’assurer, comme elles le peuvent, une permanence à distance, mais l’exercice effectif des droits est grandement affecté.

Oubliés de l’urgence, les retenus font l’objet d’un double abandon : s’ils ne peuvent plus bénéficier d’un accès à leurs droits du fait de l’urgence sanitaire (comme celui d’accéder à un avocat ou simplement à un conseil juridique), ils sont d’autant plus exposés aux dangers qui en résultent, contraints à se confiner dans un lieu soumis à des entrées continues, sans la possibilité d’appliquer des mesures de protection individuelles.

Enfin, il est temps de s’interroger sur la légalité même de la rétention administrative dans un tel contexte, comme cela a été dénoncé par la Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté dans son dernier communiqué de presse. Elle estime, en effet, que « la mesure de rétention elle-même se trouve dépourvue de fondement juridique » dès lors que « dans un contexte de réduction drastique des vols internationaux, la perspective de reconduite des personnes retenues est mince, voire illusoire », et recommande en conséquence de« procéder sans délai à la fermeture temporaire des centres et locaux de rétention administrative ».

La Contrôleure est encore plus critique en soulignant qu’en l’absence de mesures de protection spécifique, « l’Etat manque à son obligation de protéger à la fois ses agents et les personnes qu’il a lui-même placées sous sa garde ».

Le Président de la République affirmait lundi soir : « Chacun d’entre nous doit à tout prix limiter le nombre de personnes avec qui il est en contact chaque jour ». Nous n’aurions pas si bien dit, fermons les centres de rétention administrative !


Un petit aperçu de la situation dans d’autres Centres de Rétention : 

 Vincennes : 

https://www.facebook.com/Assfam-aux-centres-de-r%C3%A9tention-de-Paris-Vincennes-418076064981919/

 Lesquin : 

https://www.lavoixdunord.fr/728897/article/2020-03-19/le-coronavirus-vide-presque-totalement-le-centre-de-retention-de-lesquin

Cornebarrieu : 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/coronavirus-liberation-personnes-etrangeres-retenues-au-centre-retention-cornebarrieu-pres-toulouse-1803272.html

Bordeaux : 

https://www.tvlibertes.com/actus/confinement-des-juges-ordonnent-la-liberation-des-migrants-en-attente-dexpulsion-des-centres-de-retention-de-bordeaux-toulouse-et-rouen

 

Pour plus d’informations : 

https://www.lacimade.org/presse/face-a-la-crise-sanitaire-lenfermement-administratif-des-personnes-etrangeres-doit-immediatement-cesser/

https://www.mediapart.fr/journal/france/170320/sans-papiers-en-retention-les-remises-en-liberte-sintensifient?onglet=full

https://www.infomigrants.net/fr/post/23526/coronavirus-en-france-en-centre-de-retention-des-conditions-aux-antipodes-des-preconisations

https://www.streetpress.com/sujet/1584466767-liberer-tous-etrangers-sans-papiers-retenus-dans-cra-migrants-coronavirus-epidemie-expulsions

 

La CGLPL recommande de procéder sans délai à la fermeture temporaire des centres et locaux de rétention administrative : 

Situation sanitaire des prisons et centres de rétention administrative : le CGLPL demande la prise de mesures pour la protection des personnes privées de liberté

 

 

Confinés dehors : aucune mise à l'abri n'est envisagée pour les exilés à la frontière franco-britannique

Trois jours après le début du confinement général, toujours aucune mise à l’abri n’a été décidée pour les nombreux exilés dans les campements du littoral nord.

Mercredi, la préfecture des Haut de France a annoncé la mise en place « dans les prochains jours » d’une procédure de détection et d’orientation des cas suspects vers des centres de « desserrement », mais uniquement chez les personnes présentant déjà des symptômes. Lors d’une réunion à distance, jeudi 19 mars, la sous préfecture a confirmé ce choix. Une mise à l’abri préventive pour ceux vivants dans ces camps insalubres n’est donc pas envisagée.

Alors que les exilés ne sont autorisés à se déplacer qu’aux alentours du campement au titre du confinement, Antoine Nehr, coordinateur au sein de l’association Utopia 56, dénonce la poursuite de la politique répressive du gouvernement. « Les evictions du terrain continuent. Depuis plusieurs jours, les gens n’ont plus accès à l’électricité car elle a été coupée. Le seul accès actuellement reste les générateurs amenés par les associations. C’est d’autant plus inquiétant que les téléphones portables sont plus nécessaires que jamais : pour obtenir des informations, appeler le Samu et rester en contact avec ses proches. »

« Même dans un contexte de crise, les autorités continuent d’appliquer cette politique extrêmement hostile qui met en danger la vie de plusieurs centaines de gens. La situation s’empire au moment où il est urgent de demander un hébergement digne pour ces personnes, déplore-t-il. C’est incompréhensible ».

Calais : face au coronavirus, rien n’est fait pour mettre les exilés en sécurité

Alors que la France vient de rentrer en période de confinement, deux mille réfugiés vivent sans abri sur le littoral nord dans des conditions sanitaires désastreuses. Sur le terrain, les associations sont très inquiètes alors qu’aucune mesure de mise à l’abri n’a pour le moment été instaurée.

La semaine dernière, les associations Utopia 56 et l’Auberge des Migrants alertaient déjà quant au manque de prise en charge de ces populations fragiles, alors que la crise sanitaire s’annonçait. Dans un communiqué publié lundi soir, elles exhortaient de nouveau les autorités à agir. Antoine Nehr, coordinateur au sein d’Utopia 56, est très inquiet.

« La situation est dramatique depuis longtemps, depuis le démantèlement de la grande jungle en 2016 : les politiques migratoires ont été durcies, avec pour objectif d’empêcher les exilés de s’installer et de rester à Calais. Cela se traduit par une présence policière très forte, des démantèlements quotidiens qui fragilisent la population exilée. Les gens sont maintenus dans une grande précarité. Ils sont épuisés, stressés, fatigués, ils vivent à plusieurs dans des tentes, dans des conditions sanitaires déplorables. On estime à plus d’un millier, peut-être 1400 personnes le nombre de gens dehors ici à Calais. Il y a aussi beaucoup de monde à Grande-Synthe. »

« Cette crise est révélatrice d’un manque de prise en charge général, et dans un contexte comme celui-ci, si aucune mesure n’est prise rapidement, si le virus vient à se développer sur les campements, cela va être grave. On a vraiment peur que les personnes vivant à la rue soient les dernières à être mises à l’abri. »

Le 5 mars, les associations étaient invitées à une réunion au cours de laquelle le sous-préfet a dévoilé les mesures qui allaient alors être mises en place : des flyers invitant à se laver les mains et à garder ses distances. Des mesures inadaptées et inapplicables sur le terrain. Une nouvelle réunion est prévue le 19 mars, bien trop tard selon Antoine Nehr.

« Lors de cette réunion, nous avons avancé plusieurs propositions : une mise a l’abri dans des hébergements à taille humaine, une clinique mobile qui interviendrait sur les différents campements. Comment diagnostique-t-on un virus, nous, en tant que bénévoles ? On n’est pas formés pour ça. Nous avons vraiment besoin que l’Etat prenne ses responsabilités, s’il n’y a pas de prise en charge, je pense qu’il aura du sang sur les mains. »

Promiscuité et accès à l’eau extrêmement limité

En périphérie de Calais, des centaines de tentes sont plantées les unes à côté des autres dans des sous-bois jonchés de détritus. Certaines sont recouvertes de bâches. Des petits groupes se réchauffent autour de feux de camp, d’autres le font à la bougie sous les toiles de tente. Ici les gens se plaignent du froid, mais aussi des rats, nombreux et peu farouches. Les réfugiés ont un accès très limité à l’eau : ils ne disposent que d’un unique robinet, il n’y a pas de douches sur place. Dans ces conditions, on voit très mal comment ils pourraient respecter les consignes de sécurité du gouvernement.

Ali vient d’Iran. Il vit sur le camp depuis deux semaines. « Lorsque les policiers arrivent, nous devons prendre nos affaires et quitter les lieux pour la journée, dit-il. Nous revenons quand ils sont partis. » Mardi, alors même qu’Emmanuel Macron avait la veille annoncé l’entrée en vigueur des mesures de confinement, ils procédaient de nouveau à une éviction du terrain, renforçant d’autant plus la promiscuité entre les personnes.

Aucun cas de coronavirus n’a pour l’instant été dépisté sur le campement, mais au milieu de cette situation anxiogène, Ali n’est pas tranquille. « Je voudrais partir d’ici mais il n’y a pas d’alternative. J’ai 17 ans, j’ai appelé le 115 [l’aide sociale d’urgence] mais j’attends encore. Je voudrais aller dans un centre d’hébergement, parce que vivre ici, c’est vraiment dur. »

Abi, originaire d’Ethiopie, a comme tous les autres obtenu des informations sur l’épidémie sur internet. « Mais je n’ai reçu aucune information de la part du gouvernement, précise-t’il. Ce que je vois aujourd’hui c’est qu’on est entourés de CRS, qui portent tous des masques. Donc je comprends que le coronavirus est un danger. S’il y a un danger, il est réciproque. Pourquoi ne portons nous pas de masques? Parce qu’on est perçus comme les personnes porteuses de maladies. Je me sens discriminé. »

« Je vis dans une tente avec trois personnes, certains sont à 5 voire 6, explique Samuel, lui aussi originaire d’Ethiopie. Les consignes qu’on nous a données ne sont pas applicables. Nous partageons tout : les tentes, les cigarettes, tout. L’Etat doit faire quelque chose mais il ne fait rien pour les réfugiés, il aide les riches, pas les pauvres. Pourtant, pour le bien de tous, il est important que nous soyons tous protégés. »

Toujours aucune nouvelle des autorités

Non loin de là, l’association La Vie Active, mandatée par l’Etat, distribue deux repas par jour aux exilés. Devant la crainte de transmission du coronavirus, ses agents ont exercé lundi un droit de retrait. Mardi, on constatait une présence policière plus forte qu’à l’accoutumée; tous étaient masqués. Face à eux, à quelques mètres, les réfugiés faisaient la queue avant de pouvoir pénétrer au compte goutte sur l’esplanade grillagée où se tient la distribution. Devant le portail, plusieurs dizaines de personnes attendaient leur tour, les unes contre les autres, sans aucune mesure de sécurité.

« La seule consigne que l’on a eue est de se laver les mains avant et après les repas, la seule mesure prise pour le moment, c’est du savon et deux robinets supplémentaires à l’intérieur de l’espace où sont distribués les repas, expose médusé Valentin, bénévole auprès de l’association Utopia 56. En tant qu’association travaillant sur l’accès aux soins, nous n’avons pas eu d’autre directive que de garder les personnes malades dans leur chambre… ce qui est impossible dans la situation actuelle.  »

« En cas de doute, nous appelons le 15, et le SAMU fait une évaluation par téléphone. Si la situation est préoccupante, la personne peut être envoyée à l’hôpital de Boulogne-sur-Mer. Pour l’instant, personne n’a été testé ici, et il n’y a pas eu de suite quant aux personnes pour lesquelles nous avions des doutes. Ces quelques personnes ont été renvoyées là où elles dorment, c’est à dire à la jungle. »

Mardi soir, les associations étaient toujours sans nouvelles des autorités. Plus tôt dans la journée, certains bénévoles étaient empêchés de se rendre sur le campement en cours d’éviction, malgré leurs attestations de déplacement dérogatoire. Antoine Nehr indique que les associatifs réfléchissent dans l’urgence à comment adapter leur action. « Si l’Etat reste inactif, on ne peut pas rester chez nous à ne rien faire. »

Mise à jour, mercredi 18.03, 13:00 :

La préfecture des Hauts-de-France a répondu ce matin par mail au communiqué des associations. Elle y liste les mesures déjà existantes : des flyers informatifs, du savon, des consignes de distanciation. Elle indique également la mise en place « dans les prochains jours » d’une procédure de détection et d’orientation des cas suspects vers des centres de « desserrement », mais uniquement chez les personnes présentant des symptômes. Aucune mise à l’abri préventive n’a été décidée. Selon Antoine Nehr, coordinateur de l’association Utopia 56 à Calais, la police empêchait ce matin les personnes vivant sur le camp d’en sortir, et certains bénévoles d’y entrer.

Chasse aux migrant.e.s : mort d’une enfant

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Communiqué de Presse du 21 mai : « Une nouvelle fois la frontière a tué. Elle a déjà tué, trop souvent. Elle tuera encore si rien n’est fait. »

Mawda, une petite fille kurde de deux ans a été tuée par balle par un policier belge  le jeudi 17 mai 2018, à Mons en Belgique, après une course-poursuite sur l’E42. La petite Mawda est morte seule dans l’ambulance, alors que ses parents ont été empêchés de monter avec elle. 

Suite à l’annonce de sa mort, une manifestation spontanée a eu lieu le jour-même vers midi sur l’A16 à hauteur de Grande-Synthe, en France, où vivait la famille de Mawda. Le 18 mai, une manifestation a eu lieu à Bruxelles pour dénoncer les politiques migratoires meurtrières; ainsi qu’un rassemblement à Mons, en Belgique. Le 21 mai, des associations intervenant dans les Hauts de France ont publié un communiqué de presse.

En termes de politique de chasse aux migrant.e.s, et à une autre de nos frontières, ce drame n’est pas sans rappeler celui de B., jeune femme nigérianne de 21 ans, dont le corps a été retrouvé dans la Durance, dans les Hautes-Alpes, à côté de Briançon le 9 mai 2018. « B. est morte parce que la frontière ne peut pas être traversée en sécurité par les personnes sans papiers. B. n’est pas morte à cause de la montagne, par erreur, elle n’est pas morte dans la neige cet hiver. Elle est morte parce qu’elle était en train d’essayer d’échapper à la police, qui s’adonne de façon toujours plus violente à la chasse aux migrant·e·s. » Chronique d’une mort annoncée

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La petite Mawda est la 6e personne connue morte à la frontière britannique depuis janvier 2018.

Sont morts également cette année à cause de la frontière britannique et de ceux qui la tiennent:

Le mercredi 28 mars, : Un jeune mineur érythréen de 16 ans, transféré à l’hôpital de Lille après avoir été renversé sur la rocade portuaire le vendredi 23 mars 2018.

Le 21 mars 2018 : M., un jeune homme de 22 ans, coincé entre deux containers au port de Zeebruges, en Belgique.

Le 17 mars 2018 : Un jeune homme afghan de 25 ans, poignardé à Calais.

Le 30 janvier 2018 :  Mohamed Ahmed, venu d’Oromia, percuté sur la E40 près de Jabbeke en Belgique alors que la police le pourchassait.

Le 8 janvier 2018 : S., un jeune érythréen, percuté sur la voie rapide à côté de Marck, dans le Pas-de-Calais.

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« Une nouvelle fois la frontière a tué. Elle a déjà tué, trop souvent. Elle tuera encore si rien n’est fait. »

C’est la loi de la chasse aux migrant.e.s

 

Encore un mort de la frontière.

Un jeune mineur érythréen de 16 ans est décédé hier matin, le mercredi 28 mars, à l’hôpital de Lille où il avait été transféré après avoir été renversé sur la rocade portuaire le vendredi 23 mars 2018.

C’est le cinquième mort connu à la frontière britannique en 2018.

Un rassemblement de solidarité a lieu aujourd’hui à 18h30 à Calais, comme après chaque décès.

 

Sont morts également cette année à cause de la frontière britannique:

Le 21 mars 2018 : M., un jeune homme de 22 ans, coincé entre deux containers au port de Zeebruges, en Belgique.

Le 17 mars 2018 : Un jeune homme afghan de 25 ans, poignardé à Calais.

Le 30 janvier 2018 : A., venu d’Oromia, percuté sur la E40 près de Jabbeke en Belgique alors que la police le pourchassait.

Le 8 janvier 2018 : S., un jeune érythréen, percuté sur la voie rapide à côté de Marck, dans le Pas-de-Calais.

Encore un mort – Nos frontières tuent.

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M., un jeune homme de 22 ans est mort, coincé entre deux containers, dans la nuit du 21 au 22 mars 2018, au port de Zeebruges, en Belgique, alors qu’il essayait de rejoindre l’Angleterre.

C’est la 4ème personne morte à la frontière britannique en 2018.

Comme l’impression de répéter cette phrase, encore et encore, « Ce n’est pas un compte, c’est à chaque fois une personne qui est morte. ».

 

Sont morts également cette année à la frontière avec l’Angleterre:

Le 17 mars 2018 : Un jeune homme afghan de 25 ans, poignardé à Calais.

Le 30 janvier 2018 : A., venu d’Oromia, percuté sur la E40 près de Jabbeke en Belgique alors que la police le pourchassait.

Le 8 janvier 2018 : S., un jeune érythréen, percuté sur la voie rapide à côté de Marck, dans le Pas-de-Calais.

Un mort à Calais

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Un jeune homme afghan de 25 ans est mort poignardé samedi 17 mars  à Calais, près de l’hôpital.

C’est la 3ème personne morte à la frontière britannique en 2018.

 

A la frontière sont également morts depuis janvier 2018 :

Le 30 janvier 2018: A., venu d’Oromia, percuté sur la E40 près de Jabbeke en Belgique alors que la police le pourchassait.

Le 8 janvier 2018: S., un jeune érythréen, percuté sur la voie rapide à côté de Marck, dans le Pas-de-Calais.

 

 

 

 

Expulsions vers le Soudan: quand le préfet y repense

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Libres.
I. , enfermé au centre de rétention de Coquelles, à coté de Calais, depuis le 9 janvier dernier, et M., déjà déporté depuis les Pays Bas pour être enfermé à Metz, ne risquent plus une déportation imminente vers le Soudan.

Tous les deux sont passé face a l’ambassade  pour qu’ils délivrent le laissez passer nécessaire à leur expulsion; M. le 14 fevrier et I. juste avant hier, peu avant la fin de sa rétention, la durée maximale étant de 45 jours.

Normalement dernière étape avant l’avion, cette fois ci la préfecture (tous les deux, du Pas de Calais et de la Moselle) y a repensé. Les préfets sont les personne a l’origine (ou mieux, les signataires) des OQTF destination Soudan qui avaient entraîné les mesures pratique pour leur déportation.
I. et M.  ont été libéré aujourd’hui, suite a un « re-examen de la situation administrative », une décision préfectorale.

Merci à tous ce-lles-ux qui ont répondu à l’appel des derniers articles en écrivant aux préfets.

Un peu d’espoir, et un encouragement à continuer à se mobiliser et soutenir les personnes même dans les impasses les plus profondes de cette république.
Un souhait, que plus que revenir sur des décisions, en laissant les personnes en rétention courant un risque constant entre temps, les mesure d’éloignement des étrangers ne soient pas données sans réfléchir, de façon quasi-systématique.

 

Projet de réforme de l’asile et de l’immigration: non, merci.

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Ici, ici, et ici, quelques alarmantes circulaires du gouvernement qu’on a pu voir passer le mois dernier, visant clairement à augmenter et faciliter encore plus la chasse aux exile.s et leur enfermement et expulsion.

« Ce qui vaut pour Calais vaut également pour la montagne, la mer, ou encore au cœur des villes et des villages où les forces de l’ordre sont encouragées à interpeller, garder à vue les citoyens décidés à pallier les insuffisances des services de l’Etat. Le déni et le mensonge des pouvoirs publics le disputent aujourd’hui à la violence de la police et de la gendarmerie. »
Mais c’est pas fini: se concrétise de plus en plus la proposition d’une future loi réformant le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda).

De nombreux et différents collectifs se mobilisent contre ce projet, avec des grèves en Ile-De-France (par plusieurs travailleur.se.s sans papier, à la CNDA, depuis aujourd’hui le 15 février aussi à l’OFPRA) , une manifestation à Caen ce week end  , et de nombreux communiqués à ce sujet.

Déjà dénoncée par des associations telle que MSF, la Cimade et le Gisti expriment leur refus du nouveau projet de loi que doit être présentée en Conseil des ministres le 21 fevrier prochaine.
Voici aussi l’ analyse par la CFDA,  » D’une réforme à l’autre : l’asile en danger  »

Dans ce projet, entre autres, « une logique comptable de l’asile qui fait primer le raccourcissement des délais de jugement sur la qualité de l’instruction des demandes et des décisions rendues » et l’augmentation de la durée maximale d’enfermement.
Aujourd’hui, voici les données sur l’enfermement en rétention administrative.
Aujourd’hui, que l’on sache, il y a 3 mineurs privés de liberté à Roissy. Ceci étant tant tout à fait illégal.
Aujourd’hui, que l’on sache, il y a deux personnes enfermées avec risque de déportation vers le Soudan, aux CRA de Coquelles et de Metz.

Projet de réforme de l’asile et de l’immigration: non, merci. Pas comme ça.

 

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Don’t send Afghans back

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Ce week-end, les 17 et 18 Février, des manifestations auront lieu dans plusieurs grandes villes européennes contre les déportations des demandeurs d’asile depuis l’Europe vers l’Afghanistan.

« La proportion des demandes d’asiles accordées aux Afghans dans l’Union Européenne diffère grandement selon les différents États membres. Certains pays ne protégeront quasiment personne (la Hongrie n’accepte qu’un scandaleux 7.4% des demandes d’asile des Afghans), d’autres font un peu mieux. Mais les pays européens se montrent réticents à protéger les Afghans, l’Union Européenne faisant pression sur l’Afghanistan pour qu’il reprennent ses ressortissants, sous la menace de couper les aides financières.

Les histoires des Afghans déportés n’atteindront probablement jamais nos médias nationaux, mais de nombreuses associations de défense des droits humains ont reporté de nombreux assassinats de personnes expulsées une fois rentrées ‘à la maison’. Même aujourd’hui, alors qu’il est établi que ces personnes sont en danger, nos gouvernements continuent de renvoyer de force des personnes à la recherche de protection en Europe. 3260 personnes ont été renvoyées en 2015. En 2016 le chiffre a presque triplé : 9460 personnes ayant été déportées. »

Malgré la situation extrêmement instable, les gouvernements européens rejettent de plus en plus les demandes d’asile des réfugiés afghans et continuent de déporter ces personnes vers l’Afghanistan.

L’accord de réadmission conclu le 5 octobre 2016 entre l’Afghanistan et l’union européenne (voir ici et ) avait pour but de systématiser et faciliter les déportations vers l’Afghanistan.

La France ne déportait plus les personnes directement vers l’Afghanistan depuis 2009 – bien qu’elle effectuait des expulsions vers des pays secondaires notamment là où les empreintes ont été enregistrées, s’en est suivi des déportations vers l’Afghanistan depuis ces pays, comme vous pouvez le lire ici.

La France a repris les déportations vers l’Afghanistan en 2017.

Ici la liste des manifs prévues pour les 17-18 Février dans différentes villes européennes.

Ici l’événement Facebook pour Bruxelles.

 

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