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Le débat sur la question des exilés à Calais organisé par le collectif Calais Ouverture et Humanité https://www.facebook.com/pages/Calais-Ouverture-et-Humanité/ a finalement eu lieu hier soir. Dans une salle privée, puisque la mairie de Calais avait refusé le prêt d’une salle municipale. Ce qui pose encore une fois la double question de la liberté d’expression dans les salles publiques, et de la manière dont la maire de Calais peut disposer des équipement communaux à sa guise et fonction des ses intérêts politiques.

Et il était important que ce débat ait lieu maintenant, puisque les citoyens de Calais vont avoir le mois prochain à choisir à la fois la politique municipale qui va être menée pendant les six années à venir et l’équipe qui va la mener. Et que c’est l’un des thèmes importants à Calais.

Trois heures de débats qui ont permis aux associations et collectifs de soutien aux exilés et à différentes personnes du public d’exprimer leur vision des choses – on regrettera qu’un seul exilé ait pris la parole, et qu’ils aient été peu nombreux à venir, mais c’est quelque chose qui pourra être organisé pour une prochaine fois, en pensant notamment aux questions de traduction.

Des représentants des différentes listes pour les élections municipales – à l’exception du Front national qui n’a pas répondu à l’invitation – ont également exposé leur vision et leurs propositions.

Mention spéciale pour la proposition de M. Van Kerkhove de créer un centre fermé municipal pour enfermer les exilés. Heureusement nous ne vivons pas sous un régime qui permette au chef de la ville d’enfermer une partie de la population parce que tel est son bon plaisir. Mais le fait que ce genre de propos puissent être tenus montre qu’il s’agit d’un sujet dont on peut parler en nageant dans l’irréalité la plus totale. Et qu’il peut paraitre rentable, pour un candidat d’aller pêcher les voix du Front national pour les monnayer entre les deux tours.

Il faudra d’ailleurs poser la question aux autres candidats s’ils envisagent une alliance avec un candidat au projet ouvertement xénophobe et contraire à l’État de droit.

Il sera possible à chacun de se faire une idée des différentes propositions lorsque le débat sera mis en ligne.

On peut simplement dire qu’il ne s’agira pas seulement de ce que la municipalité pourra réaliser en propre, mais aussi de sa disponibilité aux initiatives d’autres acteurs, comme les associations, et du rôle de facilitation qu’elle peut avoir. De voir si le plan gouvernemental de résorption des bidonville se mettra en place, avec les moyens budgétaires correspondant, et comme il s’appliquera à Calais, de manière à ce que les initiatives se complètent. De passer d’une logique « nous allons faire quelque chose pour les migrants » à une autre : « nous allons mettre en place des réponses à la situation des personnes précaires à Calais, qui ne sont pas seulement les exilés, et nous allons faire en sorte qu les passagers qui sont bloqués à la frontière britannique s’intègrent de la manière la plus harmonieuse possible au territoire pendant la durée de leur séjour ici ».