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La préfecture du Pas-de-Calais nous avais habitués à l’incohérence, l’improvisation et le bricolage, qu’il agisse du relogement des femmes du squat Victor Hugo, des expulsions de campement du 28 mai 2014 (voir ici, ici et ), des rafles du 2 juillet, ou des récentes tentatives d’expulsion vers le Soudan.

Nous retrouvons ces mêmes caractéristiques à la veille de l’hiver pour les projets en cours.

Fin août, coup médiatique de rentrée, la maire de Calais crée la surprise en demandant un lieu d’hébergement de 400 places pour les exilés. Le ministre de l’intérieur, interpellé, annonce un accueil de jour. La rentrée médiatique est marquée par une manifestation d’extrême-droite radicale à l’initiative de Sauvons Calais, une manifestation anti-migrants à l’initiative d’un syndicat de policiers, la venue de Marine Le Pen à Calais, suivie de près par le ministre de l’intérieur.

Le lieu arrêté pour cet accueil de jour, le camp Jules Ferry, est un centre aéré, accueillant des enfants en été. Il est clair qu’il y aura des travaux à faire pour en faire un lieu propre à accueillir principalement des adultes, notamment en hiver. L’ouverture est au départ annoncée imprudemment pour octobre. Bernard Cazeneuve, lors de sa visite à Calais le 3 novembre annonce plus prudemment début janvier. Début décembre, alors que l’hiver est tout proche, les travaux n’ont toujours pas commencé, et la préfecture ne communique pas.

Depuis septembre, la préfecture est également interpellée sur la mise en place du plan grand froid. Depuis 2007, la salle du BCMO est ouverte pour accueillir les exilés au niveau 2 du plan grand froid. Cette année, dès septembre, les associations attirent l’attention du préfet sur l’insuffisance du BCMO en raison du nombre important d’exilés présents dans le Calaisis. C’est début décembre que le préfet présente comme la solution un hangar nu, sans eau, sans électricité et sans chauffage. C’est-à-dire nécessitant des travaux importants pour accueillir les personnes dans des conditions moins indignes que les squats de la ville.

Pourtant, comme tous ses collègues, le préfet du Pas-de-Calais a reçu une circulaire de 67 pages datée du 10 octobre 2014, applicable au 1er novembre, concernant la mise en œuvre du plan grand froid 2014 – 2015. On peut y lire par exemple :

« Le rôle et les actions des DDCS, des DDCSPP et des Unités Territoriales de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement(UT-DRIHL) qui identifient les capacités exceptionnelles et temporaires mobilisables et ouvrent les places identifiées à destination des personnes sans domicile. Il leur revient d’organiser et de coordonner la mobilisation des acteurs en veillant à l’inconditionnalité de l’accueil, la continuité de prise en charge et à l’égalité d’accès au service d’accueil et d’hébergement. » (page 4)

« Le dispositif de prévention consiste à prévenir et anticiper les effets d’une éventuelle vague de froid de manière adaptée aux différentes catégories de populations identifiées et notamment les populations vulnérables :

– pour les personnes sans domicile, il convient notamment de s’assurer de la disponibilité de places temporaires exceptionnelles et de prévoir un renforcement du dispositif de veille sociale ;

– pour les populations isolées et à risque, il convient de s’assurer de la mise en place d’actions de repérage et d’identification de ces personnes et de mobilisation des services de l’Etat et associations pour une meilleure coordination sur le territoire ; » (page 14)

« Aussi les places temporaires mobilisées devront comme l’indique explicitement l’instruction de novembre 2013 « respecter les principes de continuité de prise en charge, d’inconditionnalité de l’accueil […]. Elles devront également remplir les conditions minimales de qualité et de décence […] et respecter l’exigence de dignité à l’égard des personnes en détresse ». » (page 30)

Est-ce qu’il n’est pas temps d’activer le plan grande incompétence ?