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La fête :

Sur une table, on pèle et découpe des oignons, sur l’autre des pommes-de-terre. Des dons de la ZAD de Notre-Dame des Landes, avec laquelle des liens se tissent depuis quelques années. Un peu plus loin, la sono, alimentée par le groupe électrogène, diffuse de la musique soudanaise. Du rap et de la musique éthiopienne la remplaceront par moment. On danse.

Un long serpentin se constitue lorsque le repas est prêt, trois soupes différentes dans trois grandes marmites, avec du pain. C’est peu et c’est beaucoup, quand il n’y a à part ça qu’un seul repas par jour.

La musique et la danse continuent jusque dans la soirée, mêlant les exilé-e-s et les personnes qui les soutiennent.

Marie-Pierre fait le point sur la situation du squat :

Écoutez son interview ici.

Camille nous parle des liens qui se sont tissés entre Notre-Dame des Landes et Calais :

Écoutez son interview ici.

 

Le jugement :

La juge de l’exécution (JEX), saisie d’une demande de délais supplémentaire pour quitter les lieux, a rendu son jugement hier vendredi, suite à l’audience du 17 octobre.

Le rapport de l’expert qu’elle a désigné pour se prononcer sur l’habitabilité du site industriel où se trouve l’Occupation Galou a conclu à la dangerosité en cas d’incendie et à l’insalubrité du lieu, tout en soulignant dans sa conclusion l’incompatibilité entre la situation dans laquelle il a vu les personnes et les valeurs de la République.

La juge se base sur le rapport de l’expert pour refuser tout délais supplémentaire. Mais elle souligne aussi que conformément à la nouvelle législation (loi ALUR) les habitants sont protégés contre l’expulsion pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars. Concrètement, le préfet a une semaine pour évacuer les lieux légalement, entre le 24 octobre et le 1er novembre.

Surtout, la juge rappelle en des termes particulièrement clairs la responsabilité de l’État et ses obligations non respectées, considérations valables pour toute expulsion présente ou à venir :

« Force est de constater qu’à ce jour aucune proposition d’hébergement n’a été faite pour les demandeurs d’asile présents dans le squat et qu’aucune solution humanitaire n’a été proposée par les pouvoirs publics pour les non demandeurs d’asile et ce au mépris de la directive 2003/9CE du 27 janvier 2003 et des principes fondateurs de la république. »

« Quelque soit la décision du juge de l’exécution dans ce dossier, celle-ci ne conduira en réalité dans tous les cas qu’à une solution contraire à la dignité des personnes, soit par le maintien dans un site dangereux, soit par leur évacuation avec toutes les conséquences d’une nouvelle errance forcée. »

« Il est cependant nécessaire pour terminer de souligner dans ce dossier l’engagement et le travail remarquable des bénévoles et associations qui interviennent sur le squat de l’impasse des Salines, lesquels tentent tant bien que mal de pallier l’incurie des pouvoirs publics et permettent ainsi d’y rendre moins difficile la vie de ses occupants. Cette solidarité et le travail accomplis ont pu être constatés tant par l’expert que lors du transport sur les lieux.

Enfin d’évidence la solution à cette situation d’urgence humanitaire ne réside sûrement pas pour les pouvoirs publics dans une réponse sécuritaire ou dans l’ouverture exclusive d’un centre de jour qui ne leur permettra pas en tout état de cause les obligations mises à leur charge par la directive européenne de 2003 concernant le droit au logement des demandeurs d’asile. »

Vous pouvez télécharger ici les attendus et les conclusions du jugement (les noms des habitants ont été effacés).

 

L’hiver :

Si le squat n’est pas évacué la semaine prochaine, il lui faudra passer l’hiver. À la fois ses habitants, et les personnes qui y viennent pendant la journée pour se laver, laver leurs vêtements, accéder à l’électricité. Il sera nécessaire à la fois de se protéger du froid, de l’humidité et du risque d’incendie, et de conserver au lieu sa capacité d’accueil.

 

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