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Nous apprenons de Belgique qu’un vol collectif d’expulsion vers l’Albanie est programmé de Bruxelles pour demain 26 février :

http://www.gettingthevoiceout.org/nouvelle-expulsion-collective-vers-lalbanie-ce-26022015/

Or, jusqu’à hier, il n’y avait pas d’Albanais au centre de rétention de Bruxelles.

Par contre, les Albanais sont nombreux au centre de rétention de Coquelles, près de Calais, et les arrestations ciblées dépassent la capacité du centre de Coquelles, si bien que certains ont été transféré au centre de rétention de Lille – Lesquin.

D’où la question : les Albanais arrêtés en France vont-il être expulsés par la Belgique ? Ou le vol de Bruxelles va-t-il faire une escale en France ?

La Belgique a déjà organisé plusieurs vols d’expulsion collectifs vers l’Albanie, dont un en lien avec d’autres pays et coordonné par l’agence européenne de surveillance des frontières extérieures Frontex :

http://www.gettingthevoiceout.org/deux-expulsions-collectives-vers-lalbanie-un-vol-frontex-et-un-vol-belge-emportant-8-criminels-albanais/

L’un de ces vols a été justifié par le secrétaire d’État belge à l’immigration et à l’asile en ces termes : “Les Albanais rapatriés vivaient illégalement dans notre  pays et étaient tous impliqués dans des faits de cambriolages, de vols avec effraction, de vols à l’étalage ou d’atteinte à l’honneur”. Sauf que des crimes et délits relèvent du juge et le cas échéant de la prison, pas d’une expulsion vers un pays dont on revient facilement.

On a eu dans la presse locale calaisienne des articles sur la « mafia des passeurs albanais » pratiquant allègrement l’amalgame exilés – passeurs – mafia. C’est compliqué de faire un travail journalistique sur les passeurs, qui tiennent à une certaine discrétion pour éviter la prison. Alors d’un côté il y la police comme source d’information, mais elle peut être tentée de donner une version distordue de la réalité pour justifier ses exaction. Et de l’autre côté, il y l’imaginaire des polars post-soviétiques, version balkanique.

Dans la réalité, les ressortissants albanais sont dispensés de visa de court séjour dans l’Espace Schengen. Ils sont donc en situation régulière dans l’espace Schengen pendant trois mois, comme de simples touristes. Et si on les expulse ils peuvent revenir.

Si le Royaume-Uni faisait partie de l’espace Schengen, ils pourraient de même aller au Royaume-Uni sans plus de formalités.

Étant en situation régulière en France, la plupart d’entre eux louent à plusieurs des chambres à la semaine ou au mois, seuls les plus pauvres vivent dans des squats. Ils sont très peu en relation avec les associations de soutien aux exilés.

Le Royaume-uni les bloque à sa frontière. Par contre, pendant trois mois ils sont situation régulière en France – ou en Belgique – et il n’y a pas de base légale pour les placer en rétention et les expulser, ce qui pose question par rapport à la multiplication du nombre d’Albanais dans les centres de rétention de Coquelle et de Lille – Lesquin.

Certains Albanais gagnent probablement de l’argent en organisant le passage de la frontière, sont ce qu’on appelle des « passeurs ».

Mais de manière générale les Balkans sont une région pauvre de l’Europe, dont traditionnellement une partie de la jeunesse part à l’étranger pour travailler, gagner sa vie, aider la famille restée au pays, et souvent accumuler un petit capital permettant de rentrer dans le pays d’origine et d’y monter une petite activité économique.

Comme le faisaient les Bretons ou les Savoyards au dix-neuvième siècle.

 

ALBANIE-I