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Le ministre de l’intérieur continue à présenter comme solution « humaine » à la situation actuelle des exilés à Calais le développement de l’information sur la demande d’asile en France.

Pendant un an, les autorités italienne ont arrêté de prendre systématiquement les empreintes digitales des exilés arrivant sur leur sol, ce qui leur permettait de demander l’asile ailleurs en Europe sans risquer d’être renvoyés en Italie.

Elles viennent de reprendre la prise d’empreinte, sous la pression notamment des autorités françaises (et allemandes, et britanniques, et d’une menace d’amende de la Commission européenne).

Par cette prise d’empreinte, l’Italie se désigne comme pays d’entrée dans l’Union européenne et pays responsable de l’examen de la demande d’asile de ces personnes. Si elle demandent l’asile en France, elles pourront être renvoyée en Italie, pays responsable de leur demande d’asile, en vertu du règlement européen Dublin III.

Le ministre de l’intérieur français qui a fait pression sur l’Italie pour qu’elle recommence à prendre les empreintes digitales est aussi le ministre de l’intérieur qui présente la demande d’asile en France comme une solution. Il sait très bien que les demandeurs d’asile pourront être renvoyés en Italie.

Or l’Italie ne respecte pas les normes minimales d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés et viole certains de leurs droits fondamentaux, comme le montre notamment un rapport détaillé de l’Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés, que vous pouvez télécharger ici.

On voit ainsi à Calais des personnes qui ont un permis de séjour italien, au titre de l’asile ou du travail, qui ont passé plusieurs années à vivre dans la rue ou dans des squats, à survivre de petits boulots au noir, parfois aussi de prostitution et de petits trafics, et qui continuent la route dans l’espoir de trouver un pays européen où ils pourront construire leur vie.

La solution serait que les autorités françaises utilisent la clause de souveraineté prévue par le règlement Dublin III, qui leur permet d’examiner les demandes d’asile dont un autre pays – ici l’Italie – serait normalement responsable. Ça éviterait le renvoi des personnes vers un pays qui ne leur offre pas des conditions minimales d’accueil.

Les autorités françaises y sont-elles prêtes, pour apporter des solutions aux personnes bloquées à Calais ?

 

NumériserImage Loup Blaster http://loupblaster.tumblr.com