Étiquettes

, , , ,

Dans la lettre de mission que Cazeuve avait confié à messieurs Vignon et Aribaud pour analyser la situation à Calais et proposer des solutions, il y avait clairement l’idée « d’éviter les phénomènes de concentration de population sur un même territoire ».
Ce qui se passe actuellement à Norrent Fontes montre bien les incohérences et contradictions de la politique actuelle.

Le 27 avril dernier, un incendie accidentel faisait partir en fumée 2 des 4 abris construits en 2012 sur un terrain municipal (avec l’accord du maire d’alors, mais depuis, les Norrent-Fontois en ont élu un autre, beaucoup plus hostile)
Depuis le lundi 13 juillet, des bénévoles de Terre d’Errance et des exilés, aidés par des habitants alentours et soutenus par des associations comme la Fondation Abbé Pierre, se sont mis à reconstruire un abri sur les lieux de l’incendie.
Dans la semaine, des élus municipaux, des gendarmes et des agents de la DDTN sont venus photographier le chantier.
Le mercredi 22 juillet le sous-préfet téléphone à l’association Terre d’Errance et demande de se montrer raisonnable  en cessant la construction au risque de poursuites judiciaires et de dire aux exilés d’aller à Calais où une structure d’accueil est mise en place pour eux.

Au printemps c’était l’accès à l’eau qu’on leur refusait.

Voici les paroles de Nan de l’association Terre d’Errance de Norrent Fontes :

Cette « structure d’accueil » dont parle le sous-préfet est le fameux centre Jules Ferry, à plus d’une heure de marche du centre ville, ouvert uniquement en journée et qui ne peut laisser entrer l’après midi qu’une petite moitié des exilés présents à Calais, dans des conditions indignes (rien n’est prévu pour s’asseoir, se reposer un peu).
Les exilés présents à Norrent-Fontes ne sont pas là pour la douche hebdomadaire ou parce que Norrent-Fontes serait plus confortable que Calais !
Certain.e.s, notamment les femmes, sont là parce que Calais est plus dangereuse et violente pour elles. Tous et toutes sont d’abord là à cause de l’aire de services de l’autoroute qui est un des lieux de passage de la région, où il est possible de monter dans les camions qui vont en Grande Bretagne.

Des exilés de passage sont présents aux abords de cette aire de services depuis plus de 15 ans. Et ce, quelques soient les attitudes des autorités locales (trop souvent hostiles).
Il nous est insupportable de savoir que près de chez nous, des personnes survivent dans une précarité telle qu’elles sont obligées de se terrer dans de petites tentes pour s’abriter du vent et de la pluie, sans pouvoir se tenir debout. Nous n’avons pas les moyens de faire en sorte que ces personnes soient accompagnées comme elles devraient l’être, et ça n’est pas notre rôle. Mais en attendant que l’État prenne enfin ses responsabilités, nous faisons ce que nous pouvons pour améliorer la vie de ces gens.

C’est pourquoi, exilés, bénévoles d’associations, volontaires d’un jour, nous continuerons ensemble la construction du nouvel abri malgré les menaces du sous-préfet.

Vendredi 31 juillet l’association a reçu une lettre recommandée de la mairie de Norrent Fontes stipulant qu’un procès verbal à leur encontre avait été établi, et qu’un arrêté d’interruption de travaux « allait » être pris.
Les travaux sont donc pour l’instant stoppés.

Les « bénétants et milivoles » de Terre d’Errance qui se battent pour la solidarité et le respect des droits humains depuis 2009, à quelques kilomètres de Calais, loin des feux des médias, ont besoin de soutien.
Terre d’Errance: 06.95.28.29.43.
terrederrance@mon-asso.org

https://www.facebook.com/terrederrance