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La mairie de Steenvoorde (https://goo.gl/maps/8tDxE) avait une politique bienveillante à l’égard du campement d’exilés présents sur le territoire de la commune : accès à des douches, acceptation du campement situé l’été sur un terrain privé, aménagement d’un campement d’hiver mieux protégé du froid.

L’ancien maire a été reconduit aux dernières municipales, mais son attitude a changé, la destruction du campement est en marche et il n’est plus question de campement d’hiver ni d’accès aux douches.

La mairie de Norrent-Fontes (https://goo.gl/maps/8Ng55) avait après plusieurs expulsions accueilli le campement sur un terrain communal. Le fossé où elles se trouvaient avait été nivelé, les cabanes remplacées par des baraquements, des toilettes sèches aménagées.

Le maire a changé, le nouveau menace de supprimer l’approvisionnement en eau par les services municipaux et de faire détruire le campement (voir ici pour Steenvoorde et Norrent-Fontes).

C’est maintenant au tour du maire de Téteghem (https://goo.gl/maps/d4quf), au nord-ouest de Dunkerque. Le campement situé sur un terrain appartenant à la communauté urbaine avait pu lui aussi être aménagé, avec la construction de baraquements, l’aménagement de toilettes sèches et de cabines pour se laver, un approvisionnement en eau.

Le maire est le même qu’avant les municipales. Il annonce pourtant l’expulsion du campement dans trois semaines. Cinquante personnes seraient réinstallées sur un autre terrain, sur les deux cents qui habitent actuellement le bidonville. Cent cinquante personnes sont donc sommées de disparaitre, à moins qu’elles ne soient arrêtées. Disparaitre veut dire reformer des campements insalubres ailleurs dans l’agglomération, comme c’était le cas il y a encore deux ans. À noter qu’aucun jugement d’expulsion ne semble avoir été prononcé, et que le maire se targue du soutien des associations pour déménager les exilés (moyen de contourner l’absence de décision de justice, mais qui suppose la collaboration de celles-ci).

En 2012 s’était créé un réseau des élus hospitaliers. On a le sentiment aujourd’hui que s’est créée une union des maires inhospitaliers, Calais, Norrent-Fontes, Steenvoorde, Téteghem, tous UMP pour l’instant. À moins qu’il ne s’agisse d’une politique de l’État, s’appuyant sur les élus les plus réceptifs.

Mais ce qui a pu se construire ces deux dernières années, Calais étant devenu une exception alors que les autres communes où se trouvent des campements d’exilés faisaient montre d’un minimum de solidarité, est aujourd’hui remis en cause.

Ce qui montre que la logique humanitaire, reposant sur la bonne volonté et non sur le respect des droits des personnes, est éminemment fragile.