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Une anecdote, hier en fin de journée :

« J’allais faire mes courses au centre commercial. Dans la gallerie, je croise deux vigiles qui raccompagnent vers la sortie quatre personnes, deux hommes et deux femmes, à la peau blanche et à l’accent calaisien, qui échangent encore des propos peu amènes qui laissent deviner que le ton devait devait être plus haut quelques minutes avant.

Je fais mes courses. Une vingtaine de minutes plus tard, quatre CRS arrivent rapidement dans le hall, l’air de chercher quelque chose. Ils font sortir un jeune qui est là une casquette sur la tête et une bière à la main, ils ne me disent rien, pour le reste le hall est désert. Ils sortent toujours pressés, l’air de chercher quelque chose.

Je continue vers la sortie. Dans la galerie, je croise une journaliste et un photographe d’un journal local, qui me demande : « Bonjour. Il y a une bagarre ? » « Ben, j’ai fait mes courses, je n’ai rien vu, ça a l’air calme. »

Devant l’entrée principale, un fourgon de CRS et une voiture de la police nationale sont garés. Les CRS reviennent vers leur fourgon, l’air bredouille.

Une journaliste de l’autre journal local arrive. Même conversation. »

Pourquoi raconter cette anecdote ici ?

D’une part elle parle peut-être d’un climat.

Mais surtout au moment où l’atmosphère est saturée de discours sur les exilés dangereux, agressifs et fauteurs de trouble, il n’y en a là aucun dans les parages. On a là un aspect de ce que serait peut-être Calais si on enlevait tous les « migrants ».

On pourrait aussi changer le titre de ce billet et débuter une réflexion sur le thème « écartons les ombres et regardons les vrais problèmes ».

 

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