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Les choses semblaient aller pour le mieux pour la préfecture : sous la menace de la police, les exilés s’auto-expulsent et les bénévoles des associations assurent le déménagement. Qu’importe alors les procédures légales boiteuses, et la réprobation liée aux expulsions violentes est évitée.

Jusqu’à ce que cette expulsion de fait sur un terrain insalubre et la constitution d’un bidonville d’État, véritable ghetto aux marges de la ville, suscite l’indignation des associations et le regard critique des médias.

C’est alors que le groupuscule d’extrême-droite Sauvons Calais rentre en scène après un long silence pendant la campagne de son leader aux élections départementales, et organise une manifestation pour l’expulsion des squats ce mercredi devant l’hôtel de ville.

L’ambition de base de Sauvons Calais était de mettre en scène le rejet des exilés par la population calaisienne. Son utilité pour les pouvoirs publics était de justifier la répression à l’encontre des exilés par une prétendue demande de la population. Accessoirement les actions violentes du groupe avaient un rôle d’intimidation des militants.

Cette connivence entre mouvement xénophobe et politique répressive de l’État s’est déjà manifestée à Mayotte il y a quelques années. On la retrouve dans un autre registre à Sivens avec la mobilisation de milices d’agriculteurs contre des militants écologistes. Ce genre de configuration semble s’installer dans le paysage politique français, à Calais comme ailleurs.