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L’augmentation graduelle du nombre d’exilés présents à Calais depuis un peu plus d’un an n’a tout d’abord pas suscité de réaction particulière des pouvoirs publics, à part des expulsions de squats et de campements qu’on pourrait presque qualifier de routine dans le climat de violence qui règne à Calais (comme le squat des Érythréens le , et le campement des Soudanais le 11 avril 2014). Cette période a aussi été pour les nouveaux arrivants celle de la prise de risque pouvant conduire à la mort (voir ici ou ). Les interpellations des associations restent sans réponse.

Les expulsions de campements le 28 mai (voir ici et ), puis de campement et de squats le 2 juillet (voir ici, ici et ), avaient donné une mauvaise image de l’État à la fois par leur brutalité, mais aussi par l’impression qu’elles donnaient d’improvisation et d’absurdité, comme une répétition vaine et obstinée de la même chose ne débouchant sur aucune solution.

La communication des autorités cet été a surtout porté sur les aspects spectaculaires, pouvant notamment interpeler l’opinion publique britannique : tentatives de passage « en masse », « assauts » du port, « rixes » entre exilés début août. Un accord est intervenu avec le gouvernement britannique, avec à la clé un chèque de 15 millions d’euros sur trois ans pour renforcer la sécurisation du port.

La manifestation anti-migrants du 13 octobre, à l’appel du syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière, qui a réunit des policiers, des chasseurs, des agriculteurs, des commerçants et tenanciers de bars, le Front national, es élus de la majorité municipale, Sauvons Calais, participe d’une nouvelle phase. Les reportages se multiplient montrant le ras-le-bol de la « population », la violence et la dangerosité des « migrants » (à partir de sources policières). Là où Sauvons Calais pouvait apparaitre marginal et excessif, le syndicat de policiers donne de la crédibilité aux thèses avancées, même si ses assertions sont contredites par les statistiques officielles de la police.

Campagne visant à développer a peur des exilés et mise en scène de l’hostilité de la population préparent la relégation à l’écart de Calais, de l’autre côté de la rocade de contournement, et probablement une nouvelle phase de répression, loin des regards, conformément au nouvel accord franco-britannique.

 

000028Photo Loup Blaster http://loupblaster.tumblr.com