FEVRIER 2023 A CALAIS

COMMEMOR’ACTION

En lien avec l’appel mondial du 6 février à faire des commémor’Actions décentralisées s’est organisé un week-end intense à Calais : atelier banderoles, plénière, collage, projection, cantine, workshop et manifestation revendicative et bruyante le dimanche. Pour terminer le week-end, une trentaine de personnes déterminées se sont rendues au CRA de Coquelles pour faire un parloir sauvage mais la répression a été immédiate.

Le 16 février, un homme d’origine kurde est décédé suite à une blessure sur le camp de Mardyck. Un rassemblement a eu lieu sur le Parvis des Droits de l’Homme à Dunkerque.

COLLECTIF ANTI-CRA

Un nouveau collectif a vu le jour en soutien aux personnes détenu.e.s au CRA de Coquelles et pour l’abolition des lieux de privation de liberté. Le but est de visibiliser la violence de l’enfermement administratif en la documentant et en diffusant la parole des personnes emprisonnées. Un atelier sur « les droits face à la police et l’organisation contre l’enfermement administratif » s’organise à destination des personnes racisées et sans papier.

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Chantier : Suite à la commémor’Action, une quinzaine de militant.e.s sont venues faire des travaux de plomberie (douche, toilettes) et d’électricité (Un petit système électrique sur batteries a été installé pour compenser le refus de raccordement d’ENEDIS. Désormais il y a de la lumière et la charge de téléphone est possible régulièrement.)

Plainte contre Bouchart : Suite à un tract diffusé par la maire de Calais au voisinage du squat qui annonçait que les habitants n’étaient pas expulsables, une plainte a été déposée pour discrédit de décision de justice et diffusion de fausse nouvelle. Elle annonçait également la mise en place des caméras de surveillance, l’installation d’un fourgon de police 24h/24 et la mise en place d’une ligne téléphonique spéciale en lien avec la police municipale et le service juridique de la mairie pour faciliter les dépôts de plaintes.

SACREE MORANO !

Le 21 /02, une délégation de députés européens majoritairement de droite et d’extrême droite était présente à Calais. A la sortie de la dernière réunion, une poignée de militant.e.s les attendaient et Nadine Morano leur a montré verbalement et physiquement toute son agressivité et sa condescendance.

JANVIER 2023 A CALAIS

CRA

Le 22 janvier, une bonne vingtaine de militant.es se sont réuni.es derrière le Centre de Rétention de Coquelles pour crier leur soutien aux personnes enfermées. Malgré les grillages et la distance, les slogans contre les frontières et les expulsions ont été entendus et bien accueillis. L’action a été courte puisqu’un gros pick-up de pafeux puis 5 fourgons sont arrivés pour les déloger à coup de lacrymo. Le CRA de Coquelles (104 places) situé au beau milieu d’une zone commerciale à côté d’un escape game (Prison Island) tourne à plein régime.

SQUAT FREDERIC SAUVAGE  

L’équipe de soutien qui gravite autour du squat s’agrandit et c’est une bonne nouvelle pour le chantier à venir (travaux de plomberie). Malgré le refus de la mairie de collecter les déchets et de raccorder à l’électricité, la vie continue de manière relativement paisible dans la maison.

DECES

Le 3 janvier, un jeune soudanais a été percuté par un train rue de Judée (à proximité d’un lieu de survie) sous les yeux de ses compagnons de route et de bénévoles présent.es pour une distribution. Un rassemblement a eu lieu le lendemain.

LEGAL TEAM

Création d’une nouvelle legal team. Le CCAJ (Collectif Calaisien d’Autodéfense Juridique) s’organise, il est déjà bien sollicité.

BOULANGERIE

Un super collectif de boulanger.es est venu à Calais quelques semaines pour faire du pain avec un four mobile afin qu’il soit distribué gratuitement aux personnes exilées et précaires.

VOL ORDINAIRE

Une cuve d’eau à proximité d’un campement a mystérieusement disparu.

– Suspects : la police et la mairie 

– Indices : Des gros rochers ont remplacé la cuve et bloquent le passage aux camions qui assurent des distributions.

EXPULSION

Le 3 janvier, ne laissant aucun répit aux personnes exilées, la mairie de Calais a demandé qu’une expulsion avec « mise à l’abri » soit autorisée par le Tribunal administratif de Lille sur l’un des principaux lieux de survie en centre-ville.

DECEMBRE 2022 A CALAIS

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Malgré la présence des caméras qui sont actives depuis la mi-décembre, la présence des CRS devant la maison et le refus de la mairie de donner des poubelles et de ramasser les déchets, la vie continue au squat et un prochain chantier s’organise.

ENEDIS n’est toujours pas passé pour raccorder la maison, une mise en demeure a été envoyée.

NAUFRAGE

Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2022, au moins 4 personnes sont décédées lors du naufrage d’une embarcation à mi-chemin entre la France et l’Angleterre. 4 autres personnes sont portées disparues. Ce nouveau drame est la conséquence directe de la militarisation à outrance à la frontière. Le lendemain, une commémorAction emplie de colère a eu lieu à Calais.

ACTION DIRECTE ET SYMBOLIQUE

Le 18 décembre, journée internationale des migrant.e.s, une action de blocage a été menée à Calais pour dénoncer les expulsions quotidiennes des lieux de survie. Une trentaine de citoyen.ne.s ont fait une chaine humaine autour des « clean truck » devant le commissariat. Ces camions dont la mission est de voler les tentes et les affaires des personnes exilées sont nécessaires aux opérations d’expulsions. Malgré les pneus dégonflés et la banderole brandie sur le toit du camion, il n’y a pas eu de répression. L’expulsion a été exceptionnellement annulée.

Entre l’hiver, les tempêtes, les expulsions quotidiennes, les refus du 115 et la décision de la Haute Cour de Londres qui a validé le projet d’externalisation de la demande d’asile vers le Rwanda, le moral est bas et les inquiétudes grandissantes.

NOVEMBRE 2022 A CALAIS

SQUAT FREDERIC SAUVAGE

Depuis la décision du juge repoussant une éventuelle expulsion à plus de 3 ans, le climat est tendu autour du squat. Certains voisins sont menaçants et agressifs. Ils sont soutenus par le Rassemblement National qui poste quasi quotidiennement des photos, vidéos, rumeurs sur leurs réseaux sociaux. La Mairie de Calais a également tracté dans toutes les boites aux lettres alentour, a installé une caméra reliée à la police municipale et a mis en place une ligne directe pour les voisins souhaitant témoigner des désagréments liés au squat. Depuis le 23 novembre et sur réquisition du Procureur, un car de CRS est stationné 24h/24 devant la maison et contrôle et verbalise tant que possible les soutiens.

Plusieurs mains courantes ont été déposées par les habitant.e.s de la maison. Un appel à participation à un chantier a mobilisé des nouvelles énergies. Le but étant d’améliorer le confort et de créer des espaces d’échanges et de décisions collectives. Y a du taff, n’hésitez pas à venir !

COMMEMORACTION SUITE AU NAUFRAGE DU 21 NOVEMBRE 2021

Le 24 novembre 2022, une marche de commémoration a eu lieu à Dunkerque pour rendre hommage aux 31 personnes décédées (27 corps retrouvés et 4 disparus) il y a un an en tentant de rejoindre l’Angleterre. Des rassemblements ont également eu lieu à Paris, Boulogne, Béthune et au UK. Ce furent des moments forts, dignes et solennels. Les récents articles du journal Le Monde ont dévoilé l’inconcevable : les secours ne sont pas intervenus malgré les nombreux appels de détresse et l’envoi de la localisation des personnes décédées.

SITUATION DES PERSONNES EXILEES EN CENTRE-VILLE

Le centre de Calais est très habité et les personnes vivent dans une grande précarité du fait d’expulsions quasi-quotidiennes, de la confiscation massive du matériel par la police et, comme partout ailleurs, de l’hiver. Beaucoup de personnes ont été emmenées au CRA de Coquelles. Les personnes sont à cran.

ACCORD UK – France

Le 14 novembre, un nouvel accord avec le Royaume-Uni accorde 72,2 millions d’euros en 2022/2023 à la France pour le contrôle de la frontière! Les effectifs pour lutter contre les traversées sont passées de 800 à 900 sur le littoral.

Une cinquantaine de soutiens entravent de nouveau l’expulsion du campement rue du Beau Marais à Calais

Ce dimanche 7 octobre associatifs et calaisien.ne.s se sont de nouveau regroupés au campement rue du Beau Marais pour empêcher son expulsion et dénoncer, par une action non-violente, l’illégalité et l’inefficacité des expulsions quotidiennes menées malgré la trêve hivernale et sans dispositif de mise à l’abri.

Le collectif Faim aux Frontières, a de nouveau formé un chaine humaine pour empêcher l’expulsion et le vol des affaires, mais la police a cette fois fait usage de la force, forçant le passage sans sommations, faisant usage de gaz lacrymogène.
Le groupe s’est alors retrouvé nassé, observant de loin la police qui a procédé à l’évacuation du campement. Les soutiens sont restés pour observer tout en dénonçant l’illégalité, l’indignité et l’absurdité de cette pratique : la police force les personnes à se déplacer avec leurs affaires, qu’elles transportent dans des sacs poubelles, se déplaçant à quelques centaines de mètres seulement, avant de retourner dans le bois.

Selon les forces de l’ordre, l’opération est donc accomplie une fois que les habitants se placent hors de la zone qu’elles ont délimité. Pourtant les habitants se ré-installent immédiatement. Aucune mise à l’abri n’a été proposée. 

Depuis trois jours les personnes vivant sur ce terrain ont été privées des distributions de nourritures de l’Etat.

Nous continuons de soutenir les demandes des grévistes de la faim, qui n’ont pas mangé depuis 28 jours :
nous demandons la trêve hivernale, une trêve dans l’inhumanité de ce harcèlement pour apaiser la situation et envisager des solutions. Nous appelons calaisien.ne.s, personnes extérieures, journalistes, photographes, associatifs, à venir nous soutenir par leur présence physique et leurs relais médiatiques dans nos actions.

Contacts :
Louise DRUELLE (0679441471)
Pauline Joyau (0643294163)



Photos : Julia Druelle

Blocage d’une opération d’expulsion quotidienne sur un lieu de vie à Calais

Ce jeudi 4 novembre, des Calaisien.ne.s, des associatifs et des personnes en exil ont bloqué, par une action non violente, l’expulsion des habitant.e.s du campement rue du Beau Marais et la destruction de leurs affaires personnelles.

Nous, soutiens des grévistes de la faim en grève depuis 25 jours, avons formé une chaîne humaine pour nous opposer et dénoncer le harcèlement quotidien que subissent les exilé.e.s.

Il s’agissait aujourd’hui de la 1000e expulsion de lieux de vie informels depuis le début de l’année, au 4e jour de ce qui devrait pourtant être la trêve hivernale. Si nous avons pu entraver l’une de ces destructions, ce n’est qu’une seule parmi tant d’autres, nous n’avons pas pu empêcher que des expulsions aient eu lieu ce matin sur d’autres campements. Si ce matin la présence de soutiens, de caméras et de journalistes a pu empêcher la police de faire usage de leurs armes, nous savons que les situations sont très différentes lorsqu’elles se passent à l’abri des regards.

Face à la police, nous avons appelé à ne pas faire usage de la violence, dénonçant l’inefficacité de cette politique répressive en faisant acte de solidarité. Nous ne demandons pas la pérennisation de tels lieux de vie ou les conditions sont indignes et inhumaines, mais, nous demandons la suspension de ces expulsions inutiles et violentes le temps d’une trêve hivernale, quelques mois, afin d’ouvrir un dialogue et de trouver des solutions raisonnées.

Contact presse :
Louise Druelle – Citoyenne calaisienne – 06 79 44 14 71
Clara Houin – PSM – 07 81 57 32 60
Pauline Joyau – Coordinatrice Utopia 56 – 06 43 29 41 63

La marionette Amal arrivera bien à Calais Dimanche 17 octobre

Ce dimanche, le Good Chance Theatre sera de retour à Calais, avec Amal, marionnette de 3,5 mètres de hauteur portant la voix des enfants en exil. Une ville emblématique pour la compagnie, fondée en 2015 au coeur du bidonville.

Amal est partie le 27 juillet dernier de Gaziantep en Turquie, à proximité de la frontière syrienne. Elle a depuis traversé la Turquie, la Grèce et l’Italie, la France et la Belgique. À la fin de son périple, prévu le 3 novembre à Manchester, au Royaume-Uni, Amal aura parcouru 8 000 kilomètres, donnant lieu à plus d’une cinquantaine de rencontres artistiques et festives. Elle sera samedi à Dunkerque, Grande Synthe et Calais le dimanche.

Ce projet d’une ampleur inédite réuni des artistes européens, syriens, palestiniens et sud-africains, autour d’un objectif : sensibiliser le monde au sort des enfants exilés, souvent soumis dans les pays de l’Union européenne à des conditions de vie inhumaines.

Malgré la municipalité qui voit la présence d’Amal d’un oeil mauvais, la rencontre entre la petite fille dont le prénom signifie « espoir » et les habitant.e.s de Calais aura bien lieu. Le rendez vous est fixé à 15h30 au Fort Nieulay. Des Calaisien.ne.s et des personnes exilées ont d’ailleurs préparé son arrivée lors d’ateliers de fabrication de cerf-volants, réhabilitant les tentes abimées, lacérées et rendues inutilisables par les destructions des campements.

La page de l’événement Facebook / (l’affiche est disponible en Anglais, Arabe, Farsi, Tegrinia ci dessous)

A Calais, trois personnes entament une grève de la faim pour demander l’arrêt de la politique de harcèlement envers les personnes exilées.

Face à l’escalade de la violence orchestrée par l’État, trois personnes ont décidé d’exprimer leur colère et leur refus de cette politique à Calais : ils ont entamé une grève de la faim depuis le lundi 11 octobre, à l’église St-Pierre de Calais. Les revendications sont les suivantes :

  • Suspension des expulsions quotidiennes et des démantèlements de campements durant la trêve hivernale ;
  • Durant cette même période, arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des personnes exilées ;
  • Ouverture d’un dialogue citoyen raisonné entre autorités publiques et associations non mandatées par l’État, portant sur l’ouverture et la localisation de points de distribution de tous les biens nécessaires au maintien de la santé des personnes exilées.

Soutenons les grévistes de la faim :

  • Distribuer/coller des flyers/affiches de la grève
  • Créer des performances artistiques dans l’église ou lors du marché par exemple. Pendant cette protestation, sont organiser des événements (diffusion de films, exposition, création d’une vidéo participative où chaque calaisien.ne est invité.e a laisser un message d’accueil aux personnes exilées), des actions pour rendre visible la grève sont les bienvenues
  • Diffuser le communiqué ci-dessous
  • Relayer les infos publiés sur le compte instagram : https://www.instagram.com/faimauxfrontieres/
  • Rejoindre le jeune, pendant un ou deux jours
  • Venir les voir à l’église St Pierre, place Crève Coeur : plus que jamais ils ont besoin de tous.te.s

    (Lire manifeste ci dessous)
Une banderole décompte les jours depuis le début de la grève de la faim, sur la façade de l’église Saint Pierre à Calais. (Photos : Julia Druelle)
Ludovic, Anaìs et Philippe, les trois grévistes de la faim, dans l’église Saint Pierre à Calais.

« Ayez pitié des passants » Lettre d’un exilé de passage, sur la route de l’Angleterre

« La peur et l’anxiété. Les frappes et l’intimidation. La violence et le meurtre. La provocation et l’humiliation. La répression et la privation. La négligence et l’invisibilité. L’injustice et la tyrannie. L’oppression et la répression. La résignation et la dissimulation.

Toutes ces souffrances nous les vivons jour et nuit ici en France, en particulier dans la ville de Calais. Nous dormons dans la peur sous une petite tente qui peut contenir à peine une personne et pourtant les forces de l’ordre ne nous laissent pas nous reposer en paix ne serait- ce qu’une nuit.

Et les forces de l’ordre, leur violence continue bien au-delà, ils nous privent de nourriture en utilisant plusieurs manières de privations inhumaines. Ils entravent l’aide et le secours apportés par les associations sur pratiquement tous les périmètre de la ville de Calais alors même que cela n’entrave pas la circulation publique.

Donc, tous les endroits à Calais sont interdits pour dormir, manger, boire. Alors la question que nous nous posons c’est : quel est l’endroit approprié ou autorisé à Calais pour manger, boire et dormir pour un exilé ? Est-ce que c’est cela l’humanité que vous réclamez et proclamez ?

Nos vies sont devenues similaires aux films d’horreur et de traque que vous voyez dans le monde du cinéma avec panique et terreur. Sommes-nous les héros de ces films dans notre réalité vivante et notre quotidien et non dans le monde de la fantaisie et des films ? L’obscurité très sombre, le froid glacial, la pluie semi-permanente et seulement un abri que la police peut prendre à tout moment sans humanité et sans tenir compte de ces conditions climatique difficiles : nous affrontons tout cela avec patience pour un petit rêve, celui d’aller en Angleterre.

Ici à Calais, nos cœurs meurent chaque jour avant nos âmes. Et récemment, nous avons perdu notre frère le plus cher, notre colonne vertébrale et notre compagnon sur notre route difficile.
Il n’est pas le premier mais nous espérons que ce sera le dernier de nos chagrins et que nous ne perdrons pas un être cher après cela. Cet événement malheureux, cette tragédie aurait pu être évité, s’il n’y avait pas de violence des chauffeurs routiers qui conduisent impitoyablement et cruellement.

Nous n’oublions pas non plus certains phénomènes négatifs qu’une petite minorité des habitants de Calais pratiquent à notre égard. Ils nous jettent des bouteilles d’eau vides, des bouteilles de vin, des œufs crus et des tomates. Ils nous insultent avec les pires mots. Cela nous pousserait à essayer de répondre à la violence par la violence mais nous contrôlons notre esprit et nous essayons de garder notre conscience qui nous conduit à adopter plutôt la voix de la paix malgré tout. C’est révoltant car nous savons bien que tout cela ne pourrait et ne devrait pas être des valeurs d’un peuple et une superpuissance nation comme la France.

On se demande parfois pourquoi les Français nous détestent autant ? Jeter des œufs crus sur quelqu’un qui passe sous sa maison est une forme d’injustice. Pensez-vous que les mauvais traitement que nous subissons de la part des forces de l’ordre est à l’origine d’un climat de violence et de haine à notre égard de la part de la population ?

La haine engendre la haine … Mais nous ne sommes que des passants. Nous ne voulons pas vivre dans votre pays. Nous sommes des hôtes qui méritent un peu d’accueil, alors ayez pitié des passants.

Nous appelons tous les acteurs responsables, les organisations humanitaires, les Nations Unies et tous ceux qui ont le pouvoir à faire stopper cette violence excessive et ces actes odieux.

Nous sommes inébranlables parce que nous n’avons pas quitté notre pays par choix mais nous avons fui notre pays à cause de la guerre, de la peur pour nos vies et de la souffrance. »

(Lettre de Mohamad Mobarak, lue par les personnes en exil soudanaises sur le parvis du Théâtre de Calais, lors de la Marche blanche en mémoire de Yasser le 8 octobre 2021)

Photos Julia Druelle
http://instagram.com/juliadruelle/

A Calais, suite au décès de Yasser, les personnes exilées appellent à une manifestation pour la paix.

« Pour tous ceux qui se soucient des personnes Exilées en France et à Calais en particulier nous souhaitons que vous nous souteniez dans cette manifestation qui aura lieu le vendredi 8 Octobre à 17h30 au 39 rue de Moscou à Calais.

Nous avons été patients avec les souffrances et les tragédies dans lesquelles nous vivons. Aujourd’hui nous manquons de patience, alors nous avons décidé protester.
Nous protestons contre l’injustice et l’absence de médias, et défendons nos droits, nos droits perdus et le droit de l’âme pure et innocente qui a été tuée la semaine dernière. » 

Lettre écrite par les personnes exilées à l’origine de la manifestation
#LavoixdesréfugiésdeCalais

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English :
For everyone who cares about immigrants in France and in Calais in particular, we want you to support us during a demonstration that will take place on Friday 8th of October, 5:30pm at 39 Rue de Moscou. 

We were patient with the suffering and tragedies that we live until we ran out of patience, so have decided to have a demonstration.

We will protest against injustice and the absence of mediatisation of our situation and wish to defend our rights, our lost rights, and the right of the pure soul that was killed without guilt in the past days. « 

Letter written by the exiled people at the origin of the demonstration
#TheVoiceofCalaisrefugees

_______ Arabe

لكل من يهتم بالمهاجرين في فرنسا ، نريدك أن تدعمنا في تلك المظاهرة التي ستقام يوم الجمعة 10/8 في الساعة 5:30 مساءً.

صبرنا على المعاناة والمآسي التي نعيشها حتى نفد صبرنا ، لذلك قررنا القيام بمظاهراتنا.

نحن نحتج فيها على الظلم وغياب الإعلام ، وندافع عن حقوقنا وحقنا المفقود وعن حق الروح الطاهرة التي قتلت بلا ذنب في الايام القليله الماضية

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