Étiquettes

, , , , , ,

Le préfet du Pas-de-Calais a convoqué ce vendredi des associations de soutien aux exilés à une réunion samedi matin. Il semble que devant l’annonce de la maire de Calais, qui demande l’ouverture d’un centre d’accueil de 400 places, la réponse négative du ministre de l’intérieur, il fallait dire quelque chose.

Exercice difficile au débotté. Temporiser, pas d’expulsion pour l’instant des lieux visés par une décision d’expulsion (l’occupation Galou, impasse des Salines et les campements sur les terrains de l’usine Tioxide, dans la zone industrielle des Dunes). Une sensibilité aux personnes vulnérables à l’approche de l’hiver, une disponibilité à l’action des associations, mais comme l’a dit le ministre, pas de centre d’accueil ni de lieu porté par les pouvoirs publics.

Le préfet annonce par contre plus de choses aux médias.

Un hébergement pour les personnes vulnérables. Il existe déjà un accueil des femmes et des enfants, provisoire, jusqu’au 3 octobre. Ou pouvait donc s’attendre, un mois avant la fin prévue du dispositif, à un-peu-plus de précisions quant à la prolongation ou non du dispositif.

Cet hébergement est insuffisant et près de la moitié des femmes et enfants dorment à la rue. La question à l’ordre du jour serait donc son déménagement vers un lieu plus grand.

Environs cent cinquante femmes et enfants. À-peu-près autant de mineurs isolés (cent vingt-et-un mineurs avaient été arrêtés lors de la rafle du 2 juillet). Si on ajoute les malades et les blessés, on n’est pas loin des 400 places demandées par la maire de Calais.

Un accueil de jour pour les exilés. Là encore les choses ne sont pas claires. Il semble qu’il ne se contente pas de reprendre à son compte l’accueil de jour du Secours catholique, et qu’il s’agisse d’un projet distinct, dont le contour resterait à préciser avec les associations.

Le préfet annonce un financement de la DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement). Mais les demandes de financement étaient à déposer fin mai, le projet n’est pas encore finalisé. Le directeur de la DIHAL, Alain Régnier, a été « remercié » fin juin par Manuel Valls et n’est toujours pas remplacé (voir ici et ).

Ce qui est annoncé au sortir de la rencontre des ministres de l’intérieur français et britannique ce vendredi, ce n’est pas un accueil plus humain des exilés, mais un renforcement de la répression contre « l’immigration illégale », des contrôles dans le port et des expulsions vers les pays d’origine.

Ce qui correspond au renforcement des effectifs de CRS depuis la venue à Calais de Manuel Valls encore ministre de l’intérieur en décembre dernier (une compagnie en renfort, puis une demie-compagnie en plus depuis cet été).

Contrairement à l’idée de « maison des migrants », que le ministre de l’intérieur d’alors devenu depuis premier ministre trouvait intéressante, qui se vide peu-à-peu de son contenu, la répression et les violences qui l’accompagnent sont elles bien réelles, et quotidiennes.