Étiquettes

, , ,

Vers 18h, plusieurs personnes ont reçu des messages de mineurs emmenés près de Béthune : ils sont en train de revenir à Calais en suivant l’autoroute. Raflés le matin au lieu de distribution des repas, emmenés par la police dans un centre ouvert, ils en sont partis aussitôt et ils en reviennent.

D’autres appels se succèdent, de Boulogne et de Lille : les policiers ont relâchés les gens, ils rentrent à Calais.
Vers 19h, nous apprenons qu’un bénévole qui avait accueilli chez lui des exilés mis à la rue a été arrêté à son domicile par des policiers en civil et frappé, devant des témoins, hors de toute procédure légale pour pénétrer chez lui. Les personnes présentes ont été aspergées de gaz lacrymogène. Vers 21h, sa compagne, qui s’était rendu au commissariat, a été arrêtée à son tour. Après les arrestations de bénévoles de ce matin, l’intimidation continue, d’une manière plus brutale et arbitraire.

Plus tard dans la soirée, coups de téléphone de Douai et Valencienne : les bus se sont arrêtés là, les policiers ont dit aux exilés de descendre, « go to Salam » (Salam est le nom que les exilés donnent au lieu de distribution des repas). Ils devraient reparaitre aussi demain à Calais.

Vers 20h, coup de téléphone d’exilés érythréens emmenés à Dunkerque. Ils ont eu une petite bouteille d’eau et un biscuit le matin, ils n’ont rien eu à manger depuis. Privés de leur liberté d’aller et venir à 6h du matin, la retenue administrative durant au maximum 16h, ils devraient être relâchés vers 22h, c’est-à-dire mis à la rue à Dunkerque.

En parlant de privation de liberté, les personnes ont été empêchées de quitter le lieu de distribution des repas à 6h du matin, les dernières d’entre elles ont été emmenées dans les bus peu avant 18h. Pendant ces presque douze heures, quel régime de privation de liberté leur a été appliqué (retenue administrative ? Garde-à-vue – ce qui implique un délit?) et comment ont-elles eu accès aux droits liés à ce régime de privation de liberté ?

Arithmétiquement, si près de 600 personnes ont été arrêtées et qu’il y avait un peu moins de 200 places disponibles en rétention, ça signifie que quelques quatre cents personnes doivent être relâchées. Et vont donc majoritairement revenir vers Calais. Mais il faut aussi être attentifs aux placements en rétention, et aux risques d’expulsion du territoire, notamment vers des pays comme le Soudan, l’Afghanistan, etc…

Les autorités ne savent pas quoi faire des personnes arrêtées, mais la compagnie de gendarmes mobiles reste à son hôtel jusqu’à demain, et quatre compagnies de CRS sont présentes à Calais ce soir. On ne sait donc pas si les violences ne vont pas continuer ces prochains jours avec de nouvelles destructions de campements, aussi absurdes que celle de ce matin.

 

Advertisements