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 » Il y a plein d’exilés qui vont à la médiathèque pour internet, ça se passe bien, c’est chouette, tu devrais mettre un article sur Passeurs d’hospitalités. – Vu la politique de la mairie, c’est peut-être mieux de ne pas trop attirer son attention, elle serait capable de la fermer aux migrants. »

Ce dialogue a eu lieu il y a quelques mois. Malgré une politique municipale visant à chasser les exilés du centre-ville, la médiathèque était un lieu d’hospitalité, ouvert à ce public comme à tous les publics.

Ce qui n’a pas forcément été facile, les personnes qui vivent à la rue sans eau, sans toilettes, sans électricités, sans abri, peuvent avoir un usage des lieux imprévu et qui s’éloigne parfois de l’accès à la culture. Et le personnel avait su accompagner cette situation. Nous tenions à le rappeler après notre billet de samedi dernier.

Aujourd’hui, pour accéder à l’espace multimédia (précieux pour accéder à internet, ce qui signifie contact avec la famille, accès à l’information) et à la salle de lecture, il faut une carte annuelle qui s’obtient en présentant un document d’identité et un justificatif de domicile. Ce que beaucoup de gens peuvent faire sans difficulté, mais ce qui exclut de manière générale les exilés.

C’est dommage, l’exemple de la médiathèque aurait pu préfigurer une politique municipale d’hospitalité, l’adaptation des services publics à des publics particuliers, ou comment vivre la ville ensemble.

Mais la politique de la municipalité actuelle n’est pas une politique d’hospitalité.