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Le jeune exilé qui a été renversé sur la rocade de Calais est au CHRU de Lille dans un état critique. Le chauffeur ne s’est pas arrêté.

Les dix-neuf exilés envoyés à Rennes étaient hier devant le tribunal administratif. Les avocat ont soulevé de multiples violation des droits, absence d’examen de la situation individuelle (Obligations de Quitter le Territoire Français – OQTF – pré-rédigées avec des mentions à rayer, procès-verbaux sous forme de cases à cocher), arrivée tardive d’interprètes en anglais seulement, un est mineur, un avait un rendez-vous écrit de la préfecture pour déposer sa demande d’asile le 3 juillet, deux avaient un rendez-vous écrit avec une association pour entamer les démarches de demande d’asile, deux étaient sous le coup d’une OQTF avec un délais de 30 jours pour quitter le territoire et ne pouvaient pas être expulsés avant la fin de ce délais… La préfecture n’était pas représentée à l’audience.

C’est en raison de ces multiples irrégularité que la préfecture ne demande pas le prolongement de la rétention au-delà de cinq jours, ce qui évite le passage devant le juge des libertés et de la détention – qui doit se prononcer sur le maintien en rétention au-delà de cinq jours. Les personnes sont aussi généralement libérées avant que le recours devant le tribunal administratif n’aboutisse quand il a été fait. La situation de ne pas demander le maintien en rétention tout en maintenant l’OQTF qui a justifié le placement en rétention est assez inédite, et les avocats ont saisi le Conseil d’État pour qu’il se prononce sur la légalité de cette situation.

Concrètement, sur le terrain, ce sont un peu moins de deux cents personnes libérées des centres de rétention qui vont revenir en quelques jours dans le chaos calaisiens, dont certaines encore sous le coup d’une OQTF et peuvent donc être arrêtées, placées en rétention et renvoyées en Afghanistan ou en Érythrée à tout moment.

 

Pentax Digital CameraPlus assez de tentes, plus assez de couvertures : un bivouac à l’abri d’un talus.