Étiquettes

, , , ,

En 2012, le parlement a « aboli » le « délit de solidarité ». Pour être précis, le CESDA (Code de l’Entrée et du Séjour de Étrangers et du Droit d’Asile) a été modifié de manière à dépénaliser l’aide humanitaire et l’information sur les droits de la part des associations, institutions ou particuliers, si elles ne donnent pas lieu à contrepartie financière. La règle reste la pénalisation de l’aide à l’entrée, au séjour et à la circulation des personnes étrangères en situation irrégulière, les exceptions sont élargies et clarifiées, de vastes zones grises subsistent.

Mais d’autres moyens peuvent être utilisés par les autorités pour intimider les soutiens solidaires des exilé-e-s.

Fin mars – début avril 2015, suite aux menaces de la police, un nombre croissant d’exilés partent de leur lieu de vie vers l’ancienne décharge où les autorités promettent que leur présence sera tolérée. Des bénévoles les aident à transporter leurs effets personnels dans leur véhicule. La police est là, les amendes pleuvent sous des prétextes divers.

Contrôles répétées et amendes sous le moindre prétexte aussi pour des véhicules de bénévoles repérés par la police. La pratique n’est pas nouvelle, mais son intensification récente fait penser qu’il ne s’agit pas simplement de l’initiative de certains policiers. La camionnette qui est est utilisée conjointement par Le Réveil Voyageur et par No Border fait l’objet d’une attention particulière, deux responsables de l’association qui en est propriétaire sont convoqués coup sur coup au commissariat.

1er avril 2015, manifestation contre les expulsions en cours, la police ordonne aux manifestants de se disperser sans qu’ils puissent remballer les objets qu’ils avaient emmenés des campements désertés. La mairie poursuit pour avoir déposé des déchets sur la voie publique.

9 avril 2015, un rassemblement s’improvise face à la mairie pour protester contre les expulsions. La police arrache les banderoles, arrête brutalement deux personnes et en gaze une troisième.

La pression monte donc aussi contre les rassemblements spontanés qui expriment une opinion divergente des autorités.

Dans le département de la Loire, où la préfète actuelle du Pas-de-Calais était précédemment en poste, c’est un prêtre, Gérard Riffard, qui avait été poursuivi pour avoir hébergé des demandeurs d’asile dans une salle paroissiale :

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/11/a-saint-etienne-le-proces-des-bonnes-intentions-d-un-pretre_1038876

http://www.liberation.fr/societe/2014/09/10/sans-papiers-l-etat-rappele-a-son-devoir-de-solidarite_1097487

http://www.rue89lyon.fr/2015/01/27/pretre-gerard-riffard-hebergeur-demandeurs-asile-devant-justice/

 

rubon48