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Une ordonnance d’expulsion a été affichée hier devant deux des derniers lieux de vie des exilés au centre de Calais. La mairie, qui est à l’initiative de ce jugement, poursuit sa politique d’éloignement des exilés du centre-ville.

Sous le auvent à l’entrée de l’ancien BCMO (Bureau Calaisien de la main-d’Œuvre) habite une petite dizaine de demandeurs d’asile, principalement soudanais. Ils ne devraient pas être là, puisque l’État a l’obligation de les héberger, mais l’État ne respecte pas la loi.

Le campement accueille également des hôtes de passage, des demandeurs d’asile, qui habitent dans le bidonville où les autorités ont concentré les exilé-e-s à sept kilomètres du centre-ville, et qui dorment là lorsqu’ils ont des démarches administratives à faire tôt le matin.

Des exilés se sont installés là suite à l’expulsion du lieu aménagé pour la distribution des repas rue Moscou, à quelques centaines de mètres de là, en juillet 2014.

Ce lieu n’existerait pas si l’État respectait l’obligation légale d’héberger les demandeurs d’asile, si de précédents lieux de vie n’avaient pas été évacués, si les autorités n’avaient pas décidé de concentrer les exilés dans un lieu à l’écart de la ville.

Sous le porche de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul du Courgain maritime se sont installés des exilés syriens, suite également aux expulsions de juillet 2014. Ils sont actuellement une vingtaine.

Ils seront reconnus comme réfugiés dans le pays européen où ils demanderont l’asile, et ont choisi le Royaume-uni pour des questions de langue et d’attaches familiales ou amicales, donc parce qu’ils y ont de meilleures chances d’intégration. Mais aussi parce que la France a mis en place une politique répulsive à l’égard des demandeurs d’asile et réfugiés, et que le harcèlement policier qu’ils connaissent à Calais leur montre qu’ils ne sont pas les bienvenus ici.

Comme vient de le souligner la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), les dispositions des accords franco-britanniques qui les bloquent à la frontière contreviennent à la fois à la législation européenne, à la Convention de Genève sur les réfugiés et à la Convention européenne des droits de l’homme.

Là encore, l’existence de ce lieu est due au non respect de leurs obligations par les autorités françaises.

Que l’État, premier délinquant de France, respecte la loi, et ces lieux disparaîtront, à l’avantage de leurs habitants. À nous citoyens d’appliquer la tolérance zéro à l’égard de l’État délinquant.

 

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