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Le Soudan connait depuis plus de trente ans une imbrication de guerres civiles, entre le Nord et le Sud, que la partition du pays n’a pas réussi à terminer, au Darfour, mais aussi dans d’autres régions comme celle du Nil bleu ou des Monts de Nuba.

La Cour Pénale Internationale a émis plusieurs mandats d’arrêts à l’encontre de son président, Omar el-Béchir, pour crime de guerre, crime contre l’humanité pendant la guerre du Darfour.

Les exilés Soudanais présents à Calais ont manifesté le 21 novembre pour protester contre le viol de deux cents femmes par les soldats de l’armée soudanaise au nord du Darfour.

Une semaine plus tard, treize Soudanais sont arrêtés à Calais et placés en rétention pour être expulsés vers le Soudan. Même si ces arrestations sont plus en rapport avec les tentatives de passage en grands groupes qui mettent une certaine rpession sur les approches du tunnel sous la Manche comme cet été sur les approches du port, qu’avec la manifestation du 21 novembre, la juxtaposition des deux interpelle.

Les tentatives d’expulsion de Soudanais vers le Soudan se sont répétées tout au long de l’année (voir ici, ici, ici, ici et ), comme méthode de dissuasion par la peur, mais aussi comme s’il s’agissait de banaliser le fait d’expulser vers un pays où les personnes renvoyées risquent la prison, la torture et la mort.

Parallèlement, l’Union européenne impulse un dialogue avec les États du Sud de la Méditerranée pour les impliquer dans la lutte contre les migrations que l’UE ne souhaite pas et passant par la Méditerranée centrale. Ce processus, qui implique une coopération avec des pays comme l’Érythrée, la Somalie ou le Soudan pour la lutte contre les migrants, a été initié par une rencontre qui a eu lieu du 13 au 16 octobre 2014 à Khartoum, raison pour laquelle il est appelé « processus de Khartoum ». Une seconde rencontre a eu lieu de 28 novembre.

Si le criminel Omar el-Béchir est aujourd’hui notre ami dans la lutte contre « l’immigration clandestine », il est donc banal et inoffensif de renvoyer au Soudan ses ressortissants séjournant en France sans titre de séjour.

Les treize Soudanais placés en rétention font les frais de cet exercice de haut cynisme en politique.

Le processus de Khartoum présenté par le discours officiel :

http://www.adiac-congo.com/content/immigration-clandestine-europeens-et-africains-lancent-le-processus-de-khartoum-24060

http://europa.eu/newsroom/calendar/events/2014/11/28-khartoum_fr.htm