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La nuit, le terrain de la plate-forme multi-service Jules Ferry est éclairé comme en plein jour par de hauts lampadaires. L’espace est entouré d’une clôture. Les préfabriqués de l’hébergement des femmes sont entourés d’une clôture. On n’entre que sur autorisation : les femmes sont supposées ne pas avoir de vie sociale, pas à l’intérieur du centre tout au moins. Si elles sont libres de sortir et revenir, leurs allées et venues sont contrôlées. Leur vie quotidienne aussi, elles ne peuvent par exemple cuisiner qu’à certaines heures, décidées par la direction. Au point que certaines ont préféré quitter le centre pour s’installer dans le bidonville à quelques centaines de mètres de là, préférant la liberté dans l’inconfort à l’enferment humanitaire.

Un peu plus loin donc, le bidonville toléré par les autorités. À l’est, une butte de terre et de gravas a été édifiée le long d’une partie du chemin des Dunes pour isoler le bidonville, obstacle plus symbolique qu’efficace, mais le symbole est bien réel. À l’ouest, les grilles continuent à avancer le long de l’autoroute. Les principaux accès aux bidonville peuvent facilement être contrôlés. La police y effectue de fréquentes visites, pour compter, observer, filmer, arrêter.

À quelques kilomètres de là, le petit aéroport de Calais – Dunkerque sert de plus en plus fréquemment soit à expulser des exilés vers des pays proches, comme l’Albanie, soit à les transférer vers d’autres centres de rétention administrative en fonction des places disponibles.

https://goo.gl/maps/4HDNz

Un silence assourdissant entoure cette évolution du laboratoire calaisien. Jusqu’où faut-il aider sans réagir ? En quoi aider consiste-t-il quand la situation s’aggrave à ce point et va pour s’aggraver encore ?

Et, comme les exilés l’écrivent sur leurs banderoles : où sont les droits de l’homme ?

 

Pentax Digital Camera18 décembre 2014, manifestation contre le « mur de la honte » devant les grilles du port, à l’appel d’Emmaüs France, Emmaüs International et l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle.