Accès légal d’enfants exilés au territoire britannique : pétition

Étiquettes

, , , , ,

Tout est en place pour des mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s arrivé-e-s en Europe, notamment dans les campements de Calais et de la frontière britannique, puissent être accueilli-e-s légalement au Royaume-uni : l’amendement proposé par lord Dubs qui prévoyait cette possibilité a été adopté, des communes et des familles sont prêtes à les accueillir, le tissu associatif est mobilisé (voir ici et ).

Et depuis trois mois il ne se passe rien : le gouvernement britannique bloque la mise en œuvre de cette mesure.

La mobilisation reste forte malgré l’été. Une pétition vient d’être mise en ligne :

https://secure.avaaz.org/en/child_refugees_to_school_30/

Voici le texte de la pétition :

« Au premier ministre – sauvez les enfants de Calais d’un « enfer vivant » :

Le gouvernement a promis d’aider les milliers d’enfants réfugiés non-accompagnés en Europe. 300 sont bloqués à Calais, espérant rejoindre leur famille ici et commencer l’école, mais ils ont été laissés à eux-mêmes. Vous parliez de justice sociale quand vous êtes entré à Downing Street. Avec la nouvelle année scolaire qui commence dans quelques semaines, vous pouvez montrer que vous le pensiez. Sauvez les enfants de Calais de cet « enfer vivant » à temps pour la rentrée. »

« Des centaines d’enfants terrifiés sont piégés dans un camp de réfugiés à Calais dont un juge a dit qu’il était « un enfer vivant » – et notre gouvernement rompt sa promesse de les amener au Royaume-uni pour être réunis avec leurs familles !

J’ai été autrefois un enfant réfugié, fuyant les nazis, et la Grande-Bretagne m’a accueilli et m’a sauvé la vie. Ainsi, quand j’entends que des milliers que des milliers d’enfants réfugiés non-accompagnés ont disparu à travers l’Europe, et que je lis des rapports parlementaires accablants qui marquent l’échec de notre gouvernement à remplir ses obligations à l’égard des enfants réfugiés, c’est une affaire personnelle.

En ce moment même, 300 enfants dont les familles sont en Grande-Bretagne sont piégés dans « la misère, le dénuement et le désespoir » à Calais parce que le gouvernement traîne des pieds. C’est impardonnable, mais si nous construisons une énorme pression publique nous pouvons obtenir que ces enfants effrayés trouvent la sécurité en Grande-Bretagne, à temps pour la rentrée scolaire ! Signez maintenant pour aider à réunir les enfants perdus avec leurs familles au Royaume-uni !

Lord Alfred Dubs, un enfant réfugié sauvé par le Royaume-uni en 1938 »

 

20578_BoyClais_1_460x230

 

Restaurants du bidonville : témoignage

Étiquettes

, , ,

Cent quatre-vingt-quinze témoignages écrits ont été rédigés, par des habitant-e-s, des bénévoles, des personnes de passage, à propos des magasins et des restaurants du bidonville à l’occasion du procès devant le tribunal administratif de Lille suite à la demande de la préfecture de pouvoir les détruire (voir ici, ici et ). Des textes souvent courts, images du quotidien du bidonville. Un nombre qui montre leur importance dans la vie de celui-ci.

Un témoignage parmi d’autres, de bénévole :

« J’ai pu constater que des magasins se sont déjà créés dans le passé dans des campements éloignés du centre-ville et qui ont duré suffisamment longtemps pour s’organiser, parfois aussi des salons de thé ou des restaurants. C’était le cas du campement des Afghans en 2009, ou de ceux de Tioxide et du Bois Dubrûles en 2015, avant qu’ils soient évacués et leurs habitants regroupés sur le site actuel.

Là, des échoppes et des restaurants se sont créés pratiquement dès le début, en avril 2015. Leur nombre a augmenté avec l’augmentation de la population.

Je suis allé à différentes reprises dans des restaurants de la partie sud du bidonville aujourd’hui disparue ou de la partie nord, avec des Européens, bénévoles, journalistes, chercheurs, artistes. Nous pouvions y discuter en buvant un thé ou un café, ou y manger à l’heure du repas.

J’ai pu constater que chaque restaurant était aménagé avec autant de soin qu’il est possible dans ces conditions précaires, et avait sa personnalité. Ils se rapprochaient autant que je puisse en juger de ceux existant dans le pays d’origine des personnes y travaillant, apportant aux personnes qui les fréquentaient une certaine normalité dans des conditions de vie destructurantes. Ils étaient fréquentés par des habitants du bidonville de toutes origines et par des Européens, qui s’y retrouvaient pour discuter, passer un moment, prendre une boisson chaude, recharger leur téléphone. La quasi totalité ne servaient pas de boissons alcoolisées. J’ai trouvé la nourriture généralement excellente.

J’ai passé une partie du Réveillon 2015-2016 dans un bar de la partie sud avec des amis européens et syriens, avant que nous allions rendre visite à des amis soudanais.

Les personnes que j’ai connues qui travaillaient dans des magasins ou des restaurants étaient à Calais depuis longtemps. C’était pour elles un moyen d’avoir une activité et un petit revenu sans travailler pour des passeurs.

J’ai plus particulièrement fréquenté le restaurant où travaillait un ami qui n’est plus à Calais maintenant. J’y ai mangé plusieurs fois avec des amis européens. La nourriture était très bonne et l’accueil chaleureux. Des gens venaient aussi là simplement pour passer un moment, recharger leur portable sans consommer, écouter de la musique ou regarder un match de foot ou de cricket.

La disparition de ces lieux affecterait profondément et précariserait la vie sociale dans le bidonville. »

 

Bidonville : commerces en suspens

Étiquettes

, , ,

La rue principale du bidonville vit au ralenti. Si le jugement du tribunal administratif a sauvé au moins provisoirement les échoppes de la destruction (mais la préfecture a annoncé qu’elle faisait appel du jugement), les descentes de police pour s’assurer de leur fermeture continuent (voir ici, ici, ici et ).

Sur le seuil de son restaurant désert, un ami nous invite à nous arrêter boire un thé. En passant, il nous montre le groupe électrogène arrêté et nous explique. Avant, avec le restaurant, il gagnait un peu d’argent, de quoi acheter les denrées, envoyer un peu à sa famille, acheter l’essence pour le groupe électrogène. Maintenant, les gens continuent à venir le voir pour recharger leur téléphone, mais il n’y a plus d’électricité. Avec quoi pourrait-il acheter l’essence maintenant qu’il n’a plus d’activité ?

Deux jours plus tard, un peu plus loin dans la rue principale, ce sont des amis d’amis qui nous invitent à boire le thé dans la boutique où ils vivent. Là aussi, les rayonnages sont vides. Mais pendant l’après-midi que nous passons là à discuter, parfois pour dire bonjour, souvent pour demander quelque chose. Quelque chose à acheter, mais aussi qui un outil à emprunter, qui un renseignement. L’échoppe n’est pas seulement un endroit où on vendait des choses, mais aussi un lieu qui offre les ressources les plus variées.

La fermeture des commerces et restaurants du bidonville est donc une action nuisible pour toutes les personnes qui avaient avantage à leur existence, les services qu’ils rendaient allant au-delà de l’acte commercial proprement dit. Elle ne rapporte rien à l’État, elle est même coûteuse – 150 fonctionnaires de police mobilisés les premiers jours de l’opération. Elle est un manque à gagner pour les commerces calaisiens où s’approvisionnaient ceux du bidonville.

Les exilé-e-s trouveront d’autres moyens de se débrouiller, on peut avoir confiance en leur créativité, et c’est sans doute déjà le cas.

Mais un État intelligent et soucieux du bien public aurait trouvé un moyen d’accompagner cette créativité, de trouver un cadre légal à cette activité (sachant qu’un bonne part des personnes qui gèrent ces échoppes ont un titre de séjour) et de satisfaire aux normes d’hygiènes (sachant que malgré les déclarations apocalyptiques de la préfète aucun-e client-e n’est tombé-e malade).

Les exilé-e-s ne vont pas disparaître de sitôt (voir ici et ), et il est plus que temps d’adopter une démarche constructive, qui s’appuie sur la réalité et sur le potentiel des personnes et du tissu social.

 

Hannah-1chill légerDessin Hannah Kirmes-Daly.

Deux débats

Étiquettes

, , , ,

Nous avions annoncé ces deux débats, celui organisé le 9 mai 2016 par l’Université de Paris 7 Diderot, et celui organisé le 3 juin 2016 à Lille par la Cimade.

Les deux ont été filmés et peuvent être visionnés en ligne.

« La guerre des frontières – parole aux migrant(es) et réfugié(es) », 9 mai à l’Université de Paris 7 :

http://www.univ-paris-diderot.fr/Mediatheque/spip.php?article618

http://www.univ-paris-diderot.fr/Mediatheque/spip.php?article619

« Frontières européennes : défense d’entrer ? », journée organisée par la Cimade le 3 juin à Lille. Vidéos et document ici :

http://www.lacimade.org/frontieres-europeennes-defense-d-entrer-videos/

 

Mur et impuissance

Étiquettes

, , , , ,

Il serait tout de même plus honnête que les gouvernant-e-s reconnaissent n’avoir qu’une influence limitée sur les mouvements de population. Il n’est pas non plus souhaitable que l’État ait un pouvoir trop important dans ce domaine, tant le contrôle des populations est lié dans l’histoire récente au totalitarisme. En démocratie, la puissance de l’État doit avoir des limites.

En cette avant-rentrée, la réalité s’impose : malgré les violences et les destructions successives de parties entières du bidonville (voir ici et ), les exilé-e-s sont plus nombreux-ses à Calais. Après un comptage – éclair fait en une demie-journée par la police (les associations Help Refugees et l’Auberge des Migrants font leurs recensements sur trois jours et leurs bénévoles bénéficient de la confiance des exilé-e-s), la préfecture finit par le reconnaître tout en en minorant l’ampleur. La maire de Calais se positionne dans le jeu politicien en dénonçant l’impuissance du gouvernement.

Pourtant, tout le monde sait depuis quinze ans qu’elle est menée que la politique de harcèlement qui est menée est impuissante à dissuader les exilé-e-s de venir là sur leur route vers le Royaume-uni. Et tout le monde sait que les choses vont durer. La préfecture a reçu la gestion du site où se trouvent le bidonville et le camp de containers pour une durée de six ans à dater du 3 décembre 2015.

Mais plutôt que reconnaître leurs limites, et chercher une issue positive à la situation, les autorités font encore plus la même chose que ce qu’elles ont fait jusqu’à présent.

Après avoir érigé des kilomètres de clôtures métalliques et de barbelés à lames de rasoir, on va donc construire un mur le long de la rocade d’accès au port, entre la route de Gravelines et le rond-point du Beaumarais. Dans les faits, les tentatives de passage se sont déjà déplacées pour partie plus en amont sur la rocade, le mur ne fera qu’accentuer le mouvement.

Son coût serait de 2,7 millions d’euros, à-peu-près le coût du camp de réfugié-e-s de Grande-Synthe prévu au départ pour accueillir 2500 personnes en respectant les normes internationales.

Une question de choix.

 

La_cite_de_carcassonne_Figure_01

 

Bidonville : communes britanniques cherchent enfants à accueillir

Étiquettes

, , , , ,

Entre 1938 et 1940, le Royaume-uni a accueilli près de dix mille enfants juifs venus d’Allemagne et des pays occupés par le régime nazi. L’opération s’est appelée Kindertransport. L’un de ces enfants est devenu depuis membre de la Chambre des lords, la deuxième chambre du parlement britannique.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kindertransport

C’est en rappelant sa propre histoire qu’il a proposé que le Royaume-uni d’aujourd’hui accueille trois mille des enfants isolés réfugiés en errance sur le territoire européen. Le gouvernement britannique s’y est opposé et a réussi à obtenir l’abandon de tout objectif chiffré, mais « l’amendement Dubs », du nom de son promoteur, Alfred Dubs, a été adopté. Des mineur-e-s étranger-ère-s vont pouvoir rejoindre légalement le Royaume-uni à partir de la Grèce, de l’Italie et des campements d’exilé-e-s qui se trouvent en France à la frontière britannique.

http://www.bbc.com/news/uk-politics-36146116

Depuis, des collectivités locales et des familles britanniques se sont préparées à accueillir ces mineur-e-s, tandis que des enfants correspondant aux critères ont été identifiés. Et trois mois ont passé, et rien ne se passe.

Côté britannique, le gouvernement ne met pas en place les procédures pour que les mineur-e-s soient acheminé-e-s vers leurs lieux d’accueil. Côté français, l’État et le le conseil départemental ne veulent surtout sortir ces enfants de l’abandon juridique dans lequel ils les laissent.

Hier jeudi, trois représentants de la Local Government Association sont venus dans le bidonville de Calais à la rencontre des mineur-e-s que des communes britanniques sont prêtes à accueillir et qui restent bloqué-e-s dans le bidonville. Ils sont venus avec des médias, puisqu’il s’agit bien de faire pression pour débloquer la situation.

 

bateauCalais-Dover1903Douvres, l’arrivée de « la malle anglaise » venant de Calais, il y a un siècle.

France ou Royaume-uni : qui bloque ?

Étiquettes

, , ,

La vision qu’on a de ce qui se passe à cette frontière est que le Royaume-uni décide de fermer sa frontière à certaines catégories de populations, et délègue aux pays voisins, dont la France, de garder la frontière et de faire le sale boulot sur leur territoire. Ce que la France ferait avec une complaisance un rien servile.

Mais paradoxalement, alors que le gouvernement français semble incapable de sortir d’une politique de harcèlement et de violence, et semble imperméable à tout débat, il semble y avoir plus de jeu dans les institutions britanniques.

C’est ainsi qu’au cœur d’un débat législatif dont le but revendiqué par le gouvernement britannique est de « rendre impossible la vie des sans-papiers », un membre de la Chambre des lords introduit un amendement concernant l’accueil par le Royaume-uni de mineurs isolés se trouvant déjà en Europe (par exemple à Calais) et réussit à le faire voter.

Sur le terrain, les obstacles qui empêchent tant des mineurs isolés de rejoindre des membres de leur famille au Royaume-uni, que d’autres d’y être accueillis dans le cadre de cet amendement, viennent autant de l’administration française que de l’administration britannique.

Dans le même esprit, le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes vient d’adopter un rapport sur la « crise migratoire ». Dans ses grandes lignes il est conforme aux grandes orientations de la politiques britannique : fermeture des frontières nationales et européennes, dans une logique de contrôles des « flux migratoires » et sécuritaire, il fait référence aussi bien à « l’appel d’air » qu’à « la menace terroriste ».

Mais à l’intérieur de ce cadre, il affirme la nécessité de satisfaire aux obligations liées à la Convention de Genève sur les réfugiés non pas seulement du point de vue formel en terme de procédure d’asile, mais d’accueil des réfugié-e-s. Ainsi que la nécessité de résoudre les situations indignes qui existent à la frontière britannique, à Calais mais pas seulement.

Au niveau européen, le Comité affirme qu’il faut mettre en place des canaux légaux pour que les réfugiés puissent accéder au territoire européen, et que le règlement Dublin III ne permet pas de faire face à la situation actuelle parce qu’il fait reposer l’essentiel de l’accueil des réfugié-e-s sur les pays d’entrée de l’Union européenne.

Concernant Calais et la frontière britannique, il s’insurge du fait que les mineur-e-s isolé-e-s qui pourraient légalement accéder au territoire britannique soient toujours bloqué-e-s. Il considère qu’une partie au moins des réfugié-e-s présent-e-s à Calais, parce qu’ayant des liens au Royaume-uni, devraient pouvoir y être accueillies. Il demande que les gouvernements français et britanniques s’accordent pour une stratégie de résorption de la situation indigne des campements à la frontière, dénonçant au passage leur absence de vision.

Rien de révolutionnaire donc, puisque les préconisations de ce rapport ne remettent pas en cause le cadre général de la politique migratoire britannique actuelle. Mais du côté français, le débat est tellement gelé au sein des institutions que ces propositions apparaissent d’une audace impensable. Un accueil digne des exilé-e-s bloqué-e-s à la frontière et la mise en place de procédures pour que certain-e-s puissent accéder légalement au territoire britannique ? What the fuck ?

 

Vous pouvez télécharger le communiqué du Comité des affaires intérieures ici.

Vous pouvez télécharger le rapport du Comité des affaires intérieures ici.

 

800px-Turner,_J._M._W._-_The_Fighting_Téméraire_tugged_to_her_last_Berth_to_be_brokenTurner : Le dernier voyage du Téméraire.

 

Le retour de Rob Lawrie

Étiquettes

, , , , , , ,

Rob Lawrie fait partie de ces Britanniques chez qui les images de l’été 2015 ont provoqué une prise de conscience. Il est venu à Calais et s’est dépensé sans compter. Et puis un jour il a caché une enfant de quatre ans dans sa camionnette pour lui faire passer la frontière et l’aider à rejoindre sa famille au Royaume-uni. Il avait été poursuivi en justice, et son procès avait eu un fort écho médiatique. Le tribunal avait rendu un de ces jugements en crabe qui permettent d’éviter les questions difficile, et avait relaxé Rob Lawrie de l’accusation d’aide au passage, pour le condamner à une amende pour avoir transporté l’enfant dans des conditions qui contrevenaient aux règles de sécurité prévues par le code de la route.

Aujourd’hui, Rob Lawrie n’a pas baissé les bras, et il tire parti de son aura médiatique pour mobiliser à nouveau pour les enfants du bidonville. Il est parti de Leeds pour rejoindre Calais à vélo, et collecter des dons.

Vous pouvez suivre son action ici :

https://www.facebook.com/groups/1716560258577907

Vous pouvez faire un don ici :

https://www.gofundme.com/nstkr5tu

 

Pentax Digital Camera

La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités 34

Étiquettes

, , ,

LA QUINZAINE DES PASSEURS D’HOSPITALITÉS

Du 7 juillet au 14 août 2016

– also in English on https://passeursdhospitalitesenglish.wordpress.com/

Été 2015 – été 2016 : le nombre d’exilé-e-s a triplé à Calais ; expulsions, évacuations, destructions de squats et de campements se succèdent sur le littoral et à l’intérieur des terres, à Paris, à la frontière italienne ; le dispositif des « centres de répit », devenus Centres d’Accueil et d’Orientation, s’inscrit dans la durée et se développe, comme moyen de disperser les personnes plutôt que résoudre les difficultés là où elles se posent ; les murs se multiplient, les morts aussi. Dans un grand silence : cet été, les migrants ne sont plus sexy.

Des nouvelles de Calais sur le blog Passeurs d’hospitalités (page 2), des Balkans sur Exilés dans les Balkans (page 11) et de la Méditerranée centrale sur Lampedusa – une île (page 11).

Vous pouvez télécharger la Quinzaine des Passeurs d’hospitalités 07/07 – 14/08/2016.

Bidonville de Calais : et maintenant ?

Étiquettes

, , , ,

Il y aura à la rentrée plus de 10 000 exilé-e-s à Calais sur le site qui comprend le bidonville et les deux structures semi-fermées mises en place par l’État, le camp de containers (1500 places) et le centre de mise à l’abri des femmes et enfants (400 places, mais il n’est généralement plein qu’au deux tiers). Devrait s’y ajouter une structure de mise à l’abri pour des mineurs isolés, de 72 places (il y a 670 mineurs isolés sur le site). Donc plus de 8000 personnes habitant le bidonville.

La population devrait encore augmenter pendant une partie de l’automne, avant de connaître un tassement ou une baisse pendant l’hiver. Les nouvelles arrivées en Europe se font beaucoup pour la mer, qui est peu navigable à la mauvaise saison.

C’est une entité de la taille d’une petite ville qui s’est installée là par la volonté des autorités étatiques et municipales. Rappelons que c’est sous la pression de la police nationale que les exilé-e-s qui habitaient différents squats et campements dispersés dans et autour de la ville sont venus sur ce terrain inhospitalier en mars et avril 2015, avant d’expulser les dernières personnes qui n’avaient pas « déménagé » en juin et septembre 2015. Terrain qui jouxte le centre Jules Ferry mis à disposition par la municipalité. Le tout avec la promesse que les exilé-e-s seraient toléré-e-s là.

Le site existe donc avec cette tension entre les structures semi-fermées créées par l’État, où l’autonomie des personnes est très limitée, et le bidonville dans lequel les habitant-e-s et les associations ont créé des espaces de vie sociale malgré la précarité, un harcèlement policier constant, la violence et les destructions (voir ici et ).

L’État annonce depuis le début de l’année la destruction du bidonville (le président de la république a parlé de « nettoyage »), sans préciser ce que vont devenir les personnes qui l’habitent, semblant considérer que tout peut disparaître d’un moment à l’autre. On nage en fait dans l’hypocrisie la plus complète, puisque le conseil régional a cédé le site au Conservatoire de l’espace littoral et des espaces lacustres le 1er décembre, lequel Conservatoire en a confié la gestion à la préfecture pour l’accueil des exilé-e-s le 3 décembre, ce pour une durée de 6 ans, c’est-à-dire jusqu’à décembre 2021 (voir le considérant 6 page 3 du jugement du tribunal administratif de Lille).

Il est donc clair pour les autorités que la situation va durer. Ce qui est par contre invisible, c’est le début d’une vision politique. La violence et les destructions répétées ne peuvent pas en tenir lieu.

 

Pentax Digital Camera

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 4 138 autres abonnés