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Senaye dit qu’il a dix ans, il en fait moins. Quand il habitait au lieu de distribution des repas, on pensait qu’il était avec sa mère, puisqu’il y avait des femmes. Mais non, il fait la route tout seul. Et il est à la rue comme les autres. Il a l’air fatigué et un peu perdu.

Un jeune exilé de quinze ans aurait été renversé sur la rocade de Calais dimanche soir. On n’en sait pas plus pour l’instant.

Comme d’habitude dans les moments de chaos et de violence, ce sont les plus vulnérables qui payent le plus cher. Et on ne rappellera jamais assez que la protection des mineurs en danger est une obligation pour l’aide sociale à l’enfance, sous la responsabilité du président du conseil général, et qu’il ne devrait pas y avoir de mineurs à la rue.

Du côté des centres de rétention :

Rennes : tous libérés lundi par le juge des libertés et de la détention (JLD), ils sont hébergés à Rennes par le comté de soutien pour être présent à l’audience du tribunal administratif aujourd’hui mardi. Cette étape est importante pour que l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) soit abrogée et qu’ils ne risquent pas d’être à nouveau placés en rétention s’ils sont arrêtés par la police.

Lille – Lesquin : tous libérés par le JLD pour « rétention illégale ». Ils sont de retour à Calais.

Le Mesnil-Amelot : quinze personnes ont été expulsées lundi matin en car vers l’Italie avant le passage devant le juge. Tous les autres ont été libérés. Les premiers étaient de retour à Calais hier en fin de journée.

Palaiseau : 13 personnes libérés vendredi suite à l’abrogation de l’OQTF par le tribunal administratif. Les autres ont été libérées lundi matin avant le passage devant le juge, mais seront représentés à l’audience par leur avocat.

Plaisir : 9 personnes renvoyées en Italie avant de voir le juge. Trois ont été libérées suite à l’abrogation de l’OQTF, huit autres sont encore en rétention, le tribunal administratif ayant rejeté leur recours.

Oissel : une personne a été libérée vendredi. Les 29 autres devaient l’être hier lundi dans la journée, la préfecture n’ayant pas demandé le maintien en rétention (à confirmer).

Metz : pas d’information pour le moment.

 

Note : le droit français n’est pas toujours simple. Deux juges peuvent donc intervenir par rapport aux personnes placées en rétention. Le Juge des Libertés et de la Détention examine la légalité des conditions d’interpellation et de placement en rétention, et se prononce au plus tard le cinquième jour de rétention sur la prolongation de 20 jours du placement en rétention, puis le 25e jour sur une nouvelle prolongation de 20 jours, la durée maximale de rétention étant de 45 jours. Le Tribunal administratif doit être saisi par la personne. Il se prononce sur la légalité des décisions prises par l’autorité administrative (le préfet) : placement en rétention, Obligation de Quitter le Territoire Français, pays vers lequel la personne va être expulsée.

 

cra octobre2012 001Le centre de rétention de Coquelles, à côté de Calais, vue arrière. Ceci n’est pas une prison.