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La campagne électorale pour les élections départementales s’ouvre aujourd’hui.

Parmi les compétences du conseil départementale, l’Aide Sociale à l’Enfance. Et une obligation, celle de protéger tous les mineurs en danger.

Avec de manière chronique des dizaines de mineurs à la rue, dans une situation de dénuement matériel, de violence, de tension psychologique, de prise de risque, le Pas-de-Calais connaît une situation particulièrement grave concernant les mineurs isolés étrangers.

Pendant des années, priorité a été donné au traitement policier. Les mineurs arrêtés étaient (éventuellement) signalés au procureur, qui prenait une ordonnance provisoire de placement. Ils étaient emmenés par la police dans un foyer quelque part dans le département, foyer dont ils s’échappaient sans attendre. Un mineur qui souhaitait rester en France devant être avant toute démarche être conduit à la police aux frontières pour être interrogé.

Une porte a été entre-ouverte lorsque France Terre d’Asile a été missionné pour faire des maraudes dans les campements à la rencontre des mineurs, leur proposer une mise à l’abri, et gérer un dispositif d’accueil pour les plus âgés d’entre eux, s’ils souhaitent rester en France, les plus jeunes étant alors pris en charge par les structures généralistes de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Ceux qui ont un autre projet migratoire que de rester en France sont laissés, ou remis s’ils ont bénéficié d’une mise à l’abri de cinq jours, à la rue. Un premier tri est donc fait selon le projet migratoire, qui élimine la majorité des jeunes. L’évaluation de l’âge, et donc de la minorité, permet d’en éliminer une autre partie.

Les mineurs isolés étrangers sont, parce qu’enfants et parce que dépourvus de soutiens familiaux ou sociaux, particulièrement vulnérables. Particulièrement vulnérables, parce qu’étrangers et sans soutiens, aux politiques de conseils départementaux, généralement à majorité socialiste (Pas-de-Calais, Paris, Seine-Saint-Denis, Ile-et-Vilaine…), qui commencent par eux pour remettre en cause l’universalité de certains droits et les obligations de solidarité prévues par la loi.

Tout mineur a le droit d’être protégé lorsqu’il est en danger, quelle que soit sa nationalité ou son projet migratoire. Cette obligation de protection incombe à l’Aide Sociale à l’Enfance.

Il est devenu ordinaire de laisser des enfants à la rue parce qu’étrangers. À qui le tour, puisque l’obligation de protéger n’est plus universelle, que la solidarité n’est plus que facultative, sinon en droit du moins en fait ?

Ce sont des questions dont il faut nous souvenir en ce moment d’élections, à la fois pour juger le bilan de la majorité départementale sortante, et pour interpeller les candidats sur leurs intentions.