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Squat Galou, impasse des Salines, fin d’après-midi. La conversation se noue, le café se prépare sur le feu. On échange les nouvelles : « Il y a quelque chose, le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) va venir, ou un autre, à propos de la police – ce n’est pas le HCR. Human Rights Watch vient de publier un rapport sur les violences policières à Calais – Oui, c’est ça. Aujourd’hui, au Tunnel, un policier a claqué la porte d’un camion contre la figure d’un Syrien. » La conversation un peu plus tôt avec une bénévole à propos d’un exilé qui a été frappé à coup de matraque et qui a un œil tout blanc et une marque rouge sur le front.

Les violences policières sont quotidiennes, elles effleurent dans la conversation dès que la confiance est établie, des personnes qui sont là et montrent les marques de coups aux récit des violences aperçues, des humiliations aux gazages en passant par les coups.

Il ne s’agit pas seulement de faire déguerpir les exilés de là où ils sont, mais de leur faire comprendre qu’ils sont d’une humanité inférieure, inférieur à votre chien puisque si vous maltraitez votre chien vous serez traduit en justice, et qu’on ne laisse pas dormir un chien dehors par le froid.

Mais si vous battez un exilé, un homme, une femme, un enfant, le ministre dira dans un communiqué de presse : « Bernard Cazeneuve rappelle que les forces de l’ordre, à Calais comme ailleurs, effectuent leur mission difficile avec courage, dévouement et dans le respect des valeurs républicaines. En retour, elles méritent le respect de nos concitoyens. »

Le cynisme s’étale au pouvoir tandis que des traitements inhumains et dégradants sont infligés à des populations, migrants, Rroms, mineurs isolés étrangers, actes qui seraient poursuivis ailleurs mais pas dans un pays dominant comme la France.

Mais qui nous amènent à réfléchir à là où nous en sommes rendus, là tous ensemble, au-delà de Charlie.