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L’actualité calaisienne a été particulièrement chargée, mais elle ne doit pas nous faire oublier ce qui se passe ailleurs dans la région. Avec une inquiétude : la répression qui s’abat sur les exilés à Calais ne risque-t-elle pas de se généraliser aux autres campements de la région ?

Le 30 juin, une rafle a eu lieu au campement d’Angres, près de Lens, où se trouvent des exilés vietnamiens. Onze d’entre eux ont été mis en examen pour « extorsion an bande organisée, séquestration, participation à une association de malfaiteur, aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers » et placés en détention préventive. On est surpris du nombre de « passeurs » à l’échelle d’un si petit camp, et des chefs d’inculpation, s’agissant d’un campement où des bénévoles ont une présence quotidienne, et où chacun peut aller et venir. Dans la réalité, il y a là des personnes dont le projet d’aller au Royaume-uni, et qui font appel à des « passeurs » pour les aider à franchir la frontière. Les prévenus ont comparu devant le juge d’instruction avec un bracelet portant un numéro et ont constamment été appelés par leur numéro, alors qu’ils avaient donné leurs noms. L’opération a été conduite depuis Paris et a une forte coloration de propagande.

À Steenvoorde, où se trouve un campement d’exilés originaires d’Afrique de l’Est, Des relations constructives s’étaient nouées avec la mairie et la paroisse, qui avaient permis d’éviter les expulsions à répétition et d’améliorer un tant soit peu les conditions de vie. Les autorités (État) font maintenant pression sur le propriétaire de la parcelle sur laquelle se trouve la campement pour qu’il porte plainte et pour qu’il rase les arbres (sur quelle base légale ?), tandis que la mairie retire son soutien pour l’accueil d’hiver et l’accès aux douches.

L’association Terre d’Errance Steenvoorde demande du soutien et lance une pétition :

http://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/migrants-steenvoorde-contre-durcissement-situation/12433

À Calais, la police harcèle les personnes qui trouvent à s’abriter en centre-ville, dans les parcs ou ailleurs. Elle va dans les campements de la périphérie compter les gens et leur dire qu’ils doivent partir. Les tensions sont de plus en plus fortes autour des lieux de passage. L’État semble incapable de sortir de sa logique de violence.

 

Pentax Digital CameraLa fatigue a dû les clouer là, malgré la pluie. Nous leur laissons leur petit déjeuner dans un sac plastique, sans les réveiller.