Étiquettes

, , , ,

Ce sont ses amis à Calais qui se sont inquiétés de ne plus avoir de nouvelles depuis le 22 juillet, et ont contacté son frère au Royaume-uni. Ils se sont adressés au Secours catholique, et ont été se renseigner à la police le 10 août. C’est ainsi qu’ils ont appris la mort de Hisham Hothman. Il est mort en essayant sur une des navettes ferroviaires qui passent le Tunnel sous Manche, et son corps a été retrouvé au Royaume-uni.

C’est sans doute le décès dont nous avions rendu compte le 24 juillet d’après un article du Guardian :

http://www.theguardian.com/world/2015/jul/23/teenagers-body-found-on-roof-of-eurotunnel-train

Il était de petite taille, et on avait tout d’abord cru à adolescent. Hisham avait 22 ans, il avait un baccalauréat en génie civil, avait quitté le Soudan en raison des troubles politiques pour rejoindre son frère au Royaume-uni. Il rêvait d’y continuer ses études.

Si le Royaume-uni ne pratiquait une approche si restrictive du regroupement familial des demandeurs d’asile et réfugiés, il aurait pu déposer une demande d’asile en France et passer la frontière légalement pour rejoindre son frère, et il serait vivant.

Il y a un an, dans la nuit du 23 au 24 juillet, Ahmed Osman meurt lui aussi. Il s’était glissé sous un bus, au-dessus de l’essieu. C’est arrivé en Angleterre, lorsqu’il a voulu quitter l’endroit où il s’était accroché. Le bus a fait alors une dernière manœuvre. Lui aussi allait rejoindre un frère arrivé avant lui. Il avait 17 ans.

http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/death-of-an-asylum-seeker-the-tragic-story-of-the-eritrean-teenager-killed-just-as-he-made-it-into-britain-9913284.html

Ainsi, en 2014, deux personnes sont mortes en Angleterre dans des circonstances analogues, en sortant de sous le véhicule où elles avaient passé la frontière cachées sur les essieux (voir ici et ).

Mais nous n’avons pas les moyens de tenir une veille des médias britanniques qui permettrait de suivre le nombre réel de décès de l’autre côté de la Manche. Pas plus que nous n’avons accès aux médias néerlandophones pour connaître la situation en Belgique et aux Pays-Bas.

Si les médias internationaux ont parlé de ces deux Syriens dont les corps ont été retrouvés sur la côte l’un des Pays-Bas, l’autre de Norvège, dans des combinaisons de plongée achetées à Calais, combien de corps non identifiés ou jamais retrouvés ? Combien d’exilé-e-s se sont inquiété pour un ou une camarade dont ils ou elles n’ont plus eu de nouvelles ?

Sait-on vraiment combien de morts à cette frontière ?

 

Pentax Digital Camera