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C’était le 29 janvier sur l’autoroute en amont de l’accès au Tunnel sous la Manche. Un exilé est percuté par un fourgon de CRS, et sa jambe écrasée entre le fourgon et la rambarde. La victime déclare qu’elle était assise sur la rambarde, les jambes côté autoroute, lorsque le véhicule est venu sur elle et l’a heurtée. Les policiers affirment qu’un groupe de migrants étaient collés au véhicule et qu’ils ont écrasé un pied en se dégageant (on est sur une autoroute). Le tout dans un contexte de violences policières quotidiennes, encore démontrées par une enquête de Human Right Watch et une deuxième saisine du Défenseur des Droits.

Se pose la question de la manière dont ça s’est passé, de l’intentionnalité éventuelle, de la qualification pénale éventuelle d’une atteinte à la personne, même involontaire. Ceci relève de la justice, et dans un premier temps du pocureur. Or celui de Boulogne/Mer s’est dessaisi de l’enquête au profit de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), c’est-à-dire d’une enquête administrative interne à la police.

Si c’était un camionneur qui avait percuté un exilé dans les mêmes conditions, c’est le procureur qui aurait diligenté l’enquête. Mais selon celui de Boulogne, les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres, et il démissionne de son rôle en s’en remettant à la police pour gérer les choses en interne.

Christiane Taubira a voulu donner une indépendance de fait aux procureurs par rapport au ministère de la justice, pour que l’exécutif n’interfère plus dans le travail de l’institution judiciaire.

Mais face aux dysfonctionnements récurrents du parquet de Boulogne face aux violences policières la ministre peut-elle simplement s’en laver les mains ? Le ministère de la justice se mettant en retrait, le procureur doit-il se soumettre au ministère de l’intérieur ?

 

Pentax Digital CameraLe tribunal de Boulogne/Mer.