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2009. Le campement des Soudanais est entre Canal et voie ferrée, un peu en retrait du boulevard Gambetta. Le chemin qui longe le canal est entre deux lycées, Coubertin et Sophie Berthelot. Des lycéens l’empruntent tous les jours. Par beau temps, ils s’attardent parfois sur les berges ou y font l’école buissonnière. Exilés et lycéens se croisent plus qu’ils ne se rencontrent. Le 2 octobre 2009, une opération de police chasse les exilés du campement qui est rasé dans la foulée. Personne n’a demandé aux lycéens ce qu’ils ont pensé de la disparition de leurs voisins.

2013. Le squat de la rue Mouron est un grand hangar, un ancien cash and carry. Un important stock d’alcool, vin, whisky et surtout bière, y a été abandonné lorsque l’activité a cessé. Des Calaisiens viennent s’y fournir. Souvent des gens connaissant les difficultés de la vie, qui comprennent la situation des exilés et s’en sentent proches. L’échange se crée, malgré la difficulté de la langue. Un hangar, c’est des murs. Des graffeurs s’y retrouvent chaque mercredi, et couvrent les murs de couleurs.

Été. Exilés et Calaisiens se côtoient dans les parcs publics, échangent parfois. Des liens s’y tissent. Quelques couples s’y forment.

Au fil des années, un rapport s’est tissé entre la population calaisienne, qui est de l’ordre du secret, de l’invisible. Au fil des années, les exilés ont pris place dans l’intimité de Calais.

 

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