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Après que le préfet ait rencontré la propriétaire de la maison, il a eu une réunion avec les associations. Il en ressort qu’il ne fera pas évacuer le squat avant d’avoir trouvé une solution pour les femmes et les enfants, et se donne jusqu’à l’été pour la trouver. Il s’agira d’une solution pérenne et d’un lieu géré par des professionnels.

Il ressort également de ces discussions que les tensions qui peuvent exister avec certains voisins ne viennent pas du squat en lui-même, mais de la présence d’hommes autour du squat.

Une manière un peu primaire de gérer la question serait d’envoyer la police pour éloigner ces personnes qui dérangent certains voisins.

Une autre approche est de comprendre ce qu’ils font là pour trouver une réponse constructive à la situation.

Les femmes qui sont dans la maisons ont des amis, des membres de leur famille, parfois un mari ou un petit ami parmi les hommes qui sont dehors. Et si les femmes sont heureuses d’être accueillies, elles se sentent proches aussi des hommes qui sont dehors. Elles leur rendent des services, cuisinent pour eux.

Et la question de ces liens sera à intégrer à la réflexion sur le futur lieu d’accueil.

La maison apporte aussi des services aux personnes qui sont à la rue : la possibilité de recharger son téléphone portable, d’avoir des vêtements quand il y en a en réserve, d’accéder à des toilettes, de réparer son vélo.

Ce sont des besoins auxquels il faudra trouver des réponses, indépendamment du lieu d’accueil pour les femmes. Un accueil de jour est parfois évoqué.

Et s’ajoute une autre question qui a pris de l’importance à Calais ces dernières années. Il s’agit de personnes qui ont quitté leur pays parfois après y avoir subi des traumatismes importants, qui ont eu un parcours d’errance parfois de plusieurs années, avant d’arriver en Europe puis en Europe, qui ont l’air plutôt bien tant qu’elles sont dans le mouvement, qu’elles vont vers un but. Mais qui changent lorsqu’elles se trouvent dans cette dilatation du temps et cette incertitude la réponse finale qui font les longs mois de la procédure d’asile. Ou qui sont simplement coincées à Calais depuis des mois sans perspectives, ni possibilité d’aller de l’avant ou de revenir en arrière. Et qui ont recours à l’alcool pour maintenir leur détresse à distance. C’est le cas de quelques hommes qui sont fréquemment autour du squat Victor Hugo.

Cette question d’alcool doit être prise en charge, tout comme doit être entendue a souffrance psychologique que nous pouvons deviner derrière.