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À l’issue du conseil des ministres de mercredi, les ministres de l’intérieur et du logement ont annoncé l’installation d’électricité, de points d’eau et de latrines dans le bidonville d’État créé sous pression policière à Calais fin mars – début avril cette année.

Il s’agit du minimum demandé par les associations depuis l’automne dernier, qui est concédé par l’État alors que les tension s’accroissent autour du nouveau bidonville, comme prédit par les mêmes associations. Sa population a doublé depuis sa création, et pourrait encore doubler au cours de l’été. Face à des difficultés qu’il n’est plus possible de cacher, l’État tente de faire croire qu’il fait quelque chose en mettant en place ce qui aurait dû l’être dès le début, sans prendre en compte l’évolution de la situation.

Cette décision concernant quelques points d’eau, des toilettes et l’éclairage est annoncée au niveau interministériel, à l’issue d’un conseil des ministres. Pour de simples aménagements dans un bidonville, qui ne le mettront même pas aux normes d’un camp de réfugiés. Espérons que la couleur du papier toilette ne relève pas d’une décision du président de la république, voire de l’Union européenne.

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-calais-bientot-des-points-d-eaux-de-ia33b0n2891692

En parallèle, conseil des ministres adoptait une déclaration dont le titre relève de la langue de bois la plus filandreuse : « Répondre à la crise des migrants : respecter les droits, faire respecter le droit ». À se demander si ce sont bien les migrants qui sont en crise, ou bien le gouvernement.

En résumé, face au péril historique que constitue l’entrée de réfugiés sur le territoire européen, le gouvernement propose une alternative : l’asile ou le charter.

Côté asile, la France est le seul pays de l’Union européenne où le nombre de demandeurs d’asile diminue, résultat d’une politique de dissuasion particulièrement efficace. L’absence d’hébergement et la clochardisation intentionnelle des demandeurs d’asile n’y est pas pour rien. Le gouvernement promet de progresser sur la question de l’hébergement (comme s’il ne s’agissait pas d’une obligation légale, et comme si l’État était au-dessus des lois). Mais la désagrégation de l’accompagnement des demandeurs d’asile pèse tout autant, et transforme des personnes qui devraient être reconnues comme réfugiées en sans-papiers.

À Calais, l’AUDASSE, opérateur choisi par l’État, fait du chiffre au dépens de la qualité et de l’accès aux droits. Son cahier des charges ne comprend même pas l’accompagnement du recours contre une décision négative de l’OFPRA, particulièrement nombreuses dans le contexte calaisien.

Pour ceux et celles qui ne se résigneraient pas à la loterie de l’asile, soumise aux impératifs de la propagande gouvernementale, reste une aggravation de la répression et la généralisation des expulsions.

Ce qui se traduit bien, dès avant le conseil des ministres, par la multiplication des OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) avec comme pays de destination l’Érythrée, l’Afghanistan ou le Soudan, et placement en rétention.

http://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2015-06-17/repondre-a-la-crise-des-migrants-respecter-les-droits-faire-