JUILLET 2023 A CALAIS

LA FRONTIÈRE A ENCORE TUÉ

Le 4 juillet, Yahya, un jeune homme soudanais est décédé à Calais sur l’autoroute A16 en tombant d’un camion sur lequel il tentait le passage. Un rassemblement a eu lieu le lendemain pour lui rendre hommage et pour dénoncer les politiques migratoires mortifères.

RÉVOLTE AU CRA

Les révoltes des personnes enfermées se multiplient dans la prison pour sans-papiers ces dernières semaines. Un des blocs a été fortement endommagé le rendant inutilisable pendant plusieurs jours avec notamment la destruction des caméras de surveillance. Période pendant laquelle les flics avaient moins de places pour faire leurs basses besognes. Des expulsions ont d’ailleurs réussi à être évitées en résistant une fois dans l’avion comme en témoigne cet article sur le blog de Calais Migrant Solidarity. https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2023/07/26/cra-de-coquelles-violences-policieres-tentatives-de-suicides-et-resistance-aux-expulsion/

Ces résistances sont efficaces mais pas sans conséquences : plusieurs personnes ont été violentées par les keufs et/ou sont maintenant menacées de poursuites (GAV, convocations, …).

Solidarité avec les prisonnier.es et les sans-papiers !

REFUGEES WELCOME, TOURISTS GO HOME !

La frontière franco-britannique a refait parler d’elle le 18 juillet le temps d’une photo sur la Une d’un journal local. Sur une plage de Boulogne, on voit à l’arrière-plan des dizaines de personnes exilées s’entasser sur un bateau de fortune pour tenter leur chance vers le Royaume-Uni. Comme souvent, il n’y avait pas de place pour tout le monde et une famille a dû renoncer à prendre la mer. Au 1er plan, une famille de touristes jouent avec leurs enfants sur un petit bateau gonflable… Les années passent et le drame continue.

NOUVELLE LOI BRITANNIQUE SUR l’IMMIGRATION et BATEAU-PRISON

Coup de massue pour les personnes exilées qui tentent leur chance pour arriver en UK. Une nouvelle loi datant du 18/07 prévoit d’empêcher les personnes arrivées « illégalement » en UK de demander l’asile dans le pays. Même l’ONU s’en offusque ! Ce charmant gouvernement britannique souhaite des expulsions rapides vers les pays d’origine ou vers le Rwanda. Au même moment, une péniche appelée « floatel » (hôtel qui flotte) pouvant retenir 500 demandeurs d’asile est arrivée dans le port de Portland.

Enfermer sur un bateau-prison des personnes dont beaucoup ont vécu des expériences traumatiques en mer au cours de leur exil, quel cynisme !

CALAIS À LA POINTE DU BARBELÉ !

A Calais, l’accueil des personnes exilées continue à être une priorité : toujours plus de grillages (plus de 70 km), de murs, de douves, de dispositifs de surveillance, de blocs de béton, de rochers (plus de 1500), de ponts grillagés, …

L’espace calaisien est « carcéralisé » et on va toujours plus loin dans l’absurde.

JUIN 2023 A CALAIS

PRIVATISATION DES SECOURS EN MER

Médiapart a révélé que l’état français a passé un marché avec la société privée SeaOwl pour lui sous-traiter des missions de secours en mer dans la Manche. L’enquête souligne notamment l’absence de formation des équipages et l’utilisation de bateaux inadaptés aux sauvetages… Comme dans bien d’autres domaines, l’état abandonne ses missions au profit d’entreprises privées et au péril de vies humaines.

COMMEMORATIONS

Le 1er juin, un rassemblement a eu lieu au parc Richelieu pour rendre hommage à Sami, un jeune soudanais décédé la veille en tentant le passage sur la zone Transmarck.

Le 21 juin, un hommage a été rendu aux très nombreuses victimes du bateau qui a coulé au large de la Grèce le 14 juin. 

MANIF REFORME DES RETRAITES

Le 6 juin, malgré l’obstination du gouvernement à maintenir son impopulaire réforme des retraites, des milliers de personnes ont encore battu le pavé à Calais, pour la 14ème fois depuis le début du mouvement en janvier.

ABOLISH FRONTEX

Suite à l’appel d’Abolish Frontex à faire des actions décentralisées à l’occasion de la journée internationale des réfugié.e.s le 20 juin, des collages ont fait leur apparition à plusieurs endroits de la ville.

PRIDE

La toute première marche des fiertés de Calais a réuni plus de 500 personnes : la  marche festive et revendicative a été rythmée par des prises de parole, de la musique, des percussions et des slogans déters.

LES SOULEVEMENTS DE LA TERRE

Comme dans beaucoup de villes, un rassemblement contre la dissolution et la criminalisation du mouvement a eu lieu le 28/06 à Calais devant la sous-préfecture. Les personnes présentes ont également partagé leur effroi suite à l’exécution de Nahel et protesté contre les violences policières.

BEAU-MARAIS

Les nuits qui ont suivi la mort de Nahel ont été agitées au Beau-Marais. La révolte gronde.

MAI 2023 A CALAIS

CRA

Le 3 mai, un parloir sauvage s’est organisé à la demande de la famille d’un prisonnier. Le jeune homme égyptien marié à une calaisienne avait refusé de monter dans l’avion quelques jours plus tôt et s’attendait à être expulsé à tout moment avec un nouveau vol sous escorte cette fois. Les slogans et les cris ont fusé et les flics étaient tellement occupés à filmer les soutiens que cinq personnes enfermées ont pu tenter de s’échapper. Une personne a réussi à sortir de l’enceinte du CRA mais a vite été stoppée dans sa course. 4 personnes vont passer au tribunal.

Le 17 mai, le collectif de soutien aux personnes retenues au CRA a organisé une soirée de lancement du collectif. Au programme il y avait : projection d’un docu sur les CRA, présentation du collectif et discussions autour des différentes manières de soutenir les personnes emprisonnées. Des inquiétudes et de la colère au sujet de l’annonce de la construction d’un nouveau CRA ont été partagées.

LA FRONTIERE TUE

Le 10 mai, un jeune soudanais a été percuté par un poids lourd sur la rocade à Calais. Comme à chaque annonce d’un décès, un rassemblement a eu lieu le lendemain devant le parc Richelieu. 150 personnes se sont réunies autour d’une banderole listant les noms des 367 personnes décédées à la frontière franco-belgo-britannique depuis 1999 afin de rendre hommage à Ahmed et aussi dénoncer ce régime qui continue de tuer inlassablement.

CHANNEL

Le Channel (scène nationale située sur d’anciens abattoirs) est l’une des cibles privilégiées de la mairie depuis des années. La municipalité attaque l’indépendance de son projet artistique en lui coupant toujours davantage les subventions.

Le 6 mai, le Channel a proposé une soirée de soutien (« le 6 mai on s’y met ») qui a commencé fort avec un clou géant enfoncé au milieu d’un immense panneau sur lequel on peut lire : « ici on enfonce le clou dans la maison témoin de la libre circulation des êtres et des idées ».

EXPULSIONS EN SERIE

En plus des expulsions « habituelles » toutes les 24 à 48 h à Calais, le 4 mai, à Mardick une énième expulsion d’un camp où survivaient 300 personnes a eu lieu. Plus de 200 gendarmes, policiers et CRS ont été mobilisés. Un rassemblement s’est tenu pour dénoncer le harcèlement subi par les personnes exilées. La semaine suivante, c’est le campement appelé BMX qui a dû laisser la place au « Challenge France BMX ».

MACRON

Le 12 mai à Dunkerque, des centaines de personnes ont fait comprendre à Macron et plusieurs de ses ministres (Darmanin, Le Maire,  Pannier-Runacher…) qu’iels ne sont pas les bienvenu.es dans le coin. Des casserolades, une coupure d’électricité et une manif sauvage ont eu lieu tout au long de la journée, malgré un dispositif policier disproportionné (1500 flics mobilisé.es), des blessures et des arrestations.

AVRIL 2023 A CALAIS

VIOLENCES POLICIERES

L’IGPN et la DDD ont été saisies 3 fois ces 3 derniers mois par une association de terrain pour des tirs de lacrymos en direction d’un petit bateau qui s’apprêtait à partir, pour la mise à feu d’une embarcation avec un briquet et pour intimidation de bénévoles en camion en les pointant avec des armes à feu. La préfecture dénonce sans honte des propos diffamatoires.

Comme partout dans le pays, il y a eu une répression très forte lors des manifestations intersyndicales (main cassée par un coup de tonfa, œil au beurre noir,…).

WELCOME

Le durcissement des contrôles sur terre, la militarisation ++, les enrochements empêchant l’installation poussent les personnes exilées droit vers la mer.

Côté français, la préfecture propose en avril 40 postes de gardes-frontières dont 36 à Calais à la PAF. Un petit CV, une carte d’identité, 15 minutes d’entretien et hop on peut jouer au keuf !!!

Côté anglais, la ministre de l’Intérieur a relancé la menace du renvoi au Rwanda et a annoncé que les personnes exilées arrivées par la mer seraient hébergées sur des sites militaires désaffectés ou possiblement sur des bateaux ….

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Ni mieux ni pire. La maison abrite toujours autant de personnes. Les caméras et la ligne d’appel mises en place par la mairie sont toujours fonctionnelles. Enedis n’a toujours pas raccordé la maison à l’électricité. Les keufs sont encore stationnés devant mais semblent espacer un peu leur présence.

CASSEROLADES ET MANIF DES LYCEENS

Au début de mois, les lycéen.ne.s ont bloqué les différents lycées de la ville un par un puis sont partis à chaque fois en manifs sauvages pour bloquer des ronds-points.

Les appels à casserolade ont eux aussi été bien suivis à Calais. Les dispositifs policiers étaient disproportionnés.

LES CALAIRIQUES

Une rencontre de 9 chorales militantes a eu lieu du 7 au 10 avril à Calais. Iels ont chanté, discuté des luttes et invité des calaisien.nes à certains ateliers. La cantine ras-le-bol a régalé les 90 chanteur.euses tout le week-end. Le dimanche, un rassemblement public a permis de restituer les chants revendicatifs. Tout le groupe s’est ensuite rendu sur le champ de rochers du centre-ville pour continuer à chanter. Certaines personnes ont instinctivement déplacé quelques rochers pour libérer des espaces.

MARS 2023 A CALAIS

CALAIS CŒUR DE PIERRE

Le 1er mars, de très nombreux rochers ont été déposés quai de Gironde pour empêcher l’installation des personnes exilées vivant en centre-ville. Une folie à 70000 euros.

En réaction, le 8 mars, une soixantaine de personnes se sont réunies pour protester contre cette politique d’enrochement. Une banderole « Calais cœur de pierre » a été accrochée et un goûter avec quelques prises de parole a été organisé. Collectivement, des militant.e.s, bénévoles, citoyen.nes ont déplacé symboliquement quelques dizaines de rochers pour dégager le passage vers l’unique banc qui a survécu au milieu du champ de pierres. Quelques rochers de petite taille ont été retournés à l’envoyeur en haut des marches de l’entrée principale de la mairie bien protégée par la BAC.

SOMMET FRANCO-BRITANNIQUE

Le sommet franco-britannique du 10 mars a annoncé de nouvelles mesures de renforcement de la frontière. 541 millions d’euros d’ici 2026 pour un nouveau centre de rétention,  500 flics supplémentaires, des drones, des hélicoptères, ….

Ces annonces d’ultra militarisation de la frontière vont avoir comme conséquence de rendre toujours plus dangereuses les traversées. C’est aussi un business juteux au détriment des êtres humains.

Les caméras « anti-passeurs » de Sangatte ont été installées.

DETRUISONS LES FRONTIERES, PAS LES RETRAITES

C’est avec ce slogan qu’un cortège de militant.es a appelé à la convergence entre le mouvement contre la réforme des retraites de Borne et celui contre la loi immigration de Darmanin. La banderole a été très remarquée et a soulevé des échanges sur la « marchandisation » des êtres humains.

RASSEMBLEMENT CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES

En réponse à l’appel à se rassembler le 30 mars devant les préfectures du pays pour soutenir les manifestant.es blessé.es à Ste-Soline et dénoncer les violences policières, à peu près 200 personnes se sont réunies. Après quelques prises de parole et de nombreux chants, le groupe s’est dirigé vers le commissariat pour y crier sa colère.

CANTINE

Super nouvelle ! Une cantine nommée « ras-le-bol » a vu le jour à Calais. Il est possible de joindre l’équipe à l’adresse mail : ras-le-bol@riseup.net

FEVRIER 2023 A CALAIS

COMMEMOR’ACTION

En lien avec l’appel mondial du 6 février à faire des commémor’Actions décentralisées s’est organisé un week-end intense à Calais : atelier banderoles, plénière, collage, projection, cantine, workshop et manifestation revendicative et bruyante le dimanche. Pour terminer le week-end, une trentaine de personnes déterminées se sont rendues au CRA de Coquelles pour faire un parloir sauvage mais la répression a été immédiate.

Le 16 février, un homme d’origine kurde est décédé suite à une blessure sur le camp de Mardyck. Un rassemblement a eu lieu sur le Parvis des Droits de l’Homme à Dunkerque.

COLLECTIF ANTI-CRA

Un nouveau collectif a vu le jour en soutien aux personnes détenu.e.s au CRA de Coquelles et pour l’abolition des lieux de privation de liberté. Le but est de visibiliser la violence de l’enfermement administratif en la documentant et en diffusant la parole des personnes emprisonnées. Un atelier sur « les droits face à la police et l’organisation contre l’enfermement administratif » s’organise à destination des personnes racisées et sans papier.

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Chantier : Suite à la commémor’Action, une quinzaine de militant.e.s sont venues faire des travaux de plomberie (douche, toilettes) et d’électricité (Un petit système électrique sur batteries a été installé pour compenser le refus de raccordement d’ENEDIS. Désormais il y a de la lumière et la charge de téléphone est possible régulièrement.)

Plainte contre Bouchart : Suite à un tract diffusé par la maire de Calais au voisinage du squat qui annonçait que les habitants n’étaient pas expulsables, une plainte a été déposée pour discrédit de décision de justice et diffusion de fausse nouvelle. Elle annonçait également la mise en place des caméras de surveillance, l’installation d’un fourgon de police 24h/24 et la mise en place d’une ligne téléphonique spéciale en lien avec la police municipale et le service juridique de la mairie pour faciliter les dépôts de plaintes.

SACREE MORANO !

Le 21 /02, une délégation de députés européens majoritairement de droite et d’extrême droite était présente à Calais. A la sortie de la dernière réunion, une poignée de militant.e.s les attendaient et Nadine Morano leur a montré verbalement et physiquement toute son agressivité et sa condescendance.

JANVIER 2023 A CALAIS

CRA

Le 22 janvier, une bonne vingtaine de militant.es se sont réuni.es derrière le Centre de Rétention de Coquelles pour crier leur soutien aux personnes enfermées. Malgré les grillages et la distance, les slogans contre les frontières et les expulsions ont été entendus et bien accueillis. L’action a été courte puisqu’un gros pick-up de pafeux puis 5 fourgons sont arrivés pour les déloger à coup de lacrymo. Le CRA de Coquelles (104 places) situé au beau milieu d’une zone commerciale à côté d’un escape game (Prison Island) tourne à plein régime.

SQUAT FREDERIC SAUVAGE  

L’équipe de soutien qui gravite autour du squat s’agrandit et c’est une bonne nouvelle pour le chantier à venir (travaux de plomberie). Malgré le refus de la mairie de collecter les déchets et de raccorder à l’électricité, la vie continue de manière relativement paisible dans la maison.

DECES

Le 3 janvier, un jeune soudanais a été percuté par un train rue de Judée (à proximité d’un lieu de survie) sous les yeux de ses compagnons de route et de bénévoles présent.es pour une distribution. Un rassemblement a eu lieu le lendemain.

LEGAL TEAM

Création d’une nouvelle legal team. Le CCAJ (Collectif Calaisien d’Autodéfense Juridique) s’organise, il est déjà bien sollicité.

BOULANGERIE

Un super collectif de boulanger.es est venu à Calais quelques semaines pour faire du pain avec un four mobile afin qu’il soit distribué gratuitement aux personnes exilées et précaires.

VOL ORDINAIRE

Une cuve d’eau à proximité d’un campement a mystérieusement disparu.

– Suspects : la police et la mairie 

– Indices : Des gros rochers ont remplacé la cuve et bloquent le passage aux camions qui assurent des distributions.

EXPULSION

Le 3 janvier, ne laissant aucun répit aux personnes exilées, la mairie de Calais a demandé qu’une expulsion avec « mise à l’abri » soit autorisée par le Tribunal administratif de Lille sur l’un des principaux lieux de survie en centre-ville.

DECEMBRE 2022 A CALAIS

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Malgré la présence des caméras qui sont actives depuis la mi-décembre, la présence des CRS devant la maison et le refus de la mairie de donner des poubelles et de ramasser les déchets, la vie continue au squat et un prochain chantier s’organise.

ENEDIS n’est toujours pas passé pour raccorder la maison, une mise en demeure a été envoyée.

NAUFRAGE

Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2022, au moins 4 personnes sont décédées lors du naufrage d’une embarcation à mi-chemin entre la France et l’Angleterre. 4 autres personnes sont portées disparues. Ce nouveau drame est la conséquence directe de la militarisation à outrance à la frontière. Le lendemain, une commémorAction emplie de colère a eu lieu à Calais.

ACTION DIRECTE ET SYMBOLIQUE

Le 18 décembre, journée internationale des migrant.e.s, une action de blocage a été menée à Calais pour dénoncer les expulsions quotidiennes des lieux de survie. Une trentaine de citoyen.ne.s ont fait une chaine humaine autour des « clean truck » devant le commissariat. Ces camions dont la mission est de voler les tentes et les affaires des personnes exilées sont nécessaires aux opérations d’expulsions. Malgré les pneus dégonflés et la banderole brandie sur le toit du camion, il n’y a pas eu de répression. L’expulsion a été exceptionnellement annulée.

Entre l’hiver, les tempêtes, les expulsions quotidiennes, les refus du 115 et la décision de la Haute Cour de Londres qui a validé le projet d’externalisation de la demande d’asile vers le Rwanda, le moral est bas et les inquiétudes grandissantes.

NOVEMBRE 2022 A CALAIS

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Depuis la décision du juge repoussant une éventuelle expulsion à plus de 3 ans, le climat est tendu autour du squat. Certains voisins sont menaçants et agressifs. Ils sont soutenus par le Rassemblement National qui poste quasi quotidiennement des photos, vidéos, rumeurs sur leurs réseaux sociaux. La Mairie de Calais a également tracté dans toutes les boites aux lettres alentour, a installé une caméra reliée à la police municipale et a mis en place une ligne directe pour les voisins souhaitant témoigner des désagréments liés au squat. Depuis le 23 novembre et sur réquisition du Procureur, un car de CRS est stationné 24h/24 devant la maison et contrôle et verbalise tant que possible les soutiens.

Plusieurs mains courantes ont été déposées par les habitant.e.s de la maison. Un appel à participation à un chantier a mobilisé des nouvelles énergies. Le but étant d’améliorer le confort et de créer des espaces d’échanges et de décisions collectives. Y a du taff, n’hésitez pas à venir !

COMMEMORACTION SUITE AU NAUFRAGE DU 21 NOVEMBRE 2021

Le 24 novembre 2022, une marche de commémoration a eu lieu à Dunkerque pour rendre hommage aux 31 personnes décédées (27 corps retrouvés et 4 disparus) il y a un an en tentant de rejoindre l’Angleterre. Des rassemblements ont également eu lieu à Paris, Boulogne, Béthune et au UK. Ce furent des moments forts, dignes et solennels. Les récents articles du journal Le Monde ont dévoilé l’inconcevable : les secours ne sont pas intervenus malgré les nombreux appels de détresse et l’envoi de la localisation des personnes décédées.

SITUATION DES PERSONNES EXILEES EN CENTRE-VILLE

Le centre de Calais est très habité et les personnes vivent dans une grande précarité du fait d’expulsions quasi-quotidiennes, de la confiscation massive du matériel par la police et, comme partout ailleurs, de l’hiver. Beaucoup de personnes ont été emmenées au CRA de Coquelles. Les personnes sont à cran.

ACCORD UK – France

Le 14 novembre, un nouvel accord avec le Royaume-Uni accorde 72,2 millions d’euros en 2022/2023 à la France pour le contrôle de la frontière! Les effectifs pour lutter contre les traversées sont passées de 800 à 900 sur le littoral.

Une cinquantaine de soutiens entravent de nouveau l’expulsion du campement rue du Beau Marais à Calais

Ce dimanche 7 octobre associatifs et calaisien.ne.s se sont de nouveau regroupés au campement rue du Beau Marais pour empêcher son expulsion et dénoncer, par une action non-violente, l’illégalité et l’inefficacité des expulsions quotidiennes menées malgré la trêve hivernale et sans dispositif de mise à l’abri.

Le collectif Faim aux Frontières, a de nouveau formé un chaine humaine pour empêcher l’expulsion et le vol des affaires, mais la police a cette fois fait usage de la force, forçant le passage sans sommations, faisant usage de gaz lacrymogène.
Le groupe s’est alors retrouvé nassé, observant de loin la police qui a procédé à l’évacuation du campement. Les soutiens sont restés pour observer tout en dénonçant l’illégalité, l’indignité et l’absurdité de cette pratique : la police force les personnes à se déplacer avec leurs affaires, qu’elles transportent dans des sacs poubelles, se déplaçant à quelques centaines de mètres seulement, avant de retourner dans le bois.

Selon les forces de l’ordre, l’opération est donc accomplie une fois que les habitants se placent hors de la zone qu’elles ont délimité. Pourtant les habitants se ré-installent immédiatement. Aucune mise à l’abri n’a été proposée. 

Depuis trois jours les personnes vivant sur ce terrain ont été privées des distributions de nourritures de l’Etat.

Nous continuons de soutenir les demandes des grévistes de la faim, qui n’ont pas mangé depuis 28 jours :
nous demandons la trêve hivernale, une trêve dans l’inhumanité de ce harcèlement pour apaiser la situation et envisager des solutions. Nous appelons calaisien.ne.s, personnes extérieures, journalistes, photographes, associatifs, à venir nous soutenir par leur présence physique et leurs relais médiatiques dans nos actions.