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Depuis le 10 février, les autorités marocaines ont entrepris une vaste opération contre les exilés qui tentent de rejoindre les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, entourées de grillages et de barbelés. Destruction des campements, rafles de plus de mille exilés, arrestation dans un cadre juridique plus que douteux, probable expulsion vers une destination encore indéfinie : cette opération rappelle celles menées par le gouvernement français le 22 septembre 2009 et les semaines suivantes, et le 2 juillet 2014.

Comme la France touche de l’argent du Royaume-Uni en contrepartie du sale boulot qu’elle fait de ce côté-ci de la frontière – et utilise la présence des exilés pour faire payer les autorités britanniques, le Maroc joue ce rôle de gendarme des frontières européennes moyennant contreparties.

Comme en juillet 2009 la destruction du bidonville de Patras, en Grèce, avait précédé celle de la « jungle de Calais » en septembre, la chasse à l’homme actuelle au sud de la Méditerranée n’annonce-t-elle pas celle qui est annoncée à Calais pour fin mars – début avril ?

 

Quelles informations sur les événements au Maroc :

« pressafrik.com

Le Maroc durcit à nouveau le ton vis-à-vis des migrants clandestins

Le commissaire européen en charge des droits de l’homme annonce qu’il se rendra à Rabat pour exprimer « sa grave préoccupation » quant à « la brutalité policière » contre les migrants. Voilà l’annonce faite par Dimitris Avramopoulos alors qu’il était interpellé vendredi 13 février par un eurodéputé sur « les violations systématiques des droits humains des migrants dans le pays ». Le Maroc, qui avait suspendu pendant un an ses opérations policières à l’encontre des clandestins, a multiplié ces derniers jours les arrestations d’envergure, notamment à Nador, ville frontalière de l’enclave de Melilla.

Tout a commencé mardi 10 février à l’aube. Quelques heures après un assaut de 600 migrants sur la barrière de Mellila, la forêt de Gourougou, qui surplombe l’enclave espagnole, est ratissée par les forces de l’ordre. Selon les ONG, plus de 1 200 migrants clandestins y sont arrêtés. Quelques heures plus tard, les arrestations se poursuivent à Nador, dans d’autres camps de fortune. A Tanger enfin, la police arrête une quarantaine de personnes, ces dernières sont emmenées par bus dans la région de Fès pour être finalement relâchées en rase campagne. Il en est tout autrement pour les migrants interpellés à Nador.

Plusieurs centaines de personnes sont retenues, selon les associations, dans plusieurs villes du sud du pays : Essaouira, Youssoufia ou encore Errachidia, non loin d’Ouarzazate, aux portes du désert. Un procédé inédit pour le Maroc qui avait pour habitude de « relâcher les migrants » dans les grands centres urbains comme Casablanca ou Rabat.

Aujourd’hui la rétention massive fait craindre aux ONG la répétition du scénario de 2005, quand, après la mort de onze personnes lors d’un assaut à Mellila, le Maroc avait organisé le retour forcé de milliers de migrants près des zones frontalières et par avion militaire. Le Maroc a pourtant distribué cette année 18 000 cartes de séjour dans le cadre d’une vaste opération de régularisation de ses 30 000 sans papiers. Mais nombreux sont ceux à préférer malgré tout rejoindre l’Europe.


Rfi.fr


Samedi 14 Février 2015 – 08:28

Migrants : Les arrestations reprennent près de Nador

Les arrestations de migrants près de Nador ont repris aujourd’hui. Après Gourougou, les forces auxiliaires ont détruit d’autres campements sauvages des alentours de Nador, Selouane et Zegangan. Parmi tous les migrants arrêtés depuis mercredi se trouvent des demandeurs d’asile.

L’opération exceptionnelle d’arrestations des migrants irréguliers vivant à Nador a repris aujourd’hui. Les arrestations concernent à présent d’autres campements sauvages aux alentours des villes de Nador, Selouane et Zegangan. L’association Asticud pour le développement et la culture a pu constater que les forces de l’ordre ont complètement ravagés et brulés deux camps et détruit sans le brûler un troisième.

Avant-hier, mercredi 12 février, près de 1200 personnes avaient été arrêtées dans les campements de fortune de la forêt de Gourougou, identifiées, puis en partie ou en totalité embarqués en bus vers différentes villes du sud du pays disposant d’un aéroport. Ils y sont toujours. « On sait que les représentants des ambassades de pays subsahariens dont des ressortissants ont été arrêtés font le tour des villes où ils sont détenus. C’est la procédure classique avant tout rapatriement », note, une nouvelle fois, Stéphane Julinet, membre du Gadem et responsable du plaidoyer. Les autorités leur ont également distribué les formulaires des demandes de régularisation à remplir, alors que l’opération exceptionnelle a été clôturée officiellement mardi soir.

15 enfants et 8 demandeurs d’asile

Après une journée de pause, les arrestations ont donc repris. « Des dizaines de migrants ont été arrêtés dans cette opération, et ainsi groupés au camp estival de Arekmane », indique l’association ; le même camp où ont d’abord été regroupés les migrants arrêtés à Gourougou, mercredi. L’association a relevé la présence de 15 enfants dans ce qui est de fait un camp d’arrêt, mais aussi de trois personnes qui disposeraient d’une carte de séjour et d’une dizaine d’autres affirmant être des demandeurs d’asile.

« Pour notre part, nous avons pu identifier de façon certaine 8 demandeurs d’asile qui ont été arrêtés mercredi et qui se trouvent aujourd’hui à Errachidia et Tiznit », précise Marc Fawe, responsable des relations extérieures du HCR à Rabat. Aujourd’hui, ils ne sont reconnus en tant que tel que par le HCR. « Ils ne disposent d’aucune reconnaissance de l’Etat marocain », reconnaît Marc Fawe, mais « leur cas doit être étudié par la commission ad hoc du Bureau marocain des Réfugiés et des Apatrides. Nous avons l’accord de principe des autorités marocaines dans ce domaine », ajoute-il. Le HCR a contacté le CNDH pour faire valoir les droits des demandeurs d’asile.

« Des arrestations ont également eut lieu près de Ceuta et à Tanger, mais elles n’ont, en nombre, aucun rapport à l’ampleur de l’opération sur Tanger ; c’est plutôt habituel », ajoute Stéphane Julinet.

http://www.yabiladi.com/articles/details/33437/migrants-arrestations-reprennent-pres-nador.html

Campements de migrants au Maroc : Plus de 1000 personnes en cours d’expulsion 

yalibadi.com
Publié le 11.02.2015 à 14h00 | Par Julie Chaudier

Hier matin, au lendemain du bilan officiel de l’opération exceptionnelle de régularisation, les autorités marocaines ont rasé les campements de migrants dans la forêt de Gourougou. Près de 1 200 personnes ont été arrêtées pour être expulsées par avion, selon le Gadem.

« Hier matin, [mardi 10 février] plusieurs centaines de membres des forces auxiliaires ont rasé les campements des migrants installés dans la forêt de Gourougou. Environ 1 200 personnes ont été arrêtées », révèle, ce matin Stéphane Julinet, responsable du plaidoyer au Gadem. Le bilan officiel de l’opération exceptionnelle de régularisation rendu public par les ministres délégués à l’Intérieur, à la Coopération et le ministre des MRE et des Affaires de la migration, lundi soir, a signé, le lancement d’une opération exceptionnelle d’expulsion de migrants subsahariens irréguliers.

« Toutes les personnes arrêtées ont été contraintes de monter à bord du bus. 24 au total, environ. Elles ont toutes été amenées dans le centre de vacances d’un village à proximité, rapporte Stéphane Julinet, ils y sont restés le temps de leur identification – photo, empreintes, état civil et nationalité. Ensuite, les autorités leur ont donné une paire de baskets neuves – ce qu’elles font avant chaque expulsion, habituellement -. Ceux qui ont été identifiés sont remontés dans des bus. Nous sommes parvenus à suivre certains d’entre eux. 2 convois sont parvenus jusqu’à Errachidia, un convoi à Youssoufia. Nous ne savons rien des autres. »

Exceptionnelle par son ampleur

« Apparemment, il ne s’agit pas de camps militaires, mais de bâtiments publics qui ont été réquisitionnés pour cela », précise Héléna Maleno, membre du collectif Caminando Fronteras. Les ambassades des migrants concernés sont impliquées. « Nous sommes toujours contactés par les autorités marocaines quand il y a des opérations de sécurisation qui concernent des Sénégalais, pour l’instant ça n’a pas été le cas », affirme le consul général du Sénégal à Casablanca.

Cette opération est exceptionnelle par son ampleur. « Les rafles, les arrestations, les destructions de campements dans la forêt de Gourougou n’ont jamais cessé, l’éloignement des migrants vers le centre du pays non plus, cette année, mais c’est la première fois que la totalité des campements est détruite, la première fois qu’autant de personnes sont arrêtées en même temps », insiste Stéphane Julinet.

Identifications

Elle est aussi originale dans la mesure où les autorités marocaines ont pris le soin d’identifier ceux qu’elles expulsaient. Pour autant « des mineurs sont montés dans les bus, alors que la loi marocaine elle-même les protège », rappelle Stéphane Julinet. De plus, aucune violence n’a été rapportée par les migrants à qui le Gadem a pu parler. « Au moment de l’intervention sur Gourougou, près de 300 personnes tentaient de passer la barrière espagnole. Une trentaine a réussi à passer. Les autres ont été récupérées. 11 environs sont gravement blessées. Elles ont été soignées sommairement avant de monter dans les bus à leur tour », détaille le militant.

L’ampleur de l’opération et la direction prise par les convois de bus rappellent les expulsions qui avaient suivies les évènements de Sebta et Mélilia, en 2005, où …. « A l’époque, les migrants avaient été emmenés en bus très au sud du pays, dans des villes qui disposent d’aéroport militaire, pour préparer leur expulsion vers leurs pays d’origine », explique Stéphane Julinet. Il ne s’agirait plus, comme au cours de l’année 2014, d’éloigner simplement les migrants des frontières de l’Europe, mais bien de les expulser.

« Nous ne tolèreront plus les campements »

« Nous ne tolèreront plus les campements à proximité des frontières », avait indiqué, lundi soir, publiquement le ministre délégué à l’Intérieur, Charki Draiss, en montrant des images de camps rasés. La vidéo montrait également les migrants accueillis et nourris par le Croissant rouge. « On a dit qu’on réservait un traitement inhumain à ces gens-là. La preuve que c’est faux est devant vos yeux. Nous faisons notre possible pour leur assurer un traitement digne », avait-il ajouté.

Si aucune violence n’a encore été rapportée, du moins le droit national et international auquel a souscrit le Maroc en signant plusieurs conventions n’est pas respecté. « Aucune notification de la décision d’expulsion n’a été faite aux personnes arrêtées ; leurs cas n’a pas été observé individuellement ; aucun possibilité ne leur a été laissée pour faire appel de la décision … », énumère le militant.

« C’est une véritable tragédie migratoire qui se déroule en ce moment au Nord et dans l’Est du Royaume. […] Pourtant, toutes les conditions étaient en place pour permettre au Maroc de concrétiser un travail exemplaire et exceptionnel entamé en 2013 suite à la validation par le chef de l’Etat du rapport du CNDH relatif à la politique migratoire nouvelle », se désole Hicham Rachidi, président du Gadem, dans un communiqué, ce matin.

D’autres opérations similaires vont suivre
Le ministère de l’Intérieur, a indiqué dans un communiqué parvenu à la rédaction, que l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions avec le concours des autorités administratives locales et des différents corps de sécurité, sous la supervision du Parquet compétent. Il a expliqué qu’elle a permis la libération de plusieurs migrants, notamment des femmes et enfants, qui étaient contraints de vivre au sein de cette forêt par les réseaux de passeurs et de traite des êtres humains. Des opérations similaires seront systématiquement conduites pour évacuer tous les endroits squattés par les migrants qui planifient d’organiser des tentatives d’émigration irrégulière, ajoute le ministère.

http://www.yabiladi.com/articles/details/33347/campements-migrants-maroc-plus-1000.html»