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La plupart des exilés ont bougé sous la pression de la police vers le nouveau bidonville d’État où les autorités veulent qu’ils se concentrent.

Tous ? Non, quelques irréductibles résistent encore et restent là où ils sont. Ils attendent la police, dont ils savent la venue inéluctable. Ils ne veulent pas s’expulser eux-mêmes.

Les Syriens ont une conscience profonde de leur qualité de réfugiés. Ils sont venus demander asile et protection en Europe, on les fait vivre à la rue et on les traque, on voudrait maintenant qu’ils aillent volontairement vivre sur une décharge ! Ils restent et attendent la police. De toute façon ils viennent de la guerre.

À l’occupation Galou (voir ici ou ), on trouve des gens qui sont depuis plusieurs années à Calais (le plus ancien est arrivé en 2009), qui ont vécu plusieurs expulsions, qui savent qu’ils seront à nouveau expulsés plus tard, alors pourquoi bouger d’eux-mêmes vers un lieu d’où ils seront de toute façon chassés.

D’autres ont « fait avec » les conditions de Calais, avec la crasse et la misère, mais pas jusqu’à se faire éjecter de la ville pour vivre sur une décharge. Il y a quand même des limites. En 2013 les Syriens vivaient entassés dans un préfabriqué à l’entrée d’un ancien entrepôt qu’on appelait la « Beer House ». Ils en ont été expulsés en septembre, puis la police s’est mise à les chasser de lieu en lieu. « Même ça on ne nous l’a pas laissé » disaient-ils. Un mois plus tard ils occupaient un des accès du port en protestation (voir ici et ). D’autres pourraient prendre le relais aujourd’hui.

Donc ils restent, quelques-uns de par la ville, conscients de leur vulnérabilité maintenant que la plupart sont partis là où les autorités voulaient qu’ils aillent.

 

Pentax Digital CameraSur le portail de l’occupation Galou.