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L’actualité vient nous le rappeler : se glisser dans ou sous un camion n’est pas le seule moyen d’entrer sans autorisation au Royaume-Uni. Trente-quatre personnes vivantes et une décédée ont été trouvées dans un conteneur arrivé de Zeebruges dans le port de Tilbury.

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/2014/08/16/angleterre-31-personnes-dont-une-decedee-decouvertes-dans-un-conteneur-provenant-de-zeebruges-533256.html

Conteneurs, bateaux de plaisance, faux passeports, véhicules aménagés, les moyens de franchir la frontière sont multiples. Se glisser sous les camions est sans doute le plus dangereux, probablement aussi le moins coûteux. Numériquement, autant qu’on puisse l’évaluer, un moyen minoritaire – quelques milliers de personnes par an.

Par contre, c’est moyen de forte visibilité, les exilés se rassemblant près des ports et des aires d’autoroute, et les conditions de vie qui leur sont faites amenant la constitution de bidonvilles et de squats.

Cette visibilité et cette situation de dénuement permettent de transformer quelques mille cinq cents exilés présents à Calais en « hordes de migrants » prêts à envahir le Royaume-Uni (soixante-trois millions d’habitants), les médias jouant souvent le rôle de prisme déformant, soit de leur propre initiative, soit en relayant les propos de décideurs en mal de dramatisation.

Cette visibilité facilite aussi la mise scène de l’action publique : déploiements policiers, expulsions de campements, rafles, il est facile de produire de l’image spectaculaire à destination des médias – beaucoup plus qu’en contrôlant des faux passeports.

Ce sont très majoritairement ceux et celles qui n’ont pas d’autres choix que de franchir les frontières pour trouver une protection quelque part en Europe qui font les frais de cette mise en scène. La traite des êtres humains, elle, emprunte des chemins plus discrets – enquêtes longues et peu spectaculaires, peu rentables pour une action publique qui se soucie avant de l’image qu’elle donne et pas des résultats réelles. L’exploitation des êtres humains a donc de beaux jours devant elle, d’autant plus que tout-e demandeur ou demandeuse d’asile qui n’accède pas à une protection se transforme en sans-papier.

 

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