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L’annonce de rentrée de Natacha Bouchart, maire de Calais, est qu’elle va demander au ministre de l’intérieur la création par l’État d’un centre d’accueil pour les exilés d’environs 400 places loin des habitations.

Il s’agit d’une annonce de rentrée, de la part de quelqu’un qui fonctionne beaucoup par effets d’annonce. Mais la maire de Calais était jusqu’à présent sur un position de blocage de toute solution, et pose maintenant le débat en terme d’accueil. À un moment où le dialogue est bloqué avec l’État depuis plusieurs mois.

Ce revirement correspond sans doute au fait qu’une partie importante de la population manifeste sa solidarité avec les exilés de manière plus visible. Mais aussi que pour les acteurs économiques de la ville l’image de Calais sans cesse associée à des personnes à la rue et à des violations des droits est mortifère, et qu’il faut tourner cette page pour que la ville puisse se développer.

Telle quelle, la proposition de Natacha Bouchart ne répond pas aux besoins, ni à court terme, la présence de quelques mille cinq cents exilés dans une situation extrêmement précaire, ni à long terme de l’accueil dans des conditions pacifiées de voyageurs en partance pour le Royaume-uni et bloqués à la frontière.

L’urgence, c’est d’arrêter les expulsions sans solution de relogement, et de permettre aux exilés présents dans le Calaisis aux premières nécessité de la vie (se nourrir, se vêtir, se laver, se soigner, etc…) et à une information sur leurs droits.

Un lieu d’accueil pour plusieurs centaines de personnes coupé de la ville reproduirait les côtés négatifs du centre de Sangatte, la relégation, la difficulté d’accéder à ses droits, la stigmatisation, la violence sourde ou ouverte qui s’installe dans ce genre de lieu-ghetto.

Les solutions à terme sont donc à penser à taille humaine, et dans le tissu urbain, donc participant à une vie sociale normale.

Si la proposition de la maire de Calais permet de relancer le débat, tant mieux, tant les choses paraissent à la fois bloquées et ne pouvant plus continuer selon la même logique. Mais elle ne peut pas être la conclusion de ce débat, parce qu’une solution viable ne peut pas se contenter d’être marquante en terme de communication, elle doit surtout être adaptée à la situation concrète à laquelle elle veut répondre.