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Nos promenades dans Calais, intitulées « Calais, ville fantôme », ont montré la présence des exilés dans trois quartiers de la ville, les lieux où ils ont été, les lieux que les autorités murent ou détruisent pour qu’ils n’y soient pas ou qu’ils n’y soient plus. Nous pourrions continuer ces promenades dans Calais, et le ferons sans doute pour transmettre la mémoire de ce que fut et de ce qu’est la présence des exilés dans cette ville.

Ce sont de multiples expériences d’installation dans un interstice, une marge, une dent creuse, une ruine, un espace ou un bâtiment délaissé. On s’y installe pour y dormir, peut-être délogés demain matin par la police. Si l’expulsion ne vient pas, le feu est ce qui rassemble, on se regroupe autour du foyer, on se réchauffe et on chauffe le thé. Une communauté, une vie sociale s’organise, on s’approprie l’espace.

Et un jour, quand vous êtes en visite, on vous offre le thé. Les rapports d’hospitalité se créent, c’est leur maison. Une cuisine, un espace de prière, parfois une école apparaissent. Une vie se crée, malgré les descentes de police, jusqu’à l’expulsion finale. Ainsi depuis douze ans. Campements ou squats, les interstices urbains dans lesquels on s’abrite deviennent des lieux de vie. Toujours précaires, toujours remis en cause par les autorités qui ne reconnaissent pas le droit à être là à ceux qui sont là, toujours expulsés, et toujours recréés.

Aujourd’hui, nous voulons un accueil digne de ceux et celles qui veulent faire leur ici.

 

Pentax Digital CameraMars 2011, squat Thélu, rue Descartes.

Pentax Digital CameraMars 2011, squat Thélu, rue Descartes, après le passage du bulldozer qui a complétement détruit les espaces intérieurs.

Pentax Digital CameraPrintemps 2012, ruines de l’ancienne usine Darquer rue des Quatre Coins, la salle de classe.

Pentax Digital CameraJuillet 2013, entrainement de foot à la Citadelle.