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Pourquoi parler de Rémi Fraisse sur un blog consacré à la situation des exilés à Calais ?

Parce que des militant-e-s de la ZAD de Notre-Dame des Landes et d’autres luttes parfois proches viennent régulièrement à Calais, donner un coup de main pendant quelques jours ou quelques semaines. Vous pouvez en écouter un témoignage ici :

http://audioblog.arteradio.com/post/3061469/interview_d_une_visiteuse/

un autre à :

http://audioblog.arteradio.com/post/3062088/interview_de_camille/

Rémi Fraisse aurait très bien pu être l’un d’eux.

Mais aussi à cause des circonstances de sa mort. Une journée qui se déroule calmement, les engins de chantier sont partis, il n’y a aucun risque d’incident. Et la gendarmerie qui attaque en fin de journée de manière aussi brutale qu’injustifiée. Un officier qui lance vers un groupe de personne une grenade dont il sait qu’elle peut mutiler ou tuer, après avoir demandé l’autorisation de son supérieur hiérarchique. Des ministres de l’intérieur et de la justice qui sont informés très rapidement mais détournent la conversation et couvrent ce qui s’est passé.

On pense à Calais, à ces années de violences policières sur les exilés, couvertes ou commanditées par les ministres concernées, à l’absence du procureur qui ne voit rien et valide les procédures les plus fantaisistes, à la justice qui est hors-jeu.

À l’utilisation du « délit de solidarité » ou d’autres chefs d’inculpations pour intimider les bénévoles et faire taire les solidarités. À la violence physique aussi, utilisée en particulier par les policiers contre les militants du mouvement No Border. Ce qui est arrivé à Sivens peut très bien arriver à Calais.

Et nous sommes face à un gouvernement pour lequel rien de cela n’est anormal.

 

Rémi Fraisse arton1958-67150