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Suite à l’expulsion illégale d’un des quatre squats qui ont été révélés hier, le collectif Salut ô toit a diffusé le communiqué ci-dessous.

Notons en préalable quelques questions à propos de cette expulsion. Le squat concerné était le seul qui était propriété de la mairie de Calais. La police nationale n’est pas sous l’autorité du maire. Comment s’est prise la décision ? La police est-elle directement intervenue, de manière illégale, à la demande de la mairie ? Ou le préfet a-t-il pris cette décision illégale ?

L’attitude du procureur de la république est aussi à questionner : il cautionne que la police défonce la porte d’un domicile et arrête les personnes présentes dans les lieux pour vérification d’identité, et qu’une expulsion de fait soit réalisée à cette occasion sans aucun jugement.

Ce qui est mis à jour avec cette expulsion, ce sont des mécanismes mis en oeuvre dans l’ombre depuis plus de dix ans avec les squats d’exilés.

« La mairie de calais se range du coté de l’extrême droite

Une maison occupée, appartenant à la mairie, et située au 3 impasse Leclercq a été évacuée illégalement dans l’après-midi. Cela même alors que les preuves de l’occupation qui datent de plus de 48h avaient été rendues publiques. Les médias ont été prévenus, et la voix du nord et le nord littoral se sont rendus sur place. La voix du Nord a publié un article où l’on peut voir en photo l’une de ces preuves, un courrier recommandé dont l’envoi date du mercredi 26 février 2014 et dans lequel se trouvent des témoignages, photos, captures d’écrans datées, attestant d’une occupation du bâtiment de plus de 48 heures.

La mairie a-t-elle choisie d’ignorer délibérément ces preuves en donnant son aval à l’expulsion de la maison ? Si oui, quelles motivations ont pu la pousser à bafouer publiquement, pour la énième fois, la loi ? Il semblerait bien, une fois n’est pas coutume, que Natacha Bouchard et son équipe se soient rangés du coté de l’extrême droite.

Le matin même, la police municipale accompagnée d’un officiel de la mairie, puis rejointe par la police nationale, s’est rendue sur les lieux. Ils y ont réceptionné les preuves de l’occupation de plus de 48 heures que les habitants et habitantes leur ont fourni. En début d’après-midi, six à sept vans de CRS sont arrivés ainsi que trois voitures de police nationale, afin de procéder à l’expulsion.

Alors que les habitants tentaient de communiquer avec les forces de police pour leur rappeler l’illégalité d’une expulsion sans décision du tribunal d’instance alors que des preuves ont été fournies, les policiers ont directement défoncé la porte sans proposer aux occupants de sortir. Des habitants et habitantes ont tenté de filmer l’action de la police mais ces derniers ont attrapé la caméra et l’ont jeté contre le mur.

Des violences physiques extrêmement brutales se sont également déroulées à l’encontre des occupants et occupantes (ces derniers vont écrire des témoignages pour relater les détails de cette brutalité policière) qui ont ensuite été arrêtés au motif d’occupation illégale et de dégradation volontaire. Ils ont été relâchés quelques heures après, sans aucune charge, ce qui démontre une fois de plus que ces expulsions sont juridiquement infondées, et n’ont qu’un seul objectif :vider les maisons de leurs habitants à tout prix, et au détriment de la légalité et de l’intégrité physique et psychologique des personnes.

Trois autres maisons occupées ont été découvertes par les forces de police au cours de la journée.

Les résidents de ces trois lieux sont également en mesure de fournir les preuves attestant de leur occupation de plus de 48 heures, et les ont déjà présenté à divers médias ainsi que, pour certains, aux forces de police. Ces habitations n’appartiennent pas à la mairie, mais à d’autres instances publiques qui n’ont pas, pour l’instant, montrer autant d’empressement que la mairie pour déloger illégalement les habitants.

Le dépôt de plainte pour éviction illégale de la maison du 3 impasse Leclercq est en cours, et toutes les preuves originales, dont certaines irréfutables, ont été réceptionnées par notre avocate et seront présentées au tribunal. Nous sommes prêts à réitérer ce dépôt de plainte pour les trois autres lieux qui ont été ouverts, aussi longtemps que notre droit au logement ne sera pas respecté. »