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Les réactions à l’attaque d’un camp rrom par des policiers de la BAC (brigade anti-criminalité) s’amplifient.

La question ne se limite pas aux policiers directement en cause – pour ce qui les concerne, il est nécessaire qu’une enquête détermine les faits et les responsabilités et permette le cas échéant de les déférer devant les tribunaux ; tout comme l’enquête devra établir si d’autres policiers sont bien venus après les faits dans le campement pour inciter les habitants à ne pas porter plainte et ne pas témoigner.

La question n’est pas non plus de mettre en cause les policiers dans leur ensemble – encore que se taire face à des exactions aussi ancrées dans le fonctionnement de l’institution engage bien la responsabilité de chaque agent.

La question est celle de l’impunité que les gouvernements successifs garantissent aux policiers qui usent de violence et violent la loi. Calais en est un exemple : une situation de violences et de violations des droits quotidiennes peut durer pendant quinze ans, et on n’en voit pas la fin. Pour ne prendre que deux exemples récents, lorsque le Défenseurs des Droits puis Human Rights Watch publient un rapport étayé par une enquête sur les violences policières à Calais, les ministres successifs, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, nient publiquement en bloc et en détail.Leur réponse ne s’adresse pas au Défenseur des Droits ou à Human Rights Watch, mais aux policiers coupables de violences et de violations des droits : « je vous couvre et je vous soutiens en toutes circonstances ».

Parce qu’il ne s’agit pas de bavures, mais d’une politique. Et c’est là qu’est le danger pour la démocratie.

 

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme :

« Violences policières dans un bidonville

Communiqué LDH

La Ligue des droits de l’Homme s’alarme de la montée de la violence, notamment policière, à l’encontre des populations roms, ou désignées comme telles, habitant dans des bidonvilles.

Dans la soirée du 8 février 2015, aux alentours de 22 heures, quatre fonctionnaires de la Brigade anticriminalité (Bac) se sont introduits dans un bidonville situé aux 4-Cantons, sur la commune de Villeneuve-d’Ascq (59). Cette intrusion était, aux dires des fonctionnaires, justifiée par la poursuite d’un flagrant délit de vol d’un sac à main d’une personne âgée.

Lors de cette intervention, des coups ont été portés sur des habitants. Il y a eu au moins un blessé. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés contre des femmes et des enfants, dont un nourrisson, et plusieurs « baraques » et caravanes ont été « fouillées ». Des coups de pistolet ou de Flash-ball auraient été tirés. Les fonctionnaires de la Bac ne se sont identifiés que tardivement. L’opération s’est terminée au bout d’une heure après l’arrivée de la Police nationale, agissant selon les règles normales d’intervention. Il n’y a eu aucune interpellation.

Le 10 février 2015, les forces de l’ordre ont à nouveau investi les lieux. Elles ont inspecté le bidonville et ont arrêté deux personnes, qu’elles ont relâchées le jour même. Des pressions ont été faites sur des témoins pour qu’aucune plainte ne soit déposée.

Ce matin, mercredi, de nouveau, la Police nationale, accompagnée de la Police aux frontières, a de nouveau investi le bidonville.

La Ligue des droits de l’Homme va prendre toutes les mesures auprès des autorités compétentes pour faire toute la lumière sur les faits qui lui sont rapportés.

La LDH lance une alerte sérieuse, car elle considère que ces violences policières sont une expression de la politique de rejet menée par les autorités françaises. Cette politique est concrétisée de manière similaire par l’évacuation forcée de 80 % de la population rom, ou désignée comme telle, résidant dans des bidonvilles en 2014 (voir notre communiqué de presse du 3 février 2015). Cette politique de rejet s’apparente à une politique de l’« apartheid », et nous la condamnons fermement.

La LDH demande aux autorités françaises de mettre en œuvre une réelle politique d’insertion de ces populations, dans le cadre d’une véritable lutte contre la pauvreté, ce qui reste la seule solution viable pour pouvoir, à terme, résorber les bidonvilles.

Paris, le 11 février 2015

http://www.ldh-france.org/violences-policieres-bidonville/#.VNyRtFzoKI8.email »

 

Communiqué du MRAP Nord – Pas-de-Calais :

« Objet : Communiqué de presse

Fédération MRAP 59/62 (Nord-Pas-de-Calais)

23 rue Gosselet
59000 LILLE
Tél/Fax : 03 20 85 13 18
secretariat@mraplille.com

RROMS : Du harcèlement aux violences policières : Jusqu’où ? Jusque quand ?

La situation des migrants en France, et singulièrement dans notre région, est insupportable.

Elle l’est notamment du fait du harcèlement incessant des forces de police à leur encontre.

Mais, ce 8 février, un nouveau pallier a été franchi dans l’intolérable : dans un bidonville situé aux Quatre Cantons, à  Villeneuve d’Ascq, les policiers de la BAC ont violenté les populations de culture rom, femmes et enfants compris, et ont même fait usage d’armes à feu.

Jusqu’où et jusque quand, les pouvoirs politiques, les services publics continueront à ignorer le droit fondamental de chaque individu à la dignité, au respect le plus élémentaire. Les militant-e-s du MRAP sont attérré-e-s – mais peu surpris – que ces incidents, s’ils sont confirmés, aient eu lieu.

La violence institutionnelle, malheureusement, est subie quotidiennement par les immigrés et leurs soutiens. L’accès aux droits vitaux est tous les jours remis en cause par la mise en place de procédures iniques concernant notamment l’aide médicale d’état, la scolarisation, les titres de séjour, et par la multiplication des expulsions et la banalisation des discriminations, instaurant un véritable apartheid les condamnant à la précarité et aux marges de la société, de la République.

Nous demandons aux autorités :

* que la vérité soit faite et la justice rendue en toute transparence sur les conditions de l’intervention de la BAC

* que des mesures soient prises pour mettre fin définitivement à ces violences et attitudes arbitraires de la part des forces de police

* qu’une véritable politique d’insertion et de respect des droits fondamentaux élémentaires soit mise en œuvre en faveur des migrants, de culture rom ou non.

Lille, le 12 février 2015

Fédération Nord Pas de Calais »

 

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