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Les fils de fer barbelés peuvent évoquer la guerre, ces rouleaux piquants destinés à retarder l’approche de l’ennemi. Ou évoquer une vision plus champêtre, celle des clôtures entourant les parcs à vaches. Ça ne doit pas être bien méchant, personne ne voudrait faire du mal aux ruminants.

Pour les humains, il y a les fils de fer à lame de rasoir. Ils ne portent pas de simples torsades de fil de fer piquant, mais des lames coupantes comme des lames de rasoir. Elles peuvent faire dans les chairs des entailles d’un demi centimètre ou plus, selon les modèles, sur une longueur de plusieurs centimètres. Ils sont faits pour mutiler.

Comme on peut le lire sur un site de vente :

« Epaisseur des lames : 0,5mm  (+/- 0,05mm) extremement fines donc très dangereuses »

Plus loin, cet avis en rouge et en gras, plein de sollicitude :

« Ne pas installer à la portée directe des enfants, et en général d’un public non averti ou encore en présence d’animaux. »

Ce sont ces barbelés qui coiffent les clôtures à Calais, autour du port, le long de l’autoroute, autour du périmètre du tunnel, autour des parkings sécurisés, là où passent les exilé-e-s, adultes et enfants, vers l’Angleterre.

Les fils de fer à lames de rasoir existent aussi autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du Maroc. En fait, ils sont mis et enlevés en fonction des alternances politiques, un gouvernement les enlève, un autre les remets. Ils font l’objet d’une forte mobilisation des associations de défense des droits de l’homme et des droits des personnes étrangères. Ce n’est pas le cas en France, où mutiler des personnes qui cherchent à franchir une frontière ne choque pas.

C’est entre autres de ces fils de fer à lames de rasoir que vont parler M. Cazeneuve et Mme May, ministres français et britannique de l’intérieur, aujourd’hui à Calais.

 

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