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La dalle de béton raclée par les bulldozers, quelques cabanes et tentes qui sont restée là, des tas d’immondices laissés par les engins. C’est le campement du fort Nieulay. En haut du talus, la bretelle autoroutière qui mène au périmètre du tunnel sous la Manche. C’est jour de bouchon, des camions en partance pour le Royaume-uni sont là, arrêtés juste au-dessus du campement. Des groupes d’exilés attendent ou grimpent le talus pour tenter de monter dans les camions. Des policiers sont là, ont entend leurs hurlements et les coups de matraque qu’ils donnent contre la rambarde.

Dans la pâture jouxtant le camp, elle aussi au bas de l’autoroute, deux lamas, une antilope aux cornes bizarres, un yack, un âne, un poney, des animaux du cirque Zavatta installé pour une dizaine de jours sur le parking du supermarché voisin. Des familles avec leurs enfants viennent les voir, côtoyant les exilés qui guettent l’occasion d’aller vers les camions.

Sur le parking du supermarché, le cirque. Dans une remorque, trois lions. Ils ont l’eau, trois repas par jour et l’électricité. Et la cage.

La mairie de Calais a toujours refusé l’accès à l’eau pour les exilés, qui ont été jusqu’à quatre cents, qui vivent dans le bidonville à côté. Des bénévoles et des associations tentent de répondre de leur mieux aux besoins de base.

 

Pentax Digital CameraBranchement d’eau pour le cirque, pas pour le bidonville.