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Avec une armature de palettes, fermé par des couvertures et adossé à une pile du pont Mollien, un petit espace pour se laver avait été construit au campement du bord du quai de la Batellerie. Il a été détruit par les services de la mairie. Vivre à la rue, c’est se laver, uriner, déféquer en public.

Le campement de la rue Lamy est bordé sur deux côtés par une haie qui le sépare de la rue. Des exilés urinent sur la haie côté rue, où « tout le monde », riverains, automobilistes, les voit. De l’autre côté, « tout le monde », les habitants du campement, les voit. À chacun de choisir le regard qu’il supporte le mieux.

À l’entrée du lieu de distribution des repas, trois toilettes chimiques, nettoyées épisodiquement, pour les trois cents personnes qui viennent manger là, et les deux cents personnes qui vivent dans le campement de l’autre côté de la rue. Avec le temps qui est plus chaud, une puissante odeur d’urine accueille les personnes qui viennent manger.

Calais reste la capitale de l’indignité.

 

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