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Il est boulanger itinérant depuis cinq ans. Avec sa camionnette et sa remorque qui transporte son four à bois, Paul va de rencontres en événements, principalement l’été, et se pose en Bretagne le reste de l’année.

Depuis quelque temps déjà, il voulait venir à Calais faire le pain pour les exilés – puisque c’est son métier. Il vient de le faire, pendant deux semaines. Nous n’en parlons qu’après son départ, par prudence : son arrivée a correspondu aux événements de Coulogne, et son installation près des campements aurait fait une trop belle cible pour les Sauvons Calais en fureur.

Arrivée dimanche 16 février en soirée, la camionnette pleine. De vêtements qui seront donnés au Vestiaire, de pommes-de-terre qui seront données à Salam, de casseroles et de vaisselle qui seront confiés à No Border pour être distribuées dans les campements. Et du nécessaire pour faire du pain, des crêpes, des pizzas, des biscuits.

Lundi 17, tournée à vélo dans Calais pour rencontrer divers collectifs et associations et avoir un aperçu des campements. Visite au squat de Coulogne au mauvais moment : arrivée quand tout est encore calme, les Sauvons Calais s’installent pendant que nous sommes à l’intérieur. Bilan : quatre pneus et une chambre-à-air de rechange crevés à coup de couteau. Welcome in Calais.

Mardi 18, matinée crêpes à côté du campement de la rue Lamy, en face du lieu de distribution des repas. Première prise de contact. Le soir, Paul s’installe sur place, avec sa camionnette qui lui sert de maison et son four.

Mercredi 19, journée chapatis. Un peu bousculée, mais extraordinairement créative. Chapatis, des Pakistanais investir le fournil pour préparer. Comme ça n’avance pas assez vite et qu’il fait beau, plusieurs personnes demandent qui de la farine, qui de la pâte, pour préparer soi-même sur un feu de camp. S’ensuit une chapati-party dans tout le camp. Des Afghans renvoient en échange au boulanger une galette frite à l’huile.

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Jeudi 20, c’est le jour de la soupe apportée par Médecins du Monde et les Ateliers de la citoyenneté. Le pain de la veille vient compléter pour ce temps de rencontre par un beau temps hivernal. Le pain du jour, encore chaud, est à disposition à partir de midi – après tout, on est encore en hiver.

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Vendredi 21, du pain est à disposition dès les aurores pour les personnes qui reviennent de leur tentative de passage, puis pour les premiers levés. Des bénévoles passent prendre du pain pour le répartir dans d’autres campements. Pain chaud sur le coup de midi, biscuits dans l’après-midi.

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Relâche le week-end, pendant lequel deux repas sont servis chaque jour au lieu de distribution, par Salam et l’Auberge des migrants.

Lundi 24, installation près du campement des Africains de l’est, quai de la Batellerie, après avoir fait le plein de bois (feuillu, sec). Paul a été rejoint par une boulangère jusqu’à mercredi. Bon accueil, les habitants du campement les aident à s’installer.

Mardi 25, le pain vient compléter l’ordinaire assez maigre de ce campement, le repas unique fourni par Salam pendant la semaine étant loin d’être suffisant.

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Mercredi 26, un parasol-parapluie est déployé pour faire face aux alternance de soleil et d’averses, et une soupe préparée sur place pour accompagner la nouvelle fournée. Le campement prend un petit air de fête.

Jeudi 27, à nouveau soupe et nouvelle fournée.

Vendredi 28, en guise de finale, pain, pizzas et biscuits. L’après-midi, des Soudanais empruntent les bilics et préparent des crêpes.

Samedi 1er mars; après-midi crêpes au rassemblement pour la tolérance. Puis départ vers la Bretagne. Paul laisse une vingtaine de kilos de pain, de la farine pour assida (Soudan), crêpes (érythréennes ou bretonnes) ou chapatis, des pommes et des légumes à répartir dans les campements.

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Et, au-delà du pain, deux semaines de liens : à nous de prendre le relais.

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