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La circulaire du 11 mars 2014 définissant les objectifs des préfectures en matière de politique d’expulsions prévoit entre autres « Les déclarations de paternité frauduleuses et les mariages de complaisance doivent également faire l’objet de toute votre vigilance » (vous trouverez la circulaire ici). Mariages blancs, mariages gris, faux parents ou faux enfants, le soupçon justifie l’intervention de l’État au coeur de la vie intime des individus, vie de couple, vie de famille. La politique migratoire s’installe dans la vie de chacun, s’invite dans la chambre à coucher, contrôle les brosses à dents sur la tablette du lavabo, fait et défait les filiations. Elle ne vise pas que les étrangers, mais aussi les Français et les Françaises qui font le mauvais choix, celui de partager la vie d’une personne « extra-européenne ». Elle instaure une séparation (apartheid en anglais) jusque dans l’intimité.

Une décision toute récente du Défenseur des droits (disponible ici) pointe certaines discriminations auxquelles donne lieu cette politique, et demande une modification de la législation. Le mouvement Les Amoureux au ban public lutte pour les droits de ces couples : http://www.amoureuxauban.net/

S’il y avait un équivalent de cette politique à chercher sur le territoire calaisien, ce serait bien sûr dans le choix de mettre des douches  au bout d’une zone industrielle, un accueil de jour au milieu des champs, au-delà de la rocade, ou un lieu de distribution des repas dans l’espace indéfini qui sépare maintenant le port de la ville. Mais c’est surtout les courses-poursuites par la police (devenues plus rares) et les contrôles d’identité (toujours aussi fréquents) dans les parcs, les contrôles au faciès dans le centre commercial de centre-ville, l’annulation du festival À l’Uni-son, qui se voulait un lieu de rencontre entre entre exilés et population calaisienne, qui s’attaquent au côtoiement quotidien qui peut mener à la rencontre entre les uns et les autres.

 

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