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Il semble qu’une enquête soit confiée à l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) concernant les violences policières montrées par une vidéo réalisée par des militants à Calais. Il s’agit d’une manière d’étouffer l’affaire : les faits sont évidemment de nature pénale, ils concernent l’institution judiciaire, et non une simple enquête interne à la police. Des policiers seront peut-être sanctionnés au final.

Bien sûr, les exilés nous disent qu’il y a des policiers qui frappent et gazent, et d’autres qui se conduisent avec le respect des personnes prévu par leur code déontologique. Il y a donc une dimension individuelle des comportements.

Mais quand des violences se répètent quotidiennement pendant plus d’une décennie et sont signalées à de multiples reprises aux institutions compétentes, nationales et internationales, et que depuis toujours, les ministres successifs nient en bloc et en détail, la question prend une dimension politique. Au niveau des dirigeants, mais aussi au niveau des institutions concernées.

Il est difficile de porter plainte dans un contexte où tout vous dit que vous n’avez aucun droits, et plus encore de le faire auprès de la police contre la violence des policiers. Mais on a pu voir aussi à l’occasion d’une tentative de dépôt de plainte par un exilé la manière dont ça pouvait être reçu – par la gendarmerie en l’occurrence :

http://www.liberation.fr/politiques/2015/05/03/quand-on-a-la-situation-qu-ont-les-migrants-faut-tout-accepter_1287088

Le parquet ne semble pas voir les faits, et au besoin botte en touche en renvoyant à l’IGPN le soin de l’enquête (voir ici et ).

Il y a donc bien une politique qui passe par cette violence, les ministres successifs la couvrant s’ils ne la commanditent pas. Et des verrous institutionnels tant du côté de la police que de la justice qui empêchent la prise en considération de cette violence et le simple respect du droit.

Et ça dépasse le champ d’une simple enquête de l’IGPN.