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Le récent communiqué de Human Right Watch relance la question de savoir comment qualifier le traitement qui est fait aux exilés à Calais par les autorités françaises.

Des hommes, des femmes et des enfants doivent vivre dans les lieux insalubres, des bâtiments abandonnés, des tentes, des cabanes qu’ils se construisent, enroulés dans des bâches de plastique, dans la boue et au milieu des rats. La mairie refuse de ramasser les déchets, il n’y a pas d’eau, pas de toilettes, pas d’intimité. Les expulsions se succèdent, par fois fréquentes, parfois plus rares, et s’accompagnent fréquemment de la destructions de leurs effets personnels. Ils portent des vêtements de deuxième main, ils ont parfois perdu, photos, téléphone, petit objet, ce qui les relie à leur passé. Ils peuvent être contrôlés à tout moment, arrêtés, placés en rétention parfois, expulsé parfois, et selon les policiers qu’ils rencontrent injuriés, battus ou aspergés de gaz lacrymogène.

La Grèce a été condamnée de multiples fois pour les conditions qui règnent dans ses centres de rétention, qualifiées de traitements inhumains et dégradants (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici et ). Pour les demandeurs d’asile, laissés à la rue sans ressource, sans soins, à la merci des violences.

Mais s’agissant de la situation à Calais, l’expression « traitements inhumains et dégradants » n’est pas employée, même par les associations de défense des droits de l’homme.

Est-ce parce que la situation est différente et meilleure ? Parce qu’elle insuffisamment documentée (pourtant…) ? Parce qu’il s’agit de la France ?