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Les projets humanitaires du gouvernement pour Calais comprennent un hébergement pour les personnes « vulnérables ».

Cet accueil des personnes « vulnérables » a une histoire. En juin 2013 des militants du mouvement no Border ouvrent un squat dans une maison abandonnée, qui va devenir un lieu d’accueil pour les femmes et les enfants. Lorsque le jugement d’expulsion tombe, en décembre, le préfet déclare que le lieu ne sera pas évacué sans solution pour les habitantes. Une première depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002. Après une phase de concertation, là aussi une première entre l’État, les associations et No Border, la gestion du lieu est confiée à l’association Solid’R. La reprise du lieu puis le déménagement des personnes dans les locaux de l’accueil de jour du Secours catholique se font à l’occasion des deux vagues d’expulsions de campements et de squats des 28 août et 2 juillet, dans la précipitation et en fonction du calendrier médiatique de l’État. Le financement se fait à partir de reliquats de crédits dédiés au plan grand froid, sans lisibilité quant à l’avenir. Les locaux du squat du boulevard Victor Hugo, puis de la route de Saint-Omer, sont trop petits, et la grande majorité des femmes et des enfants sont à la rue.

Et du fait de cette histoire, les autorités n’envisagent l’hébergement des personnes « vulnérables » que pour les femmes et les enfants. Les mineurs ne font pas partie des personnes « vulnérables », même si la loi fait obligation à l’aide sociale à l’enfance de les protéger à partir du moment où ils sont en danger, et même si la loi prévoit explicitement que les mineurs isolés sont dans une situation de danger (indépendamment de conditions de vie à la rue et autre). Les mineures, elles sont accueillies avec les femmes adultes – s’il y a de la place – hors de tout cadre légal.

Les malades et les blessés ne sont pas non plus pour les autorités des personnes « vulnérables » – en tout cas ils n’ont pas à être hébergés. Les personnes victimes de torture et de traitement inhumain et dégradant, qui selon tous les textes internationaux sont considérés comme vulnérables et devant bénéficier d’un accompagnement particulier, ne le sont pas non plus à Calais (et en France en général).

Quand aux hommes, selon l’idéologie machiste du gouvernement, ils seraient « invulnérables ». À l’approche de l’hiver, c’est avec joie qu’ils dormiraient dehors, entre les barbelés du port et du tunnel, et les matraques des policiers.

 

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