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Lors des débats parlementaires du 11juin qui ont abouti sur un vote de la proposition de loi émanant de la sénatrice maire de Calais, Arnaud Richard député UDI a souligné « la portée hautement médiatique de cette loi ».

Natacha Bouchart crie victoire sur sa page face book où on peut lire : « la loi Bouchart anti-squat définitivement adoptée par le parlement » !!

A quoi voulait servir cette loi ? A rendre encore plus difficile l’occupation de lieux inoccupés pour servir d’abri, de lieux de vie, à des personnes qui en sont dépourvues. Le résultat est loin d’atteindre cet objectif, même si certaines expulsions seront facilitées. Le sénat a largement modifié le texte de départ. L’intitulé « infraction de violation de domicile » remplace celui de « expulsion des squatteurs » et il semble que la loi servira surtout à refuser la trêve hivernale aux locataires ayant des problèmes de loyer. Bref, un angle d’attaque contre des « sans papiers » pour s’en prendre aussi aux autochtones socialement fragilisés.

Les « pauvres-gens-qui-ne-peuvent-réintégrer-leur-logement-après-un-séjour-à-l’hôpital-ou-des-vacances » sont l’étendard  du groupe Républicains ex-UMP qui essaie de faire perdurer le mensonge de la maison Victor Hugo de Calais et s’accrochent à l’histoire de Maryvonne à Rennes tout aussi médiatiquement mensongère.

Si JM Leguen, secrétaire d’Etat souligne qu' »on ne squatte pas par plaisir » et que Jacques Krabal du groupe radical républicain démocrate et progressiste rappelle que son groupe est « favorable à ce que les immeubles vacants soient réaffectés au logement des personnes en situation de grande précarité », Marion Lepen a pu rajouter des mensonges en déclarant qu’à Calais chaque semaine il y a deux camps évacués qui se réorganisent 100 mètres plus loin… Elle devrait changer d’informateurs pour éviter le ridicule…

Le sénat a également éliminé l’idée de donner pouvoir au maire de se substituer aux propriétaires pour réclamer une expulsion.

Ce n’est pas vraiment un problème pour Bouchart puisqu’elle sait utiliser les armes municipales de commissions d’hygiène et sécurité pour se passer de l’accord d’un propriétaire, agissant aux limites voir en dehors de la loi. Comme en septembre 2013 pour l’évacuation du squat rue Mouron dont les propriétaires en Angleterre étaient injoignables. Et en octobre 2013, l’expulsion rue neuve, qui a laissé à la rue la communauté érythréenne.. Elle a même utilisé ses armes administratives contre un lieu loué, pour contrer un projet dont elle ne voulait pas, l’espace Zetkin en 2012 . ou le Hangar Kronstatd en 2010.

Quant aux propriétaires,  la municipalité fait pression sur eux comme elle peut pour qu’ils aillent en justice, comme celui de la « maison des égyptiens » avenue Blériot et la vieille dame propriétaire de la maison boulevard Victor Hugo  emmenée par des agents de la PAF, au commissariat de Coquelles, pour déposer sa plainte alors qu’elle hésitait à accepter un loyer de la part de « ses squatteurs » (qui avaient déjà un compte pour payer l’électricité du lieu). Le locataire d’un terrain au Petit Courgain a été convoqué en mairie comme un délinquant parce qu’il tolérait quelques tentes d’exilés, (mais, communiste d’un certain âge, il ne s’est pas laissé intimider.).

Le 11 juin à l’Assemblée nationale, l’unanimité des votes semble avoir été provoquée par un sentiment d’urgence de nos députés de protéger encore mieux la propriété privée. Un consensus qui rappelle celui UMP-PS-FN évoqué par Montebourg au sujet de l’immigration.

Comme certains trouvent cette loi insuffisante, un autre projet de loi visant à inclure les bâtiments n’étant pas utilisés par leur propriétaire, vient d’être déposé par le groupe « républicain ».

Quand donc nos députés vont-ils se pencher sur le droit fondamental d’un toit pour tous?

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