Étiquettes

, ,

Il est encore trop tôt pour savoir si la manifestation du 7 septembre, qui marque un renforcement de Sauvons Calais et rend plus flagrante sa filiation avec l’extrême-droite radicale, va influer de manière durable sur la situation à Calais.

Les effets immédiats sont par contre incontestables. Plusieurs actes d’intimidation de bénévoles, consignés par la permanence téléphonique sur les violences (écouter ici l’interview de Camille : http://audioblog.arteradio.com/post/3061695/interview_de_camille/). Les douches pour les exilés, gérées par le Secours catholique, ont été une nouvelle fois incendiées dans la nuit du 17 au 18 septembre (voir ici : http://www.nordlittoral.fr/accueil/nouvel-incendie-sur-l-aire-de-douches-des-migrants-ia0b0n139599). Le squat des Égyptiens, avenue Blériot, a été attaqué avec des cocktails Molotov dans la nuit du 19 au 20 septembre (voir ici : http://www.lavoixdunord.fr/region/des-cocktails-molotov-lances-contre-un-squat-de-migrants-ia33b48581n2392078). Beaucoup en à peine plus de 15 jours.

Le préfet, qui a autorisé la manifestation du 7 septembre malgré les agressions de bénévoles de cet été, ne semble pas concerné. Le procureur de Boulogne/Mer, qui n’avait vu aucun appel à la haine raciale et à la violence en lien avec la manifestation, a tout d’abord refusé d’ouvrir une enquête avant d’y être contraint par plusieurs dépôts de plaintes. Il n’a pas non plus retenu de mobile raciste pour l’attaque du squat des Égyptiens.

Sauvons Calais se développe donc, soutenu par la complaisance des autorités. D’un côté, le préfet invite certains acteurs associatifs, mais pas d’autres, à discuter d’un futur centre de jour. De l’autre Sauvons Calais joue dans le registre de l’intimidation et de la peur à l’encontre des bénévoles associatifs. Une convergence de fait pour briser le front uni qu’on présenté les acteurs associatifs face aux expulsions des 28 mai et 2 juillet. Si les autorités persistent dans leur attitude de passivité encourageante vis-à-vis de Sauvons Calais, on finira par croire que cette convergence est intentionnelle.

 

Pentax Digital CameraDans la nuit du 12 au 13 juin derniers, un vigile tire à deux reprises avec une carabine à plomb, équipée d’une lunette de visée et tirant des plombs perforants, sur des exilés passant dans la rue, devant l’entreprise où il travaillait, faisant deux blessés. Ici l’un d’eux fait une fresque à la craie racontant ce qui lui est arrivé. Déjà, ni la police ni le parquet n’avaient retenu le mobile raciste.