Faire des promesses, pour inciter les gens à s’auto-expulser, promesses de relogements, comme à Paris ce 2 juin, promesses de lieu de « camping autorisé » comme à Calais fin mars, promesses d’un traitement anti-gâle et douches ou autres, les autorités évitent maintenant les expulsions musclées. C’est bien plus pratique et médiatique de ne pas devoir embarquer de force des personnes qui s’accrochent au maigre droit d’usage qu’ils ou qu’elles ont en tant qu’habitants d’un lieu ou d’un espace, en tant que réfugiés à qui on refuse les droits humains les plus basiques.

A Paris, l’évacuation du campement du métro Porte de la Chapelle a des suites peu diffusées. voir ici, et , et là avec des photos.

A Calais, le campement autorisé loin du centre ville, à côté d’un centre de jour Jules Ferry tourne à l’enfer. 3000 réfugiés installés dans des cabanes et tentes inflammables, avec les tensions de la survie et cette envie de poursuivre au plus vite sa route. Les autorités avaient promis des accès à l’eau, de l’éclairage, et des bennes pour les ordures. ça traine…Les pompiers ont besoin d’un plan de sécurité, des chemins d’accès. Or la ville a fait baller des tonnes de terre pour cacher le bidonville aux yeux des quelques riverains, les grilles de la rocade progressent rapidement, une autre est prévue pour séparer la zone de chasse, mais pas de financement possible pour des toilettes….  Le centre Jules Ferry géré par l’association La Vie Active est à saturation et doit faire appel aux bénévoles des associations (au lieu d’embaucher..). La promesse de mettre à l’abri les femmes et les enfants n’est pas tenue. Il y a une quantité inconnue de mineurs entre 14 et 18 ans vivant en danger sur le bidonville.

La municipalité, la préfète, le sous préfet, le ministre, le gouvernement, veulent laisser entendre que la situation est sous contrôle, gérée fermement mais humainement, à Calais comme ailleurs.

Le 20 juin, journée mondiale des réfugiés, mobilisation à Calais et partout en Europe. Visibilisons le sujet. Et globalisons-le …

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