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L’ordonnance de jugement affichée de manière tronquée devant les campements du fort Nieulay (https://goo.gl/maps/aX5bQ) et du bois Dubrules (https://goo.gl/maps/NGXlG) complète une série de décisions de justice, qui restent parfois mystérieuses.

Au cœur de l’été, un jugement a été annoncé concernant l’expulsion du campement situé sur les terrains de l’usine Tioxide (https://goo.gl/maps/jfHcg). Mais plusieurs personnes qui sont allées au greffe du tribunal d’instance de Calais n’ont pas pu avoir accès au texte du jugement, qui est pourtant un document public, que chacun peut consulter.

Les choses sont plus claires concernant le squat des Égyptiens, avenue Blériot (https://goo.gl/maps/KjrNZ). Le jugement d’expulsion a été signifié aux habitants en septembre. Il ne prévoit pas la levée du délais de deux mois pour quitter les lieux prévu par la loi, ce qui fait entrer dans la trêve hivernale, dont la levée n’a pas non plus été demandée. Le squat n’est donc pas expulsable (légalement tout-au-moins, les autorité ne s’embarrassant pas toujours du respect des lois à Calais) avant le 31 mars, mais il le devient le 1er avril.

Elles sont claires aussi concernant l’occupation Galou, impasse des Salines (https://goo.gl/maps/zUmPr), pour laquelle certains habitants se sont portés partie à la procédure. Suite à une décision du juge de l’exécution, la cour d’appel de Douai a par un jugement surprenant aboli la trêve hivernale, dont la levée n’avait pas été demandée en première instance. Cet arrêt ne tiendra probablement pas en cassation, mais le squat est expulsable sans délais et sera probablement évacué avant que le cour de cassation ne se prononce.

On pourrait ajouter quelques bivouacs qui se sont maintenus au centre-ville, sous le porche d’une église et celui d’un gymnase, sous le auvent extérieur d’un hangar : les autorités ne s’embarrassent pas formalité pour évacuer ce genre de lieu.

Entre mille cinq cents et deux milles personnes sont concernées, hommes, femmes et enfants, la plupart pouvant être expulsées sans délais.

Le préfet du Pas-de-Calais avait annoncé qu’il ne procéderait pas aux expulsions avant l’ouverture de l’accueil de jour au camp Jules Ferry. Mais s’agira-t-il de l’ouverture partielle, avec seulement un repas par jour, annoncée pour le mois de janvier, ou l’ouverture complète, reportée au mois d’avril ?

Mais l’évacuation de plus de mille cinq cents personnes est compliquée à organiser. En 2009, les autorités avaient attendu que le nombre d’habitants des campements baisse de moitié, de mille deux cents à six cents, pour faire procéder à leur expulsion. Et le fiasco des expulsions des 28 mai et 2 juillet 2014 est dans toutes les mémoires.

Il convient donc de faire baisser le nombre d’exilés présents. Depuis un mois la frontière semble être devenue plus poreuse. Les demandeurs d’asile reçoivent plus rapidement une proposition d’hébergement. Les autorités misent probablement aussi sur l’intimidation et sur les conditions de vie rendues plus difficiles en raison de l’hiver. Le bricolage du plan grand froid, avec un annoncé pour mille cinq cent personnes et en fait impropre à en accueillir plus de quatre cents, ou le report à avril de l’ouverture du centre de jour au camp Jules Ferry ne sont pas forcément neutres non plus.

Mais le nombre de personnes présentes à Calais dépend surtout de facteurs non maîtrisables localement, liés à la situation en Italie, dans les Balkans, en Italie, en Méditerranée, hors d’Europe dans les pays de départ ou d’étape.

Les autorités ne semblant pas prendre le chemin d’une issue constructive à la situation, par un accueil digne des personnes, on ne peut que voir une fois de plus les nuages s’amonceler, sans savoir quand l’orage éclatera.

 

Pentax Digital CameraL’ordonnance d’expulsion affichée au bois Dubrule, en tout point identique à celle affichée à l’autre bout de la ville au Fort Nieulay.

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