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Ce matin, un huissier accompagné de représentants de la mairie et de policiers municipaux, est venu signifier aux exilés syriens qui bivouaquent sous le porche de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul une ordonnance d’expulsion du tribunal de grande instance de Boulogne/Mer : ils doivent quitter les lieux sans délais, sous peine d’une expulsion par la force.

La requête de la mairie de Calais, propriétaire, date du 11 juin, et l’ordonnance du tribunal du 12 juin. On remarque au passage la rapidité de cette justice sans procédure contradictoire, et qui ne retient rien des droits des habitants du lieu, notamment en terme de relogement.

Mais ce jugement n’avait pas été signifié. Il l’est comme par hasard au moment au les Syriens manifestent pour leur dignité et pour obtenir le droit de se rendre légalement au Royaume-uni y demander l’asile.

L’autre bivouac d’exilés syriens, à quelques centaines de mètres de là, n’est pas concerné, ce n’est pas la mairie de Calais qui est propriétaire. Par contre, le bivouac d’exilés africains, principalement soudanais, sous le auvent de l’ancien Bureau Calaisien de la Main-d’Œuvre, est compris dans ce jugement. La mairie a sans doute saisi le tribunal pour terminer le nettoyage du centre-ville des derniers exilés qui s’y abritent, et utilise cette arme aujourd’hui pour réprimer le mouvement des Syriens.

Rappelons au passage que la liberté d’opinion et la liberté de manifestation sont garanties par la constitution, et s’appliquent à toute personne présente sur le territoire, sans restriction de statut administratif. Et que la répression qui frappe les Syriens à Calais nous concerne par conséquent toutes et tous.

 

Requête 1

Requête 2

Requête 3

Requête 4

Requête 5

Ordonnance