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Si Calais donne à voir un concentré de violences, les situations qu’on y rencontre se retrouvent un peu partout en France. L’exemple des demandeurs d’asile de Dijon, non hébergés, donc squattant des bâtiments abandonnés et subissant des expulsions à répétition, n’en est qu’un parmi tant d’autre. Calais, c’est partout en France.

Le nouveau ghetto qui s’y est installé sous la pression des autorités, c’est-à-dire la concentration d’une population désignée dans un même espace à l’écart de la ville, mais à la vue de tous, risque donc de n’avoir pas qu’une portée locale. Il risque de devenir un mode de gestion généralisé de certaines populations.

Si nous ne faisons rien pour nous y opposer.

 

« Communiqué de presse du collectif de soutien aux demandeurs d’asile et aux migrants

Mise au point, une semaine après l’expulsion du squat rue René Coty

Mercredi 8 avril 2015 à 8h du matin – la préfecture de Côte d’Or a une nouvelle fois envoyé les forces de police expulser un squat d’hébergement situé rue René Coty à Dijon, où vivaient une centaine de migrant-e-s depuis septembre 2013, venus d’Érythrée, de Somalie, du Tchad, du Soudan.

Une semaine après cette expulsion plus de 80 personnes se retrouvent sans logement. En effet, aucune solution pérenne n’a été proposée à la plupart des personnes expulsées. Seules 15 à 20 ont été relogées sans garantie quant à la pérennité

La situation de l’hébergement et de l’accueil des personnes en grande difficulté à Dijon par delà les statuts et les nationalités est catastrophique et reste dans une impasse par manque de place, mais aussi jusqu’à maintenant de volonté politique d’éviter certaines situations d’exclusion. Notamment, des personnes qui pourraient parfaitement être régularisées doivent attendre des mois ou des années dans la plus grande misère.

C’est la quatrième expulsion menée en trois ans par la préfecture. Chaque fois, le résultat reste le même et les solutions proposées sont largement insuffisantes. Les pouvoirs publics renoncent à remplir leurs obligations en matière de droit au logement.

L’ancienne agence Pôle Emploi de la rue Coty, lieu de vie auto-organisé entre migrant-e-s et soutiens associatifs depuis un an et demi, permettait d’accueillir de nombreuses activités : cours de français, ateliers, soins médicaux, distributions alimentaires, soutien aux démarches administratives…, le tout dans une ambiance de solidarité et de sérénité.

Mais depuis ce mercredi 8 avril, un bâtiment de plus reste vide et muré, comme le sont encore les anciens locaux des Petites Roches et de l’École des Greffes pour lesquels on nous promettait les plus beaux avenirs immobiliers, ou même détruit comme le squat de la rue Bertillon. La situation des migrant-e-s en France, comme partout en Europe, continue d’être envisagée principalement par le biais des aspects répressifs et des préjugés xénophobes alors que depuis le début de l’année près de 900 personnes sont mortes au large des côtes italiennes.

A Dijon, le collectif de soutien réaffirme aujourd’hui sa volonté de continuer à s’organiser avec eux pour faire vivre des solidarités et prendre part à leurs traversées vers un avenir respectueux des droits humains élémentaires.

Collectif droit d’asile-migrants: ACAT Dijon / Action Catholique Ouvrière / Afrane Bourgogne / Amnesty International / ATTAC 21 / AGIRabcd / CFDT 21/ CGT 21 / Club Unesco Dijon / CCFD Terre Solidaire / CNT 21 / CSF / Espace Autogéré des Tanneries / Euphorbe en Illabakan /FCPE / FSU 21/ La Vie Nouvelle / Ligue des Droits de l’Homme / MAN / MRAP / Pastorale des Migrants / RESF 21 / SOS Refoulement / Syndicat de la Magistrature / Solidaires 21 / UJFP /UNEF/ Tends la Main / Urgence Solidaire »